Après trois journées de championnat, Anderlecht occupe seul la tête du classement avec neuf points sur neuf. Les points sont là, la manière aussi par moments. " Ce Sporting-ci ressemble beaucoup à celui qui avait été champion en 2007 ", constate LucasBiglia, lui-même métamorphosé par rapport à la saison dernière. " Tout le monde a faim, l'envie de bien faire est présente et cela se ressent sur le style de jeu... " Est-on aussi entrain de retrouver le Biglia de cette saison 2006-2007, celui dont les prestations lui avaient valu le trophée de Jeune Pro de l'Année ? " Je travaille pour progresser. Mes objectifs sont aussi ceux du club : je rêve de regoûter aux poules de la Ligue des Champions. "
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Après trois journées de championnat, Anderlecht occupe seul la tête du classement avec neuf points sur neuf. Les points sont là, la manière aussi par moments. " Ce Sporting-ci ressemble beaucoup à celui qui avait été champion en 2007 ", constate LucasBiglia, lui-même métamorphosé par rapport à la saison dernière. " Tout le monde a faim, l'envie de bien faire est présente et cela se ressent sur le style de jeu... " Est-on aussi entrain de retrouver le Biglia de cette saison 2006-2007, celui dont les prestations lui avaient valu le trophée de Jeune Pro de l'Année ? " Je travaille pour progresser. Mes objectifs sont aussi ceux du club : je rêve de regoûter aux poules de la Ligue des Champions. " Lyon, un rival à la portée des Anderlechtois ? " Théoriquement, non ", admet Lucas. " Il faut être réaliste. C'est un très grand club, qui a été champion de France sept années d'affilée. Il n'y a que l'an passé que l'OL a loupé le titre et cette 3e place en Ligue 1 oblige l'équipe à passer par le tour préliminaire. Sinon, elle était toujours dans les poules. Il faudra forcément sortir le grand jeu pour Lyon, mais sait-on jamais ?"Si les Gones ont perdu Juninho et KarimBenzema, ils ont notamment accueilli LisandroLopez, un compatriote de Biglia. " Je l'ai déjà affronté à plusieurs reprises dans le championnat d'Argentine. Un très bon joueur, mais il n'est pas le seul dont il faudra se méfier dans les rangs français. Cette équipe a beaucoup investi dans les transferts. " La métamorphose de Biglia est souvent attribuée au nouveau système de jeu, qui permet davantage à l'Argentin de se mettre en évidence. La saison dernière, il évoluait le plus souvent comme pointe inférieure d'un triangle d'entrejeu également composé de GuillaumeGillet et de JanPolak. Cette année, il n'y a plus que deux médians axiaux : Biglia, et soit le Liégeois comme samedi contre Westerlo, soit le Tchèque comme le week-end précédent contre le Cercle Bruges. Cela permet à l'Argentin d'être plus présent à la création. Il recherche aussi davantage la profondeur. Son premier assist, en direction de JelleVanDamme samedi passé, en atteste. Le deuxième assist, c'était lui aussi. Là, son mérite a surtout consisté à récupérer le ballon dans les pieds d'un joueur de Westerlo. Sa petite passe en direction de MatíasSuarez n'était pas la plus difficile, mais il a su isoler l'homme chaud en bonne position. Toujours est-il que voilà Biglia déjà crédité de quatre assists. Le Petit Prince, comme on le surnommait à ses débuts, a dû ressentir une énorme frustration en devant officier comme demi défensif pendant trois ans alors qu'il se proclame meneur de jeu ? " De la frustration, non. Je suis au service de l'équipe et je joue où l'entraîneur me demande de jouer. Apparemment, c'est surtout en position de demi défensif qu'il avait besoin d'un relanceur. Je me suis donc exécuté. Je sais que l'on m'a souvent reproché d'adresser trop de passes latérales et de ne pas être assez concret, que ce soit en termes d'assists ou de finition, mais on me demandait de jouer de cette manière. Ce n'est pas moi qui ai insisté pour obtenir un nouveau rôle. C'est l'entraîneur qui a changé de système de jeu, et j'admets que mon rôle actuel me convient très bien. Même si, je le concède également, il y a encore du pain sur la planche en ce qui concerne la finition. Pour bien faire, je devrais pouvoir inscrire au minimum cinq ou six buts par saison, mais j'en suis loin. "L'éclosion de Suarez, devant lui, lui facilite aussi la tâche. " Avoir un joueur de qualité devant soi est toujours un avantage. En plus, il est argentin également. J'ai un relais devant moi, un joueur avec lequel je m'entends bien puisqu'on parle la même langue et qu'on a été éduqué à la même école argentine. "Biglia réfute l'accusation selon laquelle il aurait eu du mal à s'habituer au football européen, très différent du football argentin où la construction est lente mais très technique. " Je savais en venant en Belgique que j'allais évoluer dans un football différent. Cela ne m'a pas perturbé. Si j'étais parti en Angleterre et en Espagne, j'aurais aussi dû m'habituer à d'autres données. Aujourd'hui, cette période d'adaptation est derrière moi. Au point que, si je devais retourner en Argentine, je ne sais pas si je pourrais me réadapter au style de jeu de mon pays. "Les critiques n'ont pas épargné Biglia. Surtout la saison dernière. " Cela fait partie de la vie d'un footballeur. Il faut l'accepter. J'ai entendu les critiques, mais je n'y ai jamais prêté trop attention. J'avais d'autres soucis que de lire la presse. "Il veut parler du décès de son père, alors qu'il venait à peine de revenir en Belgique pour reprendre les entraînements avec Anderlecht, en juin 2006. " Son décès m'a beaucoup affecté ", reconnaît-il. " J'ai quasiment mis sept ou huit mois à m'en remettre. J'avais du mal à me concentrer sur le jeu, plus rien ne m'intéressait. Je pratique le plus beau métier du monde, j'aurais dû être heureux de gagner ma vie en tâtant du ballon, mais je ne ressentais plus aucun plaisir en montant sur le terrain. En perdant mon père, j'avais l'impression d'avoir tout perdu. Il s'est sacrifié pour que je puisse devenir un joueur professionnel, et au moment où il aurait pu se rendre compte que ses sacrifices n'avaient pas été vains, il m'a quitté. C'est un autre événement familial qui m'a redonné goût au football : la naissance de ma fille Allegra, en juin. Grâce à elle, je parviens à me libérer sur le terrain. Rien qu'en sachant qu'elle est dans la tribune, qu'elle me suit du regard et que je pourrai l'embrasser après le match, je me sens revivre. " Lucas a accueilli un autre membre de sa famille en Belgique : son frère Christian, âgé de 25 ans. " Il cherche un club ", révèle Biglia (NDLR : Il a récemment passé un test à l'Antwerp). " Pourquoi en Belgique ? Parce que j'y suis, évidemment. Je lui ai vanté les attraits de ce pays et il a eu envie d'y tenter sa chance également. C'est agréable d'avoir un frère à ses côtés. Les deux autres ne peuvent pas encore me rejoindre en Belgique, car ils sont toujours aux études. J'espère que Christian pourra rester le plus de temps possible, et pourquoi pas, pour la saison. Il a d'autres caractéristiques que les miennes. Il évolue à une autre place, aussi. Comme défenseur central. " La grande ambition de Biglia est de disputer la Coupe du Monde. " Comme tout footballeur. Actuellement, ce n'est encore qu'un rêve. J'espère pouvoir en faire un objectif. Pour cela, je dois travailler, livrer de bonnes prestations. Intégrer l'équipe nationale argentine est très difficile. La concurrence y est particulièrement rude. A mon poste, il y a notamment JavierMascherano, que j'ai côtoyé dans les sélections nationales de jeunes, mais aussi FernandoGago. " Intégrer la sélection semble encore plus difficile lorsqu'on joue en Belgique. Voir DiegoMaradona débarquer à Bruxelles relève presque de l'utopie. D'où les velléités de départ de Lucas. " L'ambition de rejoindre un grand championnat est toujours présente ", admet-il. " Rien n'a changé à ce sujet. C'est mon rêve depuis que je suis tout petit. Mais c'est compliqué de partir en Angleterre ou en Espagne si, déjà en Belgique, je ne parviens pas à me hisser au-dessus du lot. Je dois donc encore progresser. Je sais que, pour l'Afrique du Sud en 2010, le temps presse. Il ne reste plus que neuf mois et la sélection est déjà quasiment arrêtée. Ma seule chance, pour infléchir la tendance, est de jouer dans un championnat plus huppé. " Biglia a-t-il demandé à ses agents de rester attentif à toute possibilité de transfert ? " Non, je leur ai surtout demandé de me laisser me concentrer sur mes objectifs avec Anderlecht : la Ligue des Champions, dans un premier temps. "Lucas tient à préciser que BarryMcIntosh, qui ambitionnait de le placer en Angleterre, n'est pas son agent. " Il a simplement servi d'intermédiaire et a été en contact avec mes représentants. Beaucoup de bruits ont circulé, mais de là à ce qu'ils deviennent réalité, il y a encore de la marge. " Car les offres, apparemment, n'affluent pas. Lucas ne s'en étonne pas. " C'est le contraire qui eut été étonnant. Je sais que je reste sur une saison en demi-teinte, pour ne pas dire plus, alors je ne devais pas m'attendre à crouler sous les propositions les plus excitantes les unes que les autres. "Mais le destin de NicolasPareja le fait réfléchir. Le défenseur central, que l'on considérait à son arrivée en Belgique comme le moins doué des Argentins, a déjà participé aux JO et a été sélectionné pour la première fois en équipe nationale mercredi passé en Russie. Le fait qu'il joue à l'Espanyol n'y est pas étranger. " C'est sûr qu'il y a peut-être un problème de reconnaissance du championnat de Belgique ", admet Biglia. " Lorsqu'il jouait à Anderlecht, Nico était déjà le même joueur et pourtant, on ne parlait pas de lui en termes particulièrement élogieux. Depuis qu'il joue en Espagne, on s'est subitement rendu compte que c'était un joueur de grande valeur. Je lui ai téléphoné la semaine dernière, pour le féliciter de cette première sélection. Il n'a pas joué à Moscou, mais faire partie du groupe est déjà un premier pas très important. En fait, je crois que Maradona l'a ménagé parce que, mentalement, il n'était pas dans les meilleures dispositions. Il a très durement encaissé le choc constitué par le décès de DaniJarque, le capitaine de l'Espanyol dont il était très proche. Il formait l'axe central de la défense avec lui. " par daniel devos - photos: reporters/ gouverneurVoir Diego Maradona débarquer à Bruxelles relève presque de l'utopie. J'ai encore du pain sur la planche en ce qui concerne la finition.