Un Charleroi qui combine bien, joue vite et assure le spectacle pendant une partie de match : on connaît la chanson. C'est le fameux football à l'espagnole ( copyrightAbbas Bayat) et on en a eu de nouvelles illustrations samedi soir à Westerlo. Des Zèbres qui arrêtent de bien jouer dès qu'ils arrivent à l'entrée du rectangle, c'est connu aussi et cela s'est encore vu en Campine. Un Sporting qui encaisse un but sur la première vraie occasion adverse : rien de nouveau. Un président qui quitte furieusement son siège pour aller enguirlander son coach dans les dernières minutes, là encore, c'est la routine. Tommy Craig vient de passer à cette pénible moulinette-là après Jacky Mathijssen et Thierry Siquet.
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Un Charleroi qui combine bien, joue vite et assure le spectacle pendant une partie de match : on connaît la chanson. C'est le fameux football à l'espagnole ( copyrightAbbas Bayat) et on en a eu de nouvelles illustrations samedi soir à Westerlo. Des Zèbres qui arrêtent de bien jouer dès qu'ils arrivent à l'entrée du rectangle, c'est connu aussi et cela s'est encore vu en Campine. Un Sporting qui encaisse un but sur la première vraie occasion adverse : rien de nouveau. Un président qui quitte furieusement son siège pour aller enguirlander son coach dans les dernières minutes, là encore, c'est la routine. Tommy Craig vient de passer à cette pénible moulinette-là après Jacky Mathijssen et Thierry Siquet. En attendant, Charleroi est plus en crise que jamais après la gifle du week-end (4-0). Roulers chatouille à trois points, Lokeren à quatre. Il reste cinq matches aux Carolos pour éviter des barrages dont ils ne seraient pas sûrs du tout de sortir vainqueurs, vu leur état moral actuel et la courbe en chute libre de leurs résultats. Et leur fin de calendrier n'a rien de simple : Cercle, Zulte Waregem, Anderlecht, Lokeren, La Gantoise. Mais notre Coué en kilt ne s'inquiète pas. Normal : c'est l'homme qui voit souvent des parties de matches extraordinaires que personne d'autre dans le stade n'a remarquées. " Evidemment que je crois toujours que ça va bien se terminer ", lâche Craig. " Oh yeah ! J'ai toujours été un optimiste. Il nous reste quelques matches pour faire la différence et sauver la saison. Pas de panique. " Qu'il le veuille ou non, l'Ecossais sort fragilisé de cette nouvelle débâcle. Terminera-t-il au moins le championnat ? Son bilan mathématique est catastrophique : cinq points en neuf matches et rien que des défaites lors des cinq derniers rendez-vous. Sa part de responsabilité ? " Ce n'est pas lui qui est sur le terrain ", dit le capitaine Maxime Brillault. " La solution est dans nos pieds. Et peut-être surtout dans nos têtes. Franchement, je n'ai pas l'impression que nos mauvais résultats s'expliquent en premier lieu par l'entraîneur. Je pense que tout le noyau reste derrière lui et je suis convaincu aussi qu'il a toujours le soutien du staff technique. " Les Bayat ont démonté leur kicker ! Ce qui frappe quand on observe l'équipe de samedi, c'est la petite taille moyenne du secteur entrejeu/attaque. Cyril Théréau (1m89) et Ederson (1m86) en imposent mais - en ce moment - uniquement par leur taille. Le Français est en pleine crise de confiance, il n'arrive plus à mettre un ballon au fond et fait des n£uds dans ses jambes dès qu'il approche du but. On n'a même pas été surpris qu'il rate deux très belles occasions à Westerlo. Et le Brésilien vient à peine de débarquer et doit encore trouver ses marques. Les quatre autres joueurs de cette zone de terrain mesurent entre 1m70 et 1m74 (de 65 à 70 kg) : Alessandro Cordaro, Grégory Christ, Majid Oulmers et Paul Taylor. Des techniciens de haut vol qui permettent à Charleroi d'avoir parfois ce visage très séduisant. Toujours ce jeu à l'espagnole et le souvenir que la Roja est devenue championne d'Europe en 2008 avec une ligne médiane de nains. Mais ce n'est pas parce que c'est beau que c'est nécessairement utile. Brillault confirme : " Je préférerais que l'équipe soit moins bonne, moins belle à voir, mais qu'elle termine de temps en temps ses matches avec trois points. Il n'y a plus de temps à perdre, notre maintien passera par des trucs moins beaux à voir. Nous devrons peut-être moins nous exposer et choisir de jouer en contre-attaque. Il faut grandir d'urgence et pouvoir garder parfois un point en essayant de pousser pour gagner quand les occasions se présenteront. "Le Français voit que le nouveau coach a imprimé sa griffe : " Il nous a appris à mieux nous comporter sur le terrain. Nous arrivons à appliquer par moments les grands points de sa philosophie : un jeu de passes rapide, un gros pressing, un foot offensif. Il nous a aussi rendu un état d'esprit que nous avions perdu. " Un bon état d'esprit samedi dernier ? Euh... " Le bateau a simplement coulé en deuxième mi-temps. C'est incompréhensible après avoir aussi bien joué en première. Moi, après un match pareil, j'ai honte. Je vais me regarder dans le miroir : j'espère que tous les joueurs feront la même chose. "Le week-end dernier, Lokeren a été à deux doigts de gagner sur le terrain de Genk. Dans cette équipe, on a directement senti un vrai effet Emilio Ferrera. A Charleroi, on attend toujours l'effet Craig. Dans ce même match à Genk, un des buts de la bande à Frankie Vercauteren (il a aussi provoqué un fameux effet au Racing !) a été marqué par Orlando, le Brésilien qui n'en touchait plus une avec Charleroi depuis des mois mais retrouve le chemin du but dès ses premières minutes de jeu avec sa nouvelle équipe... Roulers profite aussi des bienfaits de ses transferts de janvier. Bref, tout le monde s'est renforcé dans le bas du classement. Sauf Charleroi, qui s'est carrément déforcé en larguant Adlène Guédioura et Geoffrey Mujangi-Bia. Pour quelques pépites de plus, mais les conséquences en fin de championnat pourraient être dramatiques. Le plus étrange est que le club a recruté presque exclusivement des joueurs sans expérience de la D1 - en plus d'un Craig qui est T1 pour la toute première fois en 25 années de coaching. Massimo Moia est revenu de Saint-Trond où il était la septième roue de la charrette. Cédric Ciza n'avait jamais goûté à la première division avec Anderlecht. Rahim Abdul Sebah débarque du Togo. Moussa Koïta et Ederson n'étaient pas du tout utiles à Genk. Et Paul Taylor a beau être considéré comme un nouveau Milan Jovanovic, il arrive quand même de 1re Provinciale. Certes, il a été intenable pendant la première mi-temps à Westerlo. C'est un emmerdeur qui ne lâche rien, protège superbement son ballon, revient tacler dans son camp, ose des astuces techniques et sprinte comme un grand. Mais on a vite compris qu'il ne tiendrait jamais une heure à ce rythme-là. Le mercato vu par le capitaine Brillault : " Le club a misé sur du jeune talent. Les joueurs qui sont arrivés sont bons. Je n'ai pas d'autre commentaire à faire. Il faut faire confiance à la direction et au staff, j'espère qu'ils ont fait les bons choix. "Trois fois depuis l'arrivée des Bayat, Charleroi a fait ces bons choix durant l'hiver. En 2002-2003, l'équipe est dernière à la trêve. Elle est sauvée au deuxième tour par Jean-Paul Boeka-Lisasi (six buts), Bertrand Laquait, Laurent Macquet et Mustapha Sama. La saison suivante, le Sporting est de nouveau dernier à la fin décembre. Il doit en partie son salut au deuxième tour à Victor Ikpeba (cinq buts). Et durant la saison 2005-2006, c'est à nouveau chaud au moment des fêtes. L'équipe est 14e, Joseph Akpala, Dante Bonfim et Sergiy Serebrennikov vont la sauver. Dans les joueurs arrivés en janvier dernier, on n'a toujours pas repéré le nouveau Dante, le nouveau Macquet ou le nouvel Ikpeba. " Les transferts de janvier ont besoin d'un temps d'adaptation ", signale Brillault. Mais du temps, il n'y en a plus pour cette équipe. " C'est juste... Mais il faut avancer. Ne pas baisser la tête. Se servir de coups comme ceux pris à Westerlo pour se redresser. Il n'y a pas encore le feu au lac mais nous sommes dos au mur. Cette équipe a du talent et montre du foot par moments : ça doit nous rassurer. Il reste à fermer derrière et à concrétiser devant. "par pierre danvoye- photos: belga