Dix clubs en D1, 36 ans, plus de 500 matches parmi l'élite et des campagnes européennes. Il ne manque qu'une sélection avec les Diables Rouges afin de couronner cette carrière. Marc Schaessens regrette cette absence sous les couleurs nationales mais cela ne l'empêche pas, à juste titre, d'être fier de son parcours de footballeur. " Et ce n'est pas fini car je suis toujours aussi motivé ", dit-il.
...

Dix clubs en D1, 36 ans, plus de 500 matches parmi l'élite et des campagnes européennes. Il ne manque qu'une sélection avec les Diables Rouges afin de couronner cette carrière. Marc Schaessens regrette cette absence sous les couleurs nationales mais cela ne l'empêche pas, à juste titre, d'être fier de son parcours de footballeur. " Et ce n'est pas fini car je suis toujours aussi motivé ", dit-il. Comment au vu de sa volonté, de sa hargne, de sa présence dans la durée, de sa passion pour le football, de son travail et de son métier peut-on expliquer son divorce après moins de six mois de vie commune avec l'Excelsior Mouscron ? Y a-t-il un cocu dans ce mariage qui vola trop vite en éclats ? Une chose est certaine : l'Anversois a retrouvé les feux de l'amour dans les bras montois. Marc Schaessens : A un moment, j'ai constaté avec regret qu'il était impossible pour moi de rester à Mouscron. Je n'y ai jamais bénéficié, hélas, de l'attention de Philippe Saint-Jean. En fin de saison passée, Roland Louf m'avait suivi lors de mon 500e match en D1, face à Heusden-Zolder. Mouscron était intéressé par mon expérience. Je devais apporter du vécu à un club qui allait se tourner vers ses jeunes et des éléments manquant de planches en D1. Ce défi me convenait et me plaisait. De plus, Mouscron est un club agréable, familial, disposant de bonnes infrastructures de travail. La fin de cette aventure fut pourtant assez triste. Le coach n'a jamais compté sur moi. J'étais déçu mais j'en ai vu assez dans ma carrière pour que ce soit douloureux. J'ai suffisamment d'expérience pour prendre du recul par rapport à ce mauvais moment. Ce n'était qu'un passage délicat de ma carrière, rien de plus. Si Mouscron n'avait pas pris d'entrée de jeu la mesure d'Anderlecht et avoir fait une bonne moisson de points lors des premiers matches de la saison, Philippe Saint-Jean m'aurait installé dans son équipe de base. Mais quand on bat les Mauves, on plane, on pense qu'on va tout révolutionner en D1, je suppose. Je me suis vite rendu compte que je n'avais pas de place dans cette stratégie tactique variant tous les quarts d'heure sur le terrain. Etonnant. Je n'avais jamais vu cela. Je ne dis pas que c'est une absence de vision dans l'occupation du terrain mais passer au gré du vent du 4-1-2-3 au 4-4-2 ou au 4-3-3, c'est très, très, très bizarre. Je débarquais du Lierse où Emilio Ferrera, le meilleur entraîneur de ma carrière, avait un concept et s'y tenait. Au départ, l'enthousiasme a permis de survoler les problèmes. Mais quand le souffle manque, la solution passe par les automatismes qui, forcément, sont plus solides si on pratique toujours le même système. Mais, vu les bons débuts, Philippe Saint-Jean a été têtu, s'est basé sur ses trois tactiques en 90 minutes et, je ne parle qu'en mon nom, a tout focalisé sur les jeunes et les nouveaux en D1. Or, après avoir flambé, Mouscron a piqué du nez et ses variations tactiques ne furent alors plus un bonus mais un problème. Enfin, c'est le passé, j'ai déjà oublié. Assez vite, en fait. Il a tout de suite misé sur Patrice Noukeu. Je ne lui reproche pas ce choix. L'entraîneur est le patron et c'est à lui de trancher. Je me souviens de bons matches de préparation à Walhain et contre Geel. J'avais encore besoin d'un peu de temps, et de matches, afin de me glisser parfaitement dans les nombreux mécanismes tactiques de Mouscron. Philippe Saint-Jean partageait mon point de vue. Puis, malheureusement, je me suis retrouvé sur le banc à l'occasion du match de gala contre Troyes. Pour moi, il était clair que l'affaire était mal engagée. Je ne me sentais pas utile, important, à l'Excelsior et aux yeux de Saint-Jean. J'y étais venu pour jouer un rôle, aider, permettre aux jeunes d'avancer, et on m'écartait. J'avais largement ma place dans ce groupe. J'adore parler de football du matin au soir. Je n'ai jamais eu l'occasion de le faire avec Saint-Jean qui est pourtant un brave homme. Philippe Saint-Jean ne m'a jamais accordé la moindre importance. Au vu de ma présence en D1, c'était incompréhensible. A la longue, cela m'a usé. Je n'en pouvais plus et l'heure et demie passée au volant de ma voiture pour me rendre à Mouscron devenait un martyre. Je suis resté calme. A Westerlo, j'ai soudain fait partie des plans de Saint-Jean. Mouscron était en chute libre au classement général. J'ai été titularisé dans un 4-4-2 me convenant bien et l'Excelsior s'est imposé alors que Westerlo n'est pas facile à manier à domicile. Je ne dis pas que nous y avons livré un grand match mais l'essentiel était de gagner. Ces trois points nous firent un bien fou. Mais, en semaine, Saint-Jean m'annonça que je serais sur le banc à l'occasion du prochain match. Je n'ai pas pu digérer cela. Et ce n'était pas dû au fait que nous recevions mon ancien club, le Lierse. Même si tout ne fut pas parfait, j'avais été utile dans le succès à Westerlo et j'espérais continuer sur ma lancée, avoir du temps de jeu, comme je le méritais, afin de progresser. La rupture était consommée et je lui ai dit que... Que j'allais lui faciliter la vie... Je lui ai affirmé que c'était -Stop, que je mettais un terme à ma carrière. Je le pensais sincèrement à ce moment-là. Saint-Jean a été surpris, m'a demandé de rester quelques jours à la maison et de réfléchir. Je me suis rendu compte que quitter le football par la petite porte serait une erreur. D'autant plus que j'avais encore les moyens et l'envie de jouer en D1. Mais pas question de rester à Mouscron. J'ai rencontré Roland Louf et nous avons convenu de nous séparer. Non, Ostende me fit un appel du pied via Gilbert Bodart mais ce ne fut jamais concret. J'ai également été contacté par Emilio Ferrera. Je ne le cache pas : cela me bottait. Avant la fin de ma carrière, j'aimerais retravailler avec lui. Je ne sais pas si ce sera possible : la D1 belge est déjà trop petite pour ce stratège. Mais, au moment de cet intérêt, Johan Vermeersch cherchait surtout un flanc gauche. Mons s'est alors intéressé à moi. J'ai tout de suite été séduit par le discours de Jos Daerden et du président, Dominique Leone. J'ai tout de suite senti qu'on me faisait confiance, qu'on misait sur mon expérience. A 36 ans, ce sont des marques de respect qui comptent. Je ne suis plus un gamin. Je sais ce que je peux apporter à un groupe : du calme, de la solidité, de la certitude, de la patience et de l'organisation. Le Brussels se manifesta encore. Johan Vermeersch avait changé d'avis. Trop tard, j'avais donné ma parole à Mons. Même si rien ne sera facile vu la position au classement, c'est un bon choix. Je ne le pense pas. Ce club a envie de rester en D1. Avec la victoire à trois points, tout peut aller vite. Après avoir reçu St-Trond, Mons a encore 17 matches au programme, dont l'affiche contre Anderlecht qui avait été remise en fin de premier tour. Si Mons gagne neuf matches sur les 18 à disputer jusqu'à la fin de la saison, le sauvetage deviendra une réalité. Je ne dis pas que ce sera facile, pas du tout, mais c'est possible, jouable. Le noyau montois a été revu et renforcé. Lors de notre stage hivernal, j'ai été étonné par la qualité et les ambitions de tous. Mons a notamment des atouts offensifs qui valent le coup d'oeil. Tous les clubs du bas de classement n'ont pas sous la main des éléments comme Aliyu Datti, Nicolas Goussé, Ibrahim Babatunde. Malgré cela, Mons n'a marqué que 16 buts au premier tour. C'est trop peu et cela s'expliquait par une nervosité générale. Quand on se retrouve dans une telle situation, le bien le plus précieux est la patience. Mons doit aborder chaque match avec la ferme intention de garder le zéro au marquoir, de ne pas encaisser de but. Quand on y parvient, la moitié du chemin est déjà parcourue. Il s'agit ensuite de garder la tête froide, de frapper juste, d'exploiter la moindre occasion. C'est le fruit d'une organisation, d'une volonté commune et j'ai constaté, en stage, que ce groupe était capable d'y arriver. Jos Daerden a l'art d'expliquer tout cela et de motiver le groupe. Oui, du temps. Là, on n'en a vraiment pas. Il faudra y aller vollen bak jusqu'à la fin de la saison, se soutenir, se parler, bien faire son travail, respecter les instructions. Mons n'a pas le temps d'avoir des états d'âme, de chipoter, de patienter pour que les mécanismes tactiques se mettent en place. Ce ne seront que des matches de Coupe. Tout cela a été très bien intégré. Je veux réussir, aider ce club, justifier la confiance que Jos Daerden a placée en moi. A 36 ans, je sais, mieux que personne, que rien ne sera facile. Mais rien n'est jamais acquis sur une pelouse. Je l'ai souvent vécu, notamment en Coupe de l'UEFA avec le Germinal Ekeren. L'Etoile Rouge Belgrade ne nous avait pas pris au sérieux. Ekeren élimina cet ancien vainqueur de la Coupe d'Europe des Champions dans son stade, devant 70.000 spectateurs. Si Mons est animé par cet esprit, le sauvetage sera une réalité en fin de saison. Mais non, Mouscron, c'est oublié, classé, passé, terminé. Cela me motive. Cela prouvera qu'à 36 ans, j'ai encore quelque chose à dire sur un terrain. Je m'appelle Marc Schaessens. J'ai toujours été enthousiaste et positif. Je ne suis pas au bout du rouleau. Je n'ai pas réussi tout cela par hasard. Je suis fier de ma carrière et ce n'est pas fini. Pierre Bilic" MOUSCRON, C'EST oublié, classé, passé, terminé " " Il faudra Y ALLER VOLLEN BAK jusqu'au bout "