La finale de la Coupe de Belgique entre Anderlecht et La Gantoise devait être jouée pour l'honneur. Les Bruxellois étaient déjà qualifiés pour les préliminaires de la Ligue des Champions en ayant terminé deuxièmes du championnat, ce dont profitaient les Gantois, repris quoi qu'il arrive en Coupe de l'UEFA.
...

La finale de la Coupe de Belgique entre Anderlecht et La Gantoise devait être jouée pour l'honneur. Les Bruxellois étaient déjà qualifiés pour les préliminaires de la Ligue des Champions en ayant terminé deuxièmes du championnat, ce dont profitaient les Gantois, repris quoi qu'il arrive en Coupe de l'UEFA. Une bonne partie, une bonne ambiance mais un après match pourri à cause de bagarres urbaines violentes à Anderlecht et rebelote quelques jours plus tard. Arrestations par dizaines... Pour l'opinion publique, c'était clair : les clashes opposaient des hooligans d'Anderlecht à des jeunes d'origine maghrébine. Ce que les premiers confirment. La police, elle, a tendance à ne pas parler de hooliganisme pur et dur en la matière ; comme si elle n'évoque le phénomène que si deux groupes de hooligans rivaux en décousent. Mais les émeutes d'Anderlecht n'auraient peut-être pas eu lieu si les hooligans n'y avaient pas été partie prenante... Le grand public, de toute manière, n'a pas fait de rhétorique. Il a froidement constaté le retour du hooliganisme à un moment, ô paradoxe, où on retire tous les grillages autour de nos pelouses de D1. Quelques jours plus tard, lors du match décisif du tour final de D2 opposant l'Antwerp à Tubize, de grosses échauffourées ont éclaté. Des supporters se sont heurtés à la police, 13 arrestations administratives ont eu lieu et 7 policiers ont été blessés, dont un grièvement. Surréalisme à la belge : le chef de corps de la police d'Anvers a reconnu que son commandant sur place n'avait pas pris la bonne décision. Lorsque l'Antwerp s'est retrouvée menée, la police a craint une réaction violente des supporters fanatiques du Great Old et décidé de montrer sa présence, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du stade afin d'impressionner les supporters. Mais cette action a eu l'effet inverse ! On peut quand même se demander depuis quand un supporter pacifique à mille lieues d'être un hooligan frappe un policier parce que ce dernier fait trop sentir sa présence... Salomon Aktan, un licencié en sociologie et assistant social de formation, qui a beaucoup travaillé sur le problème au Standard a peut-être une réponse : " Je suis convaincu que chaque supporter peut devenir un hooligan en puissance. L'alcool joue un rôle important ainsi que le phénomène de masse et l'anonymat. Evidemment, vous retrouvez des personnes plus violentes de nature, extrêmes dans l'amour pour leur club, et dans les dérives. Mais il est impossible de décrire le hooligan type : en semaine, il est comme Monsieur Tout-le-Monde. Je les compare à des acteurs de théâtre pour qui la scène devient le stade. Beaucoup d'entre eux me parlent de drogue pour expliquer le phénomène. - Quand tu y touches, tu ne sais plus t'en passer. Je crois que le phénomène du hooliganisme est cyclique et qu'on ne l'éradiquera jamais. " Le week-end dernier, à Klagenfurt, l'Euro a débuté dans le hooliganisme aussi. Dans les heures qui ont précédé le choc de l'Euro Allemagne-Pologne, 140 personnes avaient déjà été arrêtées après des bagarres dans le centre historique suivies de manifestations racistes. La police confirmait que des hooligans répertoriés étaient du nombre. Là, contrairement aux regrets exprimés de la police anversoise, la présence policière était prévue comme devant être d'entrée très visible. Et c'est sans doute ça qui a évité davantage de débordements. Comme en Belgique, il faut espérer que ça en reste là. PAR JOHN BAETE