Michael Klukowski après Peter Odemwingie, en attendant Silvio Proto... Ce sera, selon toute vraisemblance, le tiercé chronologique des joueurs louviérois monnayés à un bon prix. Trois éléments dont les ventes rapporteront peut-être l'équivalent du budget annuel du club. Bel exploit de trésorerie !
...

Michael Klukowski après Peter Odemwingie, en attendant Silvio Proto... Ce sera, selon toute vraisemblance, le tiercé chronologique des joueurs louviérois monnayés à un bon prix. Trois éléments dont les ventes rapporteront peut-être l'équivalent du budget annuel du club. Bel exploit de trésorerie ! La situation de Klukowski (23 ans, fin de contrat en juin 2006) s'est emballée en début de semaine dernière, quand on a appris qu'il avait trouvé un accord avec Genk pour jouer dans le Limbourg dès le mois de janvier prochain. Un choix à première vue surprenant, car ce joueur à la double nationalité canadienne et polonaise est cité à Bruges depuis plusieurs mois. Michael Klukowski : Ah bon ? (Il rigole). C'est la première fois que j'entends ça. La Louvière ne m'a jamais mis sous pression. On ne me chasse pas. De mon côté, je dois être attentif et analyser toutes les offres qui me parviennent. Je pensais partir l'été dernier, je suis finalement resté : un footballeur n'est pas seul à décider de son destin. J'avais reçu des offres de France, mais rien de terrible. Guingamp me voulait mais je me voyais mal partir en D2. Je m'étais mis en tête de ne quitter La Louvière que pour un club de meilleur niveau. C'est normal de viser un nouveau palier après avoir passé deux ans et demi ici. Je n'ai jamais eu l'intention de faire toute ma carrière à La Louvière. Je sais aussi que je ne ferai pas tout mon parcours en Belgique. Certainement pas. Le foot de ce pays n'a plus voulu de moi quand j'étais à Lille, alors il ne me fait plus rêver. C'est l'Angleterre qui me fait flipper. Au Canada, ce championnat est considéré comme le meilleur du monde. Plus haut que maintenant, probablement. Je n'ai pas fait une formation complète en France et cela me handicape. A 17 ans, il n'était pas trop tard pour traverser l'Atlantique, mais il était grand temps. La présence d'Ariel Jacobs là-bas a fait la différence. Il m'a clairement expliqué qu'il comptait sur moi. La grande différence, c'est que je n'ai eu aucun contact direct avec Bruges alors qu'on m'a appelé de Genk. Des rumeurs. Rien de plus. Si je devais croire tous les potins que j'ai lus dans les journaux depuis que je suis en Belgique, j'aurais déjà fait le tour de l'Europe. Je ne suis pas un défenseur capable de monter 30 ou 40 fois par match. Faire des appels et déborder continuellement, ce n'est pas pour moi. Je n'en sais rien. Je ne veux pas me comparer à lui. J'aimerais simplement copier deux de ses plus grandes qualités : son sérieux et sa régularité. Ce joueur n'est jamais hors forme. Tous les clubs traversent des passages à vide. La Louvière est une révélation du premier tour, mais qui peut dire que Genk ne va pas faire sensation après le mois de janvier ? Ça doit être fantastique de jouer dans ce club quand il gagne, avec ce stade magnifique et ces supporters fanatiques. Le back gauche. Ou alors, le milieu défensif. J'ai joué à quatre positions différentes depuis que je suis en Belgique : back, stoppeur, médian défensif et milieu gauche. J'ai eu le temps de me juger à chacun de ces postes, et aujourd'hui, ma préférence est claire. Et pourtant, je n'avais jamais joué comme back avant de venir en Belgique. En France, j'étais médian ou défenseur axial. C'est Ariel Jacobs qui a eu cette idée. J'ai énormément souffert au début, je souffrais le martyre chaque fois que je me retrouvais face à un milieu droit très rapide, je ne savais jamais comment me placer. Mais j'ai fini par apprivoiser ce rôle. Oui, avec deux buts... C'est révélateur du football que nous pratiquons avec Albert Cartier. Tout le monde est impliqué dans les actions offensives. Il donne des responsabilités et de la confiance à chaque joueur. Il y a l'entraîneur, mais aussi les joueurs. Désolé, mais pour pouvoir pratiquer le système Cartier, il faut des qualités. Nous en avons. Il est aussi indispensable de travailler en osmose. Ce groupe est vraiment soudé : c'est la première fois que je vois ça depuis que je suis à La Louvière. Depuis le début de cette saison, on n'a jamais eu l'impression qu'un joueur jouait pour lui. Aucune idée. Mais je ne suis pas sûr que tous les joueurs d'Anderlecht adhéreraient à son système, accepteraient de se sacrifier pour le collectif. Dès que deux ou trois gars de l'équipe ne respectent plus les consignes et n'en font plus qu'à leur tête, tout s'écroule. Ici, tout le monde écoute le coach et fait ce qu'on lui demande. Ce club n'avait pas seulement besoin de bons joueurs mais aussi de garçons réceptifs. Il est meilleur que celui de la saison dernière, c'est clair. Techniquement, c'est très relevé. Tous nos joueurs sont capables de marquer et ça se reflète d'ailleurs au classement des buteurs. Quand les attaquants ne sont pas dans le match, des médians ou des défenseurs font la différence. Albert Cartier tape sans arrêt sur le même clou, il nous dit : -Ce n'est pas parce que vous n'êtes pas attaquant que vous êtes incapable de marquer un goal. Chaque joueur a fini par s'en convaincre. Ce noyau est aussi capable de travailler durant une semaine complète à un rythme de match. Avec Albert Cartier, tout va toujours très vite aux entraînements. Il veut nous faire bosser à la même vitesse qu'en match. Nous n'avons pas le temps de réfléchir, il faut agir. C'est la bonne méthode car nous ne sommes plus jamais surpris, le week-end. Cartier parle de l'adversaire, mais c'est pour ainsi dire anecdotique. L'important, c'est notre équipe. Il nous demande de jouer de la même façon contre n'importe quel adversaire : en 4-4-2, point à la ligne. La seule petite différence d'un match à l'autre, c'est la hauteur de notre bloc. Selon les qualités de l'équipe d'en face, nous jouons un peu plus haut ou un peu plus bas. C'est vrai que Jacobs s'adaptait, mais j'en ai personnellement tiré profit. J'ai fait de gros progrès tactiques grâce à lui, quand nous passions régulièrement d'un système à un autre. Ils le font passer d'une manière différente. Jacobs nous motivait en restant toujours très calme alors que Cartier met plus de pression. Il nous aborde comme s'il était encore lui-même joueur. La victoire en Coupe de Belgique, évidemment. Plus que la Coupe d'Europe ou le premier tour de cette saison. La Coupe, c'est une aventure de longue haleine que j'ai vécue du début jusqu'à la fin, avec des victoires héroïques contre Genk et le Standard, puis l'apothéose au stade Roi Baudouin. Nous avons été plusieurs fois dans les cordes mais nous avons toujours fini par nous relever. C'était aussi ma première année comme pro, et ma première saison en Belgique. Benfica m'a moins marqué, pour plusieurs raisons. D'abord parce que je n'ai pas joué tout le match aller, ensuite parce que l'élimination était au bout du chemin. Et notre classement actuel, il reste à confirmer. Il suffirait de deux défaites consécutives pour qu'on ne considère plus La Louvière comme une révélation. Le Canada a été éliminé au premier tour des qualifications pour la Coupe du Monde. Pour nous, ce Mondial est donc déjà de l'histoire ancienne. La Pologne m'avait invité à faire quelques entraînements avec les Espoirs, puis je n'ai plus eu de nouvelles. On ne m'a contacté que quand j'avais déjà joué avec le Canada. Subitement, on repensait à moi. Mais il était trop tard. Tant pis, je ne veux plus y penser. De toute façon, je ne suis pas sûr d'avoir fait le mauvais choix. Si je n'avais pas joué le Mondial des -20 et si je n'avais pas été international Espoir avec le Canada, je ne me serais peut-être jamais retrouvé en D1 belge. Ce Mondial -20 reste aussi un des meilleurs souvenirs de ma carrière : jouer contre Kaka et Adriano, ça ne s'oublie pas. Pierre Danvoye" La France NE ME FAIT PLUS RêVER "