Tu reviens juste de Liverpool, où tu as pu t'entraîner sous les ordres de Jürgen Klopp, avec des joueurs comme Adam Lallana ou Nathaniel Clyne. Comment c'était ?

TAIWO AWONIYI : C'était vraiment bien. Pour un jeune joueur comme moi, c'est une belle opportunité. Ça me permet d'être un peu plus familier avec tout le monde au club. J'ai parlé avec les joueurs, avec le coach. Il pousse toujours les jeunes joueurs à aller plus loin, c'est motivant. Au club, ils sont contents de moi. Ils regardent mes matches et ils me voient marquer des buts, c'est très bien.
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TAIWO AWONIYI : C'était vraiment bien. Pour un jeune joueur comme moi, c'est une belle opportunité. Ça me permet d'être un peu plus familier avec tout le monde au club. J'ai parlé avec les joueurs, avec le coach. Il pousse toujours les jeunes joueurs à aller plus loin, c'est motivant. Au club, ils sont contents de moi. Ils regardent mes matches et ils me voient marquer des buts, c'est très bien. AWONIYI : C'est là où j'ai grandi. La plupart des membres de ma famille sont nés là-bas. C'est à l'ouest du pays, c'est la capitale de l'État de Kwara. C'est une grande ville (Un peu moins de 800.000 habitants, à environ 300 kilomètres au nord de Lagos, ndlr), dans l'une des régions les plus calmes, les plus faciles à vivre du pays. C'est toujours bon de rentrer à la maison. J'ai commencé à jouer à Ilorin, à l'United Academy. On appelle ça du street football ou du grassroots football (soit tout simplement des écoles de jeunes, généralement de 6 à 12 ans, indépendantes des clubs, ndlr). AWONIYI : À Ilorin, nous avons plusieurs clubs, plusieurs académies. Et il y a eu une sélection pour représenter l'État de Kwara. J'ai été choisi et j'ai pu aller à Londres. C'était un long processus mais grâce à Dieu, j'ai pu partir et tirer mon épingle du jeu. Quand je suis revenu à Ilorin, on m'a appelé pour aller à Lagos. Là-bas, on s'entraidait, on s'entraînait tout le temps et on avait des notes, comme à l'école. Ce n'est pas comme un club classique. J'ai toujours voulu jouer au football et devenir professionnel, donc quitter ma famille n'a pas été très difficile. Je savais que c'était une académie sérieuse, où les jeunes progressent, et j'avais un bon feeling. L'Afrique est différente de l'Europe. En tout cas, au Nigeria, quand tu as dix ans, tu sens déjà qu'on te pousse à réaliser tes rêves, à transformer ta passion et tes désirs en réalité. Tu deviens vite un adulte. Avec ma première académie, j'avais déjà l'habitude d'aller représenter l'État et de laisser ma famille pour une ou deux semaines. Bien sûr, ils te manquent mais tu sais comment gérer ça. AWONIYI : Disons que j'ai grandi en admirant quatre grands attaquants : Didier Drogba, Zlatan Ibrahimovic, Thierry Henry et Edinson Cavani. Je supportais surtout Arsenal et Liverpool, aussi (il sourit). Bien sûr, il y avait également Jay-Jay Okocha. Pour moi, c'était le meilleur joueur du monde. Il faisait des trucs incroyables avec le ballon. Je n'avais pas vraiment d'autres passions que le football. Je jouais au foot dès que possible, sinon, j'allais à l'école. J'ai été jusqu'en secondaire. AWONIYI : J'avais juste un arrangement, je n'ai pas signé un précontrat. Et Liverpool est arrivé. Je pense qu'ils m'ont vu pour la première fois quand on a gagné la Coupe du Monde U17 aux Émirats Arabes Unis, en 2013. J'ai aussi remporté la CAN U20 en 2015. Mais ils ne savaient pas comment me contacter. Déjà, être à Abu Dhabi, était un sentiment incroyable. Remporter le titre, c'était encore mieux, d'autant plus que j'ai marqué quatre buts pendant le tournoi. Pour la plupart, on venait tous du même genre d'académies. Il y avait l'un de mes meilleurs amis, Kelechi Iheanacho (attaquant de Leicester, élu meilleur joueur de la compétition, ndlr). On partageait la même chambre, on est vraiment les mêmes. On n'avait jamais connu quelque chose d'aussi impressionnant avant. On s'est tous dit : " Maman et papa sont en train de nous regarder à la TV, on doit revenir en tant que champions ". AWONIYI : (Énorme sourire) Au Nigeria, quand tu représentes bien le pays, on te récompense toujours comme il se doit. On a tous reçu l'ordre, mais je ne sais pas si les autres ont une rue à leur nom... Tout est passion au Nigeria. Surtout quand on parle de football. Sur l'ensemble de notre parcours, je pense qu'on n'a perdu qu'une seule fois. J'ai d'ailleurs joué deux fois contre Omar Govea (en poules et en finale, ndlr) et on l'a battu deux fois (il rit). Mais avant de venir ici, je ne le savais même pas. On s'en est rendu compte en discutant. Il est allé sur mon Instagram et il a vu une photo de moi à Abu Dhabi, où il est juste derrière moi... (rires) Aujourd'hui, c'est vraiment un très bon ami. AWONIYI : Non, pour moi, ça a toujours été comme ça. Je suis sous contrat avec Liverpool et Liverpool s'occupe de trouver des arrangements avec des clubs pour que je puisse y progresser. C'est clair. Quand ils ont un arrangement, ils m'en parlent, je donne mon accord et je bouge, j'avance, c'est tout. Je ne me sens pas perdu parce que tout est toujours en place. Quand j'arrive, où que je sois, je m'adapte. Quand je suis à Francfort, je me mets à fond pour l'équipe. À Nimègue, c'est pareil. Maintenant que je suis à Mouscron, ça ne change pas. J'oublie tout le reste et je me concentre. À part penser au football, je ne fais pas grand-chose d'autre. Je rentre chez moi, je me repose. Mais le plus important pour moi est la croyance que je place en Dieu. Pour moi, il n'y a rien au-dessus de ça, pas même le football. Je vais souvent prier ici, à Mouscron. D'où je viens, mes parents ou Seyi Olofinjana m'ont toujours dit que je n'avais pas à attendre mes 25 ou 27 ans pour devenir un homme. On m'a toujours fait comprendre que je devais rapidement être capable de voler de mes propres ailes. PAR NICOLAS TAIANA - PHOTO BELGAIMAGE" Tout est passion au Nigeria. Surtout quand on parle de football ". Taiwo Awoniyi