En janvier 2015, Cyle Larin (19 ans à l'époque), étudiant à l'Université du Connecticut, est premier choix de la draft en MLS. Son rêve devient réalité lorsqu'il signe un contrat professionnel avec Orlando City.

Il grandit à Brampton, une ville de 600.000 habitants au nord-ouest de Toronto. Sa mère est née à Montréal, son père est Jamaïcain. C'est ce dernier qui lui donne le goût du football, avant la séparation des parents. A l'âge de 6 ans, il débute au Brampton Youth Soccer Club. Pour son premier match, alors qu'il n'a même pas de chaussures à crampons, il inscrit trois buts.

En 2007, il se fait remarquer par la Sigma Academy de Mississauga, un centre de formation privé assez cher. Pour que son fils puisse y suivre une formation, Patricia contracte un emprunt. " Si tu écoutes bien les conseils des coaches, tu deviendras professionnel ", lui dit-elle alors.

Pendant que sa mère travaille, Cyle s'occupe de ses frères et soeurs. " Nous n'avions rien, nous venions de nulle part mais ma mère m'a fait comprendre qu'en travaillant dur, on pouvait y arriver ", racontera-t-il plus tard.

Testé au Club Bruges et à Genk

Il devient meilleur buteur de la St. Edmund Campion High School, avec laquelle il remporte trois titres de champion inter-scolaire. Avec la Sigma Academy, il voyage même en Europe, disputant notamment un match amical face à l'Ajax.

Cela lui ouvre les yeux, mais il opte tout de même pour l'Université du Connecticut, près de Boston, où il souhaite étudier le management d'entreprise tout en jouant au football avec les UConn Huskies. En 2013, il plante 14 buts et est été élu American Athletic Conference Rookie of the Year.

La deuxième année, il se blesse, mais Henk Mariman, alors responsable du centre de formation du Club Bruges, le repère lors d'un clinic et lui fait passer un test avec les Espoirs. Verdict : il n'est pas prêt. Pareil à Genk, où on le juge costaud (1m88 pour 90 kg) mais pas suffisamment complet sur le plan technique.

Mais aux États-Unis, on croit en lui, même s'il doit attendre le 6e match de la saison et une vague de blessés pour être titularisé en MLS. Il marque cependant d'emblée et pour la première fois, ses copains le voient danser.

Au cours de cette saison, il claque 16 autres buts, dont deux hat-tricks, pulvérisant ainsi le record détenu jusque-là par un rookie (11 buts pour Damani Ralph en 2003). Il faut dire qu'il peut compter sur les services d'un certain Kaká (33 ans), avec qui il s'entend à merveille et qui, pendant trois ans, va s'occuper de lui sur le terrain comme en dehors. Logiquement, le jeune Canadien boit les conseils du Ballon d'Or 2007.

A la poursuite de Drogba

Élu Rookie of the Year, Larin poursuit sur sa lancée en 2016 et marque 14 buts, tout en étant élu Meilleur U24 de MLS. Kaká lui prédit un grand avenir : " Il peut jouer dans un tout grand club européen. "

Le Géant Silencieux (c'est son surnom) ne cache pas que c'est son ambition. " Je veux devenir l'un des meilleurs joueurs du monde et jouer dans un grand club ", dit-il. De préférence à Chelsea, comme son idole Didier Drogba. Une légende qu'il a rencontrée lors d'un match de MLS et à qui les médias américains le comparent. Car en 2017, il continue de marquer : 17 buts en 24 matches.

Les choses manquent toutefois de très mal tourner en juin, lorsqu'il se retrouve en prison après une soirée bien arrosée. Il prend l'autoroute à contre-sens avec sa Cadillac blanche alors qu'il a un 1,8 pour mille d'alcool dans le sang. Mauvaise idée... Au final, le joueur doit présenter ses excuses pour ce dérapage.

Cet incident ne refroidit pourtant pas l'intérêt en Europe. Des clubs du calibre de Mönchengladbach, de l'Olympiacos, d'Ostende et de Genk sont sur lui. Dimitri de Condé va même le voir aux États-Unis mais la direction limbourgeoise estime que mettre 3 à 4 millions sur un joueur dont on n'est pas sûr qu'il va s'imposer en Europe, c'est trop cher.

De plus, Orlando ne veut le vendre qu'en hiver car, s'il le cède plus tôt, il doit rétrocéder une plus grande partie du prix de transfert à la MLS.

En janvier 2018, c'est finalement la rupture avec Orlando City. Le Canadien se rend en Turquie sans autorisation du club et passe la visite médicale à Besiktas qui, après avoir bataillé, l'achète pour 3 millions d'euros.

Échec en Turquie

Ses débuts sont intéressants, car il marque dès sa première entrée au jeu, signe un triplé contre Sivasspor et remet le couvert la saison suivante en Europa League face à B36 Tórshavn. Mais en Süper Lig, Senol Günes ne le titularise que 2 fois et il n'inscrit qu'un seul but. C'est trop peu pour un joueur qui gagne 1,6 million d'euros dans un club en proie à des problèmes financiers.

De plus, il n'est pas payé en temps et en heure et veut partir. Son agent, Nick Mavromaras, prend langue avec Zulte Waregem, où il a de bons contacts avec Eddy Cordier et Francky Dury. Celui-ci cherche un pivot capable de garder le ballon et propose à Larin de relancer sa carrière comme il l'avait fait avec celle de Théo Bongonda. Marché conclu.

Larin est finalement prêté pour un an à Zulte Waregem, qui lui verse 600.000 euros de salaire et possède une option d'achat fixée à 2,5 millions d'euros.

The Silent Giant

À la Sigma Academy, Cyle Larin était surnommé The Silent Giant. Il était à la fois le joueur le plus grand et le plus calme de son équipe. " Même quand il rouspète sur l'arbitre, il chuchote ", disait son entraîneur. Selon sa mère, aussi calme que lui, il n'était bruyant que lorsqu'il avait faim.

Aujourd'hui encore, Larin est réservé. Il n'aime pas parler de lui, et surtout pas aux journalistes. Parce que, dit-il, sa mère lui a toujours dit qu'il fallait rester modeste et faire parler ses pieds. Avec ses copains, il se montre plus ouvert, voire blagueur. Il parle aussi plus fort, même si son ex-coach Jason Kreis affirme qu'il restera toujours " a thinking man. "

5 choses à savoir sur Cyle Larin

- Depuis la Gold Cup, Cyle Larin a les cheveux teints en blond. Son corps est rempli de tatouages. Sur son bras, on peut lire le mot Family. Sur sa nuque et dans son dos, on distingue un coeur avec une flèche sur lequel est écrit LOVE. Il ne veut pas en révéler la signification.

- Son frère Elijah est tatoueur et joueur semi-professionnel au Sigma FC, en League 1 de la province d'Ontario.

- Larin n'avait que 19 ans lorsqu'il est devenu international canadien pour la première fois. Désormais il compte 29 caps. Il est la doublure de Jonathan David.

- Son prénom, Kyle, s'écrit avec un C et pas avec un K parce que sa marraine s'appelle... Cimone.

- Larin a une copine au Canada, mais ne veut pas dire son prénom. Elle viendra bientôt en Belgique.

En janvier 2015, Cyle Larin (19 ans à l'époque), étudiant à l'Université du Connecticut, est premier choix de la draft en MLS. Son rêve devient réalité lorsqu'il signe un contrat professionnel avec Orlando City. Il grandit à Brampton, une ville de 600.000 habitants au nord-ouest de Toronto. Sa mère est née à Montréal, son père est Jamaïcain. C'est ce dernier qui lui donne le goût du football, avant la séparation des parents. A l'âge de 6 ans, il débute au Brampton Youth Soccer Club. Pour son premier match, alors qu'il n'a même pas de chaussures à crampons, il inscrit trois buts. En 2007, il se fait remarquer par la Sigma Academy de Mississauga, un centre de formation privé assez cher. Pour que son fils puisse y suivre une formation, Patricia contracte un emprunt. " Si tu écoutes bien les conseils des coaches, tu deviendras professionnel ", lui dit-elle alors. Pendant que sa mère travaille, Cyle s'occupe de ses frères et soeurs. " Nous n'avions rien, nous venions de nulle part mais ma mère m'a fait comprendre qu'en travaillant dur, on pouvait y arriver ", racontera-t-il plus tard. Il devient meilleur buteur de la St. Edmund Campion High School, avec laquelle il remporte trois titres de champion inter-scolaire. Avec la Sigma Academy, il voyage même en Europe, disputant notamment un match amical face à l'Ajax. Cela lui ouvre les yeux, mais il opte tout de même pour l'Université du Connecticut, près de Boston, où il souhaite étudier le management d'entreprise tout en jouant au football avec les UConn Huskies. En 2013, il plante 14 buts et est été élu American Athletic Conference Rookie of the Year. La deuxième année, il se blesse, mais Henk Mariman, alors responsable du centre de formation du Club Bruges, le repère lors d'un clinic et lui fait passer un test avec les Espoirs. Verdict : il n'est pas prêt. Pareil à Genk, où on le juge costaud (1m88 pour 90 kg) mais pas suffisamment complet sur le plan technique. Mais aux États-Unis, on croit en lui, même s'il doit attendre le 6e match de la saison et une vague de blessés pour être titularisé en MLS. Il marque cependant d'emblée et pour la première fois, ses copains le voient danser. Au cours de cette saison, il claque 16 autres buts, dont deux hat-tricks, pulvérisant ainsi le record détenu jusque-là par un rookie (11 buts pour Damani Ralph en 2003). Il faut dire qu'il peut compter sur les services d'un certain Kaká (33 ans), avec qui il s'entend à merveille et qui, pendant trois ans, va s'occuper de lui sur le terrain comme en dehors. Logiquement, le jeune Canadien boit les conseils du Ballon d'Or 2007. Élu Rookie of the Year, Larin poursuit sur sa lancée en 2016 et marque 14 buts, tout en étant élu Meilleur U24 de MLS. Kaká lui prédit un grand avenir : " Il peut jouer dans un tout grand club européen. " Le Géant Silencieux (c'est son surnom) ne cache pas que c'est son ambition. " Je veux devenir l'un des meilleurs joueurs du monde et jouer dans un grand club ", dit-il. De préférence à Chelsea, comme son idole Didier Drogba. Une légende qu'il a rencontrée lors d'un match de MLS et à qui les médias américains le comparent. Car en 2017, il continue de marquer : 17 buts en 24 matches. Les choses manquent toutefois de très mal tourner en juin, lorsqu'il se retrouve en prison après une soirée bien arrosée. Il prend l'autoroute à contre-sens avec sa Cadillac blanche alors qu'il a un 1,8 pour mille d'alcool dans le sang. Mauvaise idée... Au final, le joueur doit présenter ses excuses pour ce dérapage. Cet incident ne refroidit pourtant pas l'intérêt en Europe. Des clubs du calibre de Mönchengladbach, de l'Olympiacos, d'Ostende et de Genk sont sur lui. Dimitri de Condé va même le voir aux États-Unis mais la direction limbourgeoise estime que mettre 3 à 4 millions sur un joueur dont on n'est pas sûr qu'il va s'imposer en Europe, c'est trop cher. De plus, Orlando ne veut le vendre qu'en hiver car, s'il le cède plus tôt, il doit rétrocéder une plus grande partie du prix de transfert à la MLS. En janvier 2018, c'est finalement la rupture avec Orlando City. Le Canadien se rend en Turquie sans autorisation du club et passe la visite médicale à Besiktas qui, après avoir bataillé, l'achète pour 3 millions d'euros. Ses débuts sont intéressants, car il marque dès sa première entrée au jeu, signe un triplé contre Sivasspor et remet le couvert la saison suivante en Europa League face à B36 Tórshavn. Mais en Süper Lig, Senol Günes ne le titularise que 2 fois et il n'inscrit qu'un seul but. C'est trop peu pour un joueur qui gagne 1,6 million d'euros dans un club en proie à des problèmes financiers. De plus, il n'est pas payé en temps et en heure et veut partir. Son agent, Nick Mavromaras, prend langue avec Zulte Waregem, où il a de bons contacts avec Eddy Cordier et Francky Dury. Celui-ci cherche un pivot capable de garder le ballon et propose à Larin de relancer sa carrière comme il l'avait fait avec celle de Théo Bongonda. Marché conclu. Larin est finalement prêté pour un an à Zulte Waregem, qui lui verse 600.000 euros de salaire et possède une option d'achat fixée à 2,5 millions d'euros.