Après six années passées en Belgique, au cours desquelles il a défendu tour à tour les couleurs d'Anderlecht (1997-99), de Gand (1999-00) et du Standard (2000-2003), Ole-Martin Aarst (29 ans) a remis le cap sur la Norvège l'été dernier. Et plus précisément sur Tromsö, la ville du grand Nord dont il est originaire et où il avait effectué toute sa carrière avant de rallier le RSCA..
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Après six années passées en Belgique, au cours desquelles il a défendu tour à tour les couleurs d'Anderlecht (1997-99), de Gand (1999-00) et du Standard (2000-2003), Ole-Martin Aarst (29 ans) a remis le cap sur la Norvège l'été dernier. Et plus précisément sur Tromsö, la ville du grand Nord dont il est originaire et où il avait effectué toute sa carrière avant de rallier le RSCA.. " J'avais une première fois envisagé un retour avant mon passage chez les Buffalos ", dit-il. " A l'époque, un cancer avait été diagnostiqué chez ma mère et j'estimais que ma place était auprès d'elle et non à Bruxelles. En raison de la présence de mon père et de ma s£ur à ses côtés, ainsi que de sa petite-fille, âgée de deux ans à ce moment, elle ne manquait évidemment pas d'affection. C'est la raison pour laquelle elle m'encouragea à poursuivre mes activités de footballeur en Belgique, consciente qu'un très vieux rêve d'enfance, à savoir une existence de footballeur pro, y était bel et bien devenu réalité pour moi. A force de persuasion, je m'étais finalement rangé à son point de vue. Avec le recul, je constate que je n'ai jamais été plus performant qu'en cette fameuse campagne 1999-2000, au terme de laquelle je fus sacré meilleur buteur du championnat avec 30 goals, conjointement avec Toni Brogno. Sans doute le système prôné par le coach, Trond Sollied, me convenait à merveille et était susceptible d'expliquer cette très belle productivité. Mais je pense aussi, et surtout, que tous ces goals constituaient, pour moi, autant de manières de soutenir ma mère, dans le combat qu'elle menait, et de remercier la direction du club également, le président Ivan De Witte en tête, qui m'avait autorisé à intervalles très réguliers, à me rendre au pays afin de la saluer. Ma mère a, hélas, perdu sa lutte contre la maladie à la fin du siècle et, depuis lors, la vie n'est malheureusement jamais redevenue totalement comme avant. Mon père, qui avait été jadis victime d'un accident vasculaire cérébral, souffrit tant et plus de ses conséquences, au point de devoir se déplacer dans une chaise électrique aujourd'hui. Au cours de mes premiers mois au Standard, j'avais d'ailleurs fait aménager pour lui un appartement spécialement conçu pour les personnes handicapées. Au départ, je n'avais pas trop de soucis à me faire, dans la mesure où ma s£ur veillait sur lui. Mais de ce côté-là aussi, la situation s'est quelque peu dégradée au fil du temps. Située au-delà du cercle polaire, la ville de Tromsö est très particulière, comme vous pouvez vous en apercevoir vous-même. Ici, du 21 novembre au 21 janvier, le soleil n'apparaît tout bonnement pas dans le ciel. Tout au plus les habitants y ont-ils trois petites heures de clarté entre dix et 13 heures. Pour le reste, c'est le noir absolu. En été, c'est exactement l'inverse : durant deux mois, du 21 juin au 21 août, on a droit au fameux soleil de minuit, synonyme pour beaucoup d'insomnie. Ces conditions extrêmes ne sont pas sans engendrer de sérieux problèmes, qui vont de l'alcoolisme à la dépendance de la drogue en passant, pour d'autres encore, par un état dépressif. Sans vouloir entrer dans le détail, car il en va du domaine privé, je dirai qu'autant mon père a besoin d'une assistance physique, autant ma s£ur requiert un soutien psychologique. En tant que frère mais aussi comme éducateur, puisque j'ai exercé ce travail avant d'opter pour une vie de joueur pro, j'estimais nécessaire de lui venir en aide. Et voilà pourquoi j'ai quitté le Standard un an avant l'échéance de mon bail ". On a affirmé que mon épouse ne se plaisait pas aux Pays-Bas, où nous habitions. Et c'est vrai qu'elle n'appréciait pas trop l'endroit. Mais ce seul petit détail ne justifiait évidemment pas un départ anticipé. Il aurait pu, bien sûr, se résoudre aisément par un changement de domicile. Non, la vérité, c'est que ma présence était requise auprès des miens. Et je sais franchement gré au club, à Luciano D'Onofrio et Michel Preud'homme en particulier, d'avoir permis une telle issue. C'est un geste que je n'oublierai jamais car je suis parfaitement conscient, compte tenu de la tournure des événements, que j'aurai été un lourd investissement pour les Rouches. Mon souci reste de pouvoir leur ristourner la pareille un jour. Et je m'y appliquerai, de quelque manière que ce soit. L'idéal, je ne le cache pas, serait que ma s£ur reparte enfin du bon pied. Si dieu le veut, et que l'avenir s'annonce sous les meilleurs auspices, je n'exclus nullement la possibilité de revenir à Sclessin. Si on y veut toujours de moi, du moins. Personnellement, en tout cas, je suis prêt à jouer pour rien là-bas. Oui, vous entendez bien : gratis. Car j'estime toujours avoir une dette envers ce club absolument fantastique. Même si j'ai disputé ma meilleure saison belge à Gand, je n'en considère pas moins le Standard comme ma référence au cours de ma demi-douzaine d'années en Belgique. Il ne se passe d'ailleurs pas un jour sans que je consulte ses nouvelles sur les différents sites internet qui lui sont consacrés. Je suis d'ailleurs resté en contact étroit avec l'un des webmasters, Marc Koudijzer, et très régulièrement j'ai l'un ou l'autre joueur au téléphone. Je suis très heureux que le club tienne enfin le haut du pavé. Il est simplement dommage que je n'ai pas vécu cette situation au moment où j'en défendais les couleurs. Sans doute ses diverses composantes n'étaient-elles pas suffisamment mûres à ce moment-là. J'ai cru comprendre que par rapport à ce passé somme toute récent, le climat est beaucoup plus serein aujourd'hui. On ne déballe plus le linge sale sur la place publique comme il en allait trop souvent après une mauvaise passe. Ce coup-ci, le Standard a gardé son calme, même après avoir été battu à trois reprises d'affilée par Genk, le Cercle et La Louvière. C'est bien. Car on n'a rien à gagner en disant à qui veut l'entendre que certains croulent sous le poids du maillot ou des responsabilités et que d'autres traînent quelques kilos superflus. Cette fois, je n'ai plus rien lu ou entendu dans ce sens. J'y vois la preuve que les Rouches sont dans le bon. Et je leur souhaite bon vent " Rétrocédé à son club formateur durant l'été 2003, Ole-Martin Aarst avait repris le train en marche à ce moment, car Tromsö en était déjà à mi-parcours d'un championnat entamé le 11 avril face au Viking Stavanger. En position de descendants au terme du premier tour, les Rouge et Blanc assurèrent in extremis leur maintien, à la faveur de la dernière journée, le 1er novembre, grâce à un succès (0-1) obtenu lors des arrêts de jeu à Rosenborg. Et ce, sans le concours de notre homme dont l'absence fit couler pas mal d'encre et de salive. " Le hasard a voulu que ma copine, Elin, entre en clinique la veille de cette rencontre décisive pour mettre au monde notre deuxième enfant ", raconte Ole-Martin Aarst. " Le premier accouchement, en 2001, avait été très difficile et ce n'est qu'au bout de longues heures de travail que la petite Mina est née. Dans ces circonstances, on comprendra que je tenais à tout prix à me trouver aux côtés d'Elin pour ce deuxième heureux événement. En principe, Nura aurait dû naître en cours de soirée. Mais elle aussi se fit attendre. Au lieu de rejoindre mes partenaires dans leur lieu de retraite, il fut dès lors convenu que je prenne le premier avion à destination de Trondheim, le jour du match. Il décollait à 8 h 30 et aurait dû me permettre d'être sur place deux heures avant le début de la partie. Le hic, c'est que la naissance ne s'était toujours pas déroulée à ce moment-là. Du coup, il était hors de question que je m'envole. Mes coéquipiers ainsi que la plupart des responsables du club s'accommodèrent de cette décision. Elle ne porta d'ailleurs nullement à conséquence, puisque l'équipe s'imposa de justesse via un but du défenseur Arne-Vidar Moen. De mon côté aussi, tout se passa de la meilleure manière qui soit puisque ma fille vint au monde à 11 heures du matin. Tout eût été parfait si, à la télévision, les deux présentateurs de la version norvégienne de Match 1 n'en avaient pas fait tout un plat. Mini Jakobsen, ex-footballeur du Lierse reconverti journaliste, prit fait et cause pour moi. En revanche, son alter ego, Ivar Hoffs, ancien joueur lui aussi, parla de véritable scandale. Il était outré que j'abandonne le jour J un club qui avait quand même consenti pas mal d'efforts pour me récupérer. Le même commentateur était d'avis aussi que mon attitude n'était pas chic du tout non plus vis-à-vis de mes équipiers. Car en cas de relégation, tout le monde allait soi-disant trinquer. C'est vrai que le moment n'était probablement pas idéal. Mais qu'y pouvais-je si ma deuxième petite fille s'annonçait justement ce jour-là ? Le football représente peut-être beaucoup dans ma vie. Mais il passera toujours après ma famille, qui est tout pour moi. Je crois l'avoir démontré en optant de reprendre le chemin de mon pays cette année. Tant pis si certains n'épousent pas le même avis. Une chose est sûre : le club et moi-même n'avons jamais obtenu autant de publicité qu'après ce fait divers. Du côté du Women's Lib, le mouvement de libération de la femme, je passais du jour au lendemain pour le modèle à suivre. C'est fou ce que cette petite histoire a suscité comme émotions. A présent, heureusement, elle appartient au passé. Je ne suis pas fâché que tout se soit terminé en un happy end. Auquel cas on en parlerait toujours aujourd'hui. Moi-même, j'ai toujours été confiant dans une bonne issue, même si la lutte aura été ardue jusqu'au bout. Maintenant, je suis en congé vu que le championnat ne recommence qu'en avril. On reprend déjà progressivement l'entraînement, d'ailleurs ". " Entre le moment où j'ai quitté la Norvège, en 1997, et celui où je suis revenu l'été passé, pas mal de choses ont bougé. Si Rosenborg a poursuivi sa mainmise, avec un treizième titre d'affilée, la compétitivité s'est accrue derrière lui. Elle ne se borne plus à Brann Bergen ou Lilleström mais concerne également des entités comme Bodö Glimt, le Viking Stavanger ou Stabaek, celle-là même que le RSCA a éprouvé toutes les peines du monde à écarter de sa route européenne la saison passée. Il est frappant de constater que tous les Belges qui ont tâté du football ici se sont plantés ces derniers mois. Karel Snoeckx n'a jamais fait illusion à Valerengen et Koen Schockaert a fait long feu lui aussi chez nous, à Tromsö. De fait, le seul qui ait tenu le haut du pavé, c'est Jimmy De Wulf, qui a laissé un bon souvenir ici. En ce qui me concerne, mes sentiments sont un peu mitigés. J'ai inscrit cinq buts en 13 matches, une moyenne relativement raisonnable, mais l'équité commande de dire que je suis passé l'une ou l'autre fois à côté de mon sujet. Je veux me rattraper la saison prochaine et je me fais fort d'y parvenir puisque, cette fois-ci, je n'aurai pas le désavantage de devoir entrer dans le vif du sujet à mi-championnat. Mon objectif est à la fois de faire nettement mieux avec Tromsö et, qui sait, de me rapprocher de l'équipe nationale. Tant que Nils Johan Semb y était aux commandes, je ne devais pas me nourrir d'illusions car je ne faisais pas figure de priorité pour lui, contrairement à John Carew, Ole-Gunnar Solskjaer, Steffen Iversen ou encore Tore-Andre Flo. Mais il n'est pas interdit du tout de penser que cette situation pourrait changer suite à la récente nomination à la tête de la sélection d' Aage Hareide, l'ex-homme fort de Rosenborg. Celui-ci s'était répandu en propos extrêmement flatteurs sur moi à l'occasion du match aller, à Tromsö, où j'avais contribué à la victoire (2-1) grâce à ma meilleure performance de la saison. Ce détail ne lui avait pas échappé et je sais qu'il m'a à la bonne depuis lors. Avec lui, qu'il fasse appel à moi ou non, j'ose espérer que le football norvégien s'engagera sur une nouvelle voie, plus attrayante : le jeu déployé durant les cinq années de mandat de son devancier était un véritable scandale. C'était la négation du football, tout simplement. Il est heureux, pour les amateurs de belles envolées, que l'Espagne nous ait donné une leçon lors des barrages qui ont opposé les deux équipes récemment en prévision de l'EURO 2004. En effet, avec cette manière-là, nous aurions été la honte de tous les amateurs de foot sur le Vieux Continent. Or, au nom de ce que des clubs comme Rosenborg ou Brann Bergen ont démontré, le football norvégien vaut nettement mieux que cela. Il me plairait de pouvoir le prouver à la faveur des quatre années de contrat qu'il me reste à accomplir à Tromsö. A moins que je revienne au Standard. Mais dans un sens comme dans l'autre, vous entendrez encore parler de moi, c'est sûr ". Bruno Govers" Je suis prêt à rejouer GRATIS AU STANDARD "