La Belgique n'avait plus organisé de Championnat d'Europe de volley masculin depuis 1987, soit 32 ans. A l'époque, notre pays était le seul organisateur, mais comme le nombre de participants a doublé (24), quatre pays se sont unis, pour la première fois. TopVolleyBelgium partage l'organisation avec les fédérations néerlandaise, française et slovène. Les Red Dragons disputent toutefois leur premier tour en Belgique, au Palais 12 de Brussels Expo et à la Lotto Arena d'Anvers.

" C'est vraiment réjouissant : nous allons jouer devant notre public, sur deux sites superbes, en plus. " Ses paroles comme son regard trahissent la joie de Sam Deroo (27 ans), le capitaine des Red Dragons. Il a encore plus envie de jouer que de siroter son café, dont il engloutit une grande tasse avant de s'installer à une table un peu petite pour un homme de sa taille.

Après les résultats historiques de l'EURO 2017 et du Mondial de l'an dernier, dont vous avez respectivement terminé quatrièmes et dixièmes, on attend beaucoup de vous. Avec quelles ambitions entamez-vous le tournoi ?

SAM DEROO : Passer le premier tour est évidemment un must. A partir de là, on procède par élimination directe. On peut avoir de la malchance et tomber sur un adversaire coriace mais en principe, il s'agit surtout de bien se placer dans la phase de poules. La Serbie et l'Allemagne sont deux nations très fortes mais elles sont à notre portée. Elles ne sont pas intouchables comme la Russie, par exemple. Nous devons nous méfier de l'Espagne, un outsider. Je pense qu'il vaut mieux terminer parmi les deux premiers. Nous ne devons pas nous esquinter durant le premier tour, très dur physiquement avec cinq matches en six jour, mais plutôt améliorer notre condition progressivement afin d'être au sommet de nos possibilités en huitièmes de finale. Les quarts constituent un objectif réaliste. Ne pas les atteindre serait très décevant. Par contre, gagner les quarts de finale et jouer pour une médaille, comme la dernière fois, serait un succès énorme. Nous ne pouvons pas prétendre figurer parmi les quatre meilleures formations d'Europe mais nous émargeons sans aucun doute au top 8.

Mafia

Le mois dernier, le tournoi olympique de qualification a été décevant. Dans quelle mesure cela peut-il avoir un impact sur l'EURO ?

DEROO : L'ampleur de notre déception à l'issue de notre défaite contre les États-Unis, numéro 2 mondial, témoigne de nos ambitions. Pendant les cinq semaines de préparation, nous n'avons vraiment pensé qu'à ce match. Le fait que chacun ait osé placer la barre très haut et rêver des Jeux Olympiques constitue un signal positif. Les Pays-Bas nous ont délivré un fameux uppercut lors du deuxième match mais il faut tenir compte des circonstances. Après un set, nous nous savions quasi éliminés alors que les Pays-Bas avaient encore une chance. Inversez l'ordre des matches et vous obtenez des données très différentes. Notre résistance mentale n'a pas été suffisante après la claque prise contre les USA. On gère plus facilement une défaite durant un EURO car on peut se rattraper et aussi grandir au fil du tournoi.

Était-ce un problème purement mental à Rotterdam ? Malgré cinq semaines de préparation, vous avez été balayés dans le jeu par les Néerlandais.

DEROO : En effet, nous avons manqué d'automatismes. Physiquement et techniquement, tout le monde avait un niveau acceptable mais le jeu collectif est perfectible. Les joueurs et l'équipe ont commis une erreur de jugement. Beaucoup de joueurs restaient sur sept à huit semaines de temps libre. Ils s'étaient entretenus au quotidien, mais sans jouer au volley et c'est un aspect considérable. L'absence de matches de Ligue des Nations nous a lourdement handicapés. D'ailleurs, c'est un pur scandale que la mafia de la fédération mondiale nous en ait éjectés pour des raisons commerciales.

Mais beaucoup d'internationaux importants, comme toi, ont boudé l'alternative, l'European Golden League.

DEROO : Ces matches sont d'un niveau nettement inférieur. Peu de joueurs parviennent à se motiver pour une compétition qu'ils ont gagnée il y a six ans avec le même groupe. On nous a remballé à cette époque alors que chacun a tellement progressé... C'est ridicule. Il valait donc mieux laisser la place aux jeunes, pour qu'ils acquièrent de l'expérience internationale. Mais vous avez raison : nous avons sans doute sous-estimé l'effet qu'aurait le manque de rythme de compétition sur nos prestations.

Volonté

Après les moins bons résultats en European Golden League et au tournoi de qualification pour les Jeux, le nouveau sélectionneur, Brecht Van Kerckhove, a été la cible de critiques. Qu'en penses-tu ?

DEROO : Un entraîneur est toujours jugé sur les résultats et les prestations. C'est pour ça que cet EURO est important pour lui comme pour la confiance qui l'unit au groupe. Cette confiance est présente actuellement, de même que le désir de montrer ce dont nous sommes capables. Brecht est un jeune entraîneur peu expérimenté. Nous devons lui accorder du crédit. Il est trop facile de démolir quelqu'un après un seul tournoi. Nous voulons prouver à nos détracteurs qu'ils ont été un peu vite en besogne.

La sélection des Red Dragons

Brecht Van Kerckhove a repris 14 noms parmi la sélection suivante. Il a renoncé à deux joueurs en dernière minute.

Distributeurs : Stijn D'Hulst, Matthias Valkiers

Attaquants :

Lou Kindt, Hendrik Tuerlinckx, Bram Van den Dries

Joueurs de coin :

Seppe Baetens, Sam Deroo, Igor Grobelny, Tomas Rousseaux

Médians :

Pieter Coolman, Elias Thys, Arno Van de Velde, Simon Van de Voorde

Liberos :

Jelle Ribbens, Lowie Stuer, Tim Verstraete

Le premier tour des Red Dragons (poule B) :

Vendredi 13/09, 20h30, Bruxelles : Belgique - Autriche

Samedi 14/09, 17h30, Bruxelles : Allemagne - Belgique

Dimanche 15/09, 15h30, Anvers : Espagne - Belgique

Mardi 17/09, 20h30, Anvers : Slovaquie - Belgique

Mercredi 18/09, 20h30, Anvers : Belgique - Serbie

Les quatre premiers de chacune des quatre poules se qualifient pour les huitièmes de finale. A partir de ce moment, le tournoi se déroule par élimination directe.

La Belgique n'avait plus organisé de Championnat d'Europe de volley masculin depuis 1987, soit 32 ans. A l'époque, notre pays était le seul organisateur, mais comme le nombre de participants a doublé (24), quatre pays se sont unis, pour la première fois. TopVolleyBelgium partage l'organisation avec les fédérations néerlandaise, française et slovène. Les Red Dragons disputent toutefois leur premier tour en Belgique, au Palais 12 de Brussels Expo et à la Lotto Arena d'Anvers. " C'est vraiment réjouissant : nous allons jouer devant notre public, sur deux sites superbes, en plus. " Ses paroles comme son regard trahissent la joie de Sam Deroo (27 ans), le capitaine des Red Dragons. Il a encore plus envie de jouer que de siroter son café, dont il engloutit une grande tasse avant de s'installer à une table un peu petite pour un homme de sa taille. Après les résultats historiques de l'EURO 2017 et du Mondial de l'an dernier, dont vous avez respectivement terminé quatrièmes et dixièmes, on attend beaucoup de vous. Avec quelles ambitions entamez-vous le tournoi ? SAM DEROO : Passer le premier tour est évidemment un must. A partir de là, on procède par élimination directe. On peut avoir de la malchance et tomber sur un adversaire coriace mais en principe, il s'agit surtout de bien se placer dans la phase de poules. La Serbie et l'Allemagne sont deux nations très fortes mais elles sont à notre portée. Elles ne sont pas intouchables comme la Russie, par exemple. Nous devons nous méfier de l'Espagne, un outsider. Je pense qu'il vaut mieux terminer parmi les deux premiers. Nous ne devons pas nous esquinter durant le premier tour, très dur physiquement avec cinq matches en six jour, mais plutôt améliorer notre condition progressivement afin d'être au sommet de nos possibilités en huitièmes de finale. Les quarts constituent un objectif réaliste. Ne pas les atteindre serait très décevant. Par contre, gagner les quarts de finale et jouer pour une médaille, comme la dernière fois, serait un succès énorme. Nous ne pouvons pas prétendre figurer parmi les quatre meilleures formations d'Europe mais nous émargeons sans aucun doute au top 8. Le mois dernier, le tournoi olympique de qualification a été décevant. Dans quelle mesure cela peut-il avoir un impact sur l'EURO ? DEROO : L'ampleur de notre déception à l'issue de notre défaite contre les États-Unis, numéro 2 mondial, témoigne de nos ambitions. Pendant les cinq semaines de préparation, nous n'avons vraiment pensé qu'à ce match. Le fait que chacun ait osé placer la barre très haut et rêver des Jeux Olympiques constitue un signal positif. Les Pays-Bas nous ont délivré un fameux uppercut lors du deuxième match mais il faut tenir compte des circonstances. Après un set, nous nous savions quasi éliminés alors que les Pays-Bas avaient encore une chance. Inversez l'ordre des matches et vous obtenez des données très différentes. Notre résistance mentale n'a pas été suffisante après la claque prise contre les USA. On gère plus facilement une défaite durant un EURO car on peut se rattraper et aussi grandir au fil du tournoi. Était-ce un problème purement mental à Rotterdam ? Malgré cinq semaines de préparation, vous avez été balayés dans le jeu par les Néerlandais. DEROO : En effet, nous avons manqué d'automatismes. Physiquement et techniquement, tout le monde avait un niveau acceptable mais le jeu collectif est perfectible. Les joueurs et l'équipe ont commis une erreur de jugement. Beaucoup de joueurs restaient sur sept à huit semaines de temps libre. Ils s'étaient entretenus au quotidien, mais sans jouer au volley et c'est un aspect considérable. L'absence de matches de Ligue des Nations nous a lourdement handicapés. D'ailleurs, c'est un pur scandale que la mafia de la fédération mondiale nous en ait éjectés pour des raisons commerciales. Mais beaucoup d'internationaux importants, comme toi, ont boudé l'alternative, l'European Golden League. DEROO : Ces matches sont d'un niveau nettement inférieur. Peu de joueurs parviennent à se motiver pour une compétition qu'ils ont gagnée il y a six ans avec le même groupe. On nous a remballé à cette époque alors que chacun a tellement progressé... C'est ridicule. Il valait donc mieux laisser la place aux jeunes, pour qu'ils acquièrent de l'expérience internationale. Mais vous avez raison : nous avons sans doute sous-estimé l'effet qu'aurait le manque de rythme de compétition sur nos prestations. Après les moins bons résultats en European Golden League et au tournoi de qualification pour les Jeux, le nouveau sélectionneur, Brecht Van Kerckhove, a été la cible de critiques. Qu'en penses-tu ? DEROO : Un entraîneur est toujours jugé sur les résultats et les prestations. C'est pour ça que cet EURO est important pour lui comme pour la confiance qui l'unit au groupe. Cette confiance est présente actuellement, de même que le désir de montrer ce dont nous sommes capables. Brecht est un jeune entraîneur peu expérimenté. Nous devons lui accorder du crédit. Il est trop facile de démolir quelqu'un après un seul tournoi. Nous voulons prouver à nos détracteurs qu'ils ont été un peu vite en besogne.