Ces dernières semaines, c'est lui qui occupe l'actualité gantoise. Après avoir annoncé qu'il évoluerait les trois prochaines saisons du côté du Cercle Bruges, Tim Smolders est revenu sur les terrains au meilleur moment. Il aborde les play-offs avec fraîcheur, de retour de blessure, et compte bien quitter Gand, après trois ans et demi de bons et loyaux services, sur une bonne note. Et ce malgré, les propos amers de Michel Louwagie qui a mis son honneur et son professionnalisme en doute, en se demandant s'il allait jouer à 100 % les play-offs.
...

Ces dernières semaines, c'est lui qui occupe l'actualité gantoise. Après avoir annoncé qu'il évoluerait les trois prochaines saisons du côté du Cercle Bruges, Tim Smolders est revenu sur les terrains au meilleur moment. Il aborde les play-offs avec fraîcheur, de retour de blessure, et compte bien quitter Gand, après trois ans et demi de bons et loyaux services, sur une bonne note. Et ce malgré, les propos amers de Michel Louwagie qui a mis son honneur et son professionnalisme en doute, en se demandant s'il allait jouer à 100 % les play-offs. " Cela ne sert à rien d'organiser des entraînements à huis clos avant le match du Cercle ", a ironisé Louwagie. Propos qui n'ont servi personne, d'autant plus que finalement le Cercle ne fait pas partie de ces PO1. Tim Smolders : Ils ont montré le plus d'envie pour m'avoir. Le Cercle m'a traité avec respect. Oui, c'est cela. Seul Trond Sollied voulait vraiment que je reste. Je n'ai d'ailleurs jamais eu rien à dire sur lui : il m'a toujours soutenu. En début de saison, les dirigeants avaient déjà voulu me vendre à Mons. Là, j'ai senti qu'il n'y avait pas de réelle volonté de me conserver au-delà de mon contrat qui se terminait en juin. Par après, ils ont changé d'avis au fur et à mesure de la saison. Ils m'ont proposé une prolongation mais on n'est jamais parvenu à tomber d'accord sur une durée de deux ans. Pourquoi polémiquer encore ? Je crois que cela ne va pas nuire à mon image car dans cette émission, lorsqu'il a tenu ces propos, les journalistes présents autour de la table ont directement répondu en affirmant que je n'étais pas le type de joueur à donner des informations à un adversaire. De plus, Bob Peeters connaît assez bien Gand pour se passer de mes commentaires. Le système de Sollied est connu par tout le monde ! Moi, je suis adulte, j'ai du respect pour le groupe et le coach : je n'aurais jamais agi de la sorte ! Oui, je le sais mais je n'ai aucun regret. Le Cercle est un club ( Il s'arrête net). Euh, " club ", je ne peux pas dire ça. On reçoit 5 euros d'amende à chaque fois qu'on prononce ce mot. C'est donc une association sympathique avec des ambitions. Il y a beaucoup de Belges et toujours une bonne ambiance. C'est ce qui fait la force du Cercle. J'ai tout de suite eu un bon feeling avec les dirigeants. Ce sont des gens corrects, intelligents qui connaissent le foot. Ils savent placer le joueur dans de bonnes dispositions. Bref, tout ce qu'il faut pour bien jouer... Oui et cela me motive encore plus à réaliser de bons résultats en play-offs. Je me sens un peu coupable de partir même si je pense avoir réalisé un choix logique. Mais ce que je regrette le plus, c'est de ne plus pouvoir travailler avec Sollied la saison prochaine... Même si, avec Bob Peeters, j'hériterai d'un autre bon coach. Il me laisse jouer comme j'aime. J'ai besoin de cette liberté dans mon jeu. Il ne parle pas beaucoup avec moi mais je sais me responsabiliser. J'essaie de voir quelles sont les bonnes options pour l'équipe. Il donne beaucoup de confiance à ses joueurs. Et c'est très important car on sent qu'on fait partie du groupe et qu'on a un rôle important. Non, non. Chacun sait ce qu'il doit faire. Sollied tient des propos clairs. Aux entraînements, on travaille les automatismes et les points tactiques. Tous les joueurs connaissent les règles. Même l'adversaire les connaît mais il a toujours autant de mal à défendre face à nos principes. Sa philosophie fonctionne : elle a fait ses preuves dans le passé et encore aujourd'hui. Une des clés du système de Sollied repose donc sur la clarté. Chacun sait où un coéquipier se trouvera s'il fait telle ou telle passe. Et si tu n'es pas à ta position, tu es fautif et tu ne peux pas dire que tu ne le savais pas car tout cela a été travaillé suffisamment à l'entraînement. Justement parce que ses principes sont très simples. Il met l'accent sur les lignes de course, le positionnement devant le but, les automatismes avec les arrières latéraux, etc. Dans la plupart des cas, nos adversaires n'ont jamais trouvé de solutions. Si tu fais tout ce que le coach demande, ce système est très compliqué à contrer. Voilà une des raisons de notre manque de stabilité au deuxième tour. Quand tu changes chaque semaine de défense, ce n'est pas bon pour l'équipe. D'un autre côté, on sait que jouer chaque semaine avec la même équipe relève de la chance. Mais on a assez d'attaquants pour pallier cette inconstance. On ne peut pas reprocher à Brüls ou à El Ghanassy d'être irrégulier. Ils sont jeunes et frivoles. On le sait dès le départ. C'est le revers de la médaille : il faut conserver cette frivolité mais essayer d'obtenir un certain équilibre. Avec l'expérience, ils vont mieux doser leurs efforts et mieux sentir une rencontre. Par exemple, quand on est dans un jour sans, il faut apprendre à jouer simple et pas à tenter des dribbles qui ne passeront pas. Ils vont le comprendre au fur et à mesure des années. Au premier tour, Brüls a très bien joué. A un moment où toute l'équipe développait du beau jeu. C'est sans doute celui qui a le plus gros potentiel. Il sait tout faire. Mais comme il est introverti et qu'il ne parle pas beaucoup, il est, par exemple, difficile de comprendre pourquoi il a connu un passage à vide. J'ai l'impression qu'il réfléchit trop. Il pense beaucoup au football et parfois, je lui conseille de déconnecter un peu. Pour moi, le plus constant depuis le début de la saison, c'est César Arzo. Avec un jeu simple et efficace. Peut-être oui. Je pense cependant qu'on a assez de qualités pour pallier l'absence ou la méforme d'un joueur. On dit parfois la même chose en attaque mais si Brüls n'est pas là, il y a El Ghanassy, Soumahoro ou Conte qui savent aussi faire la différence. C'est surtout la mononucléose. Il y a plusieurs stades dans la maladie mais, la saison passée, on a vu que De Bruyne a disparu de la circulation pendant plusieurs mois. On espère tous qu'il sera présent lors des play-offs. Des buts. Je ne peux pas dire que Couli n'est pas un buteur puisqu'il a inscrit 15 buts la saison passée mais je constate que l'ensemble de l'équipe a besoin de beaucoup d'occasions pour marquer. Notre efficacité n'est pas encore au point. Ils ne manquent pas de qualités. Ils sont très sains. Van Der Bruggen ne va pas faire la différence en dribblant trois joueurs. Il ne rate presque jamais ses passes. Il garde toujours un niveau constant. Raman est plus jeune et sa vitesse constitue sa plus grande qualité. Il marque également facilement. Pour le moment, on le confine à un rôle de joker car il y a beaucoup de concurrence mais il fait souvent de bonnes entrées au jeu. L'expérience, c'est toujours un avantage. Je ne vois pas pourquoi cela serait négatif à une équipe. Quelles que soient les circonstances, tu sais comment les gérer. Bernd joue davantage en médian défensif. Moi, j'aime venir de la deuxième ligne. L'adversaire m'oublie souvent. Jorgensen a marqué également beaucoup de buts en venant de la deuxième ligne ou grâce à ses frappes de loin. Nous avons tous les deux le même style de jeu, les mêmes qualités même s'il est un peu plus rapide que moi. On doit donc trouver l'équilibre entre la défense et l'attaque. Si. Quand l'équipe ne tourne pas, cela ressort toujours mais quand on aligne les bonnes performances, on n'en parle jamais. Je suis le premier à reconnaître que je ne suis pas le plus rapide du monde mais j'ai d'autres qualités. Cela a fait beaucoup de bruit en Flandre car il est parti dans le club ennemi. Mais, on savait que derrière lui, il y avait trois gardiens capables de jouer en D1. Ils n'avaient pas l'expérience de Jorgacevic mais bien d'autres qualités. Non, car - je parle pour moi - je n'ai jamais douté des qualités des remplaçants. Et puis Gand a reçu un bon prix pour Jorgacevic. L'objectif premier est de décrocher un ticket européen. Et si c'est possible de terminer devant Bruges, tant mieux. Il y a de plus en plus de rivalité entre les deux clubs et c'est une bonne chose : cela signifie que Gand se rapproche de Bruges. On n'a pas la même histoire que le Club mais les dernières saisons, on est toujours là, aux premières places. Le nouveau stade peut donner un nouvel élan ! Le classement dit que non mais on va voir après les play-offs. Le Standard a réalisé une remontée exceptionnelle la saison passée et si on garde une forme satisfaisante pendant un mois et demi, on ne doit jurer de rien. Ce sera notre nouveau défi : savoir battre les grandes équipes. Dans les play-offs, on veut faire mieux que l'année passée. Mais ce ne sera pas difficile ( Il rit, Gand n'ayant pas gagné un match et n'ayant récolté que 4 points sur 30). Cependant, je ne crois pas qu'on va s'écrouler comme la saison dernière. Physiquement, il y avait beaucoup plus de fatigue car on avait disputé la Coupe d'Europe. On avait raté notre départ dans les play-offs et on avait dû supporter ce fardeau lors des matches suivants. Mentalement, le groupe n'était pas encore prêt à se donner à 200 %. Depuis, on a tous grandi, on n'a pas dû disputer de rencontres européennes, on a battu Genk, le Standard. On a éliminé Bruges en Coupe. On est donc capable de gagner des matches au sommet. Si Sollied perd, tout le monde dira qu'il n'est pas assez strict. Chacun possède son style. Dury a montré que le sien pouvait fonctionner aussi. Jusqu'aux play-offs. Oui. Je serais content de conserver cette troisième place jusqu'à la fin des play-offs. Non. On ne doit avoir peur de personne si on arrive à développer notre football. L'expérience au plus haut niveau. Savoir gérer des rencontres européennes ou de play-offs. A Anderlecht et Bruges, l'entourage et l'histoire font la différence. Tu sens quand tu arrives là que tu es dans un grand club. Gand doit encore franchir ce pas. Je vois beaucoup de joueurs chez nous qui seraient capables de jouer à Anderlecht. Par contre, les Bruxellois ont un noyau plus large et plus complet. Au niveau du jeu non plus, on n'a pas à envier les leaders. Au premier tour, on a développé du très beau football. Sans doute le meilleur. Anderlecht. Tout est possible. La semaine passée, Bruges a une nouvelle fois gagné 1-0. Mais il y a cependant une évolution. Le jeu semble meilleur. Le Club reste sur un 27 sur 33 avec lui. Les chiffres parlent pour lui. Que de bonnes choses. Il y a eu la finale de la Coupe en 2010, les matches européens contre Lisbonne, les supporters qui m'ont toujours soutenu. Même après l'annonce de mon transfert au Cercle, ils m'ont applaudi. Ils respectent ma décision et je pense qu'ils auraient agi de la même façon que moi. J'ai toujours aimé jouer ici et je compte bien me donner à 100 % pour ce club durant les play-offs. En plus, il ne me manque plus qu'un match pour atteindre la barre des 100 rencontres de D1 pour Gand. De quoi me rendre fier ! Sollied reste quelqu'un de spécial. Je l'avais déjà côtoyé à Bruges. J'aime son caractère. Il prend la vie à la légère. Il sait qu'il y a des choses plus importantes que le foot. C'est vraiment agréable de travailler dans cette atmosphère. J'espère un jour encore travailler avec lui. Comme adjoint, pourquoi pas ? Je veux tout connaître de son système et de sa philosophie pour pouvoir l'appliquer un jour, si je deviens entraîneur. Il me reste deux mois pour tout consigner dans un petit carnet ( Il rit). Qu'attend un joueur d'un entraîneur ? Des propos clairs, simples et positifs. Oui, je ne devrai pas m'adapter. Ce sera toujours le Club Bruges. PAR STÉPHANE VANDE VELDE" Vis-à-vis de Sollied, je me sens un peu coupable de partir au Cercle. "" Encore un match et j'aurai atteint les 100 matches avec Gand. De quoi me rendre fier !"