Mario Van der Ende, l'arbitre international néerlandais de La Haye, a plongé l'UEFA dans l'embarras, à cause de son erreur pendant le match FC Tirol-Lokomotiv Moscou. Quand la commission compétente a constaté que le fameux Mario avait bel et bien distribué une carte jaune à deux joueurs russes alors que les deux fautes étaient imputables au même joueur et donc passibles d'une exclusion de celui-ci, il a bien fallu reconnaître l'erreur et faire rejouer le match, avec tous les problèmes que cela implique. Car la Ligue des Champions approche et d'ici la mi-septembre, d'autres matches doivent être joués, en championnats nationaux comme en qualifications pour la Coupe du Monde. En plu...

Mario Van der Ende, l'arbitre international néerlandais de La Haye, a plongé l'UEFA dans l'embarras, à cause de son erreur pendant le match FC Tirol-Lokomotiv Moscou. Quand la commission compétente a constaté que le fameux Mario avait bel et bien distribué une carte jaune à deux joueurs russes alors que les deux fautes étaient imputables au même joueur et donc passibles d'une exclusion de celui-ci, il a bien fallu reconnaître l'erreur et faire rejouer le match, avec tous les problèmes que cela implique. Car la Ligue des Champions approche et d'ici la mi-septembre, d'autres matches doivent être joués, en championnats nationaux comme en qualifications pour la Coupe du Monde. En plus, les Russes avaient programmé un stage en Belgique, assorti de quelques matches amicaux. C'est Sepp Blatter qui, avant même d'être élu président de la FIFA en 1998, a avancé l'idée d'améliorer la qualité des arbitres. Il proposait de rapprocher leur statut financier de celui des joueurs. C'est chose faite depuis lors. En Angleterre, par exemple, les 24 arbitres de l'élite peuvent gagner jusqu'à 50.000 livres, soit plus de trois millions par saison. Un quart de ce montant provient des primes de matches. En fin de saison, ils reçoivent également une prime calculée sur base de leur classement final dans la hiérarchie. Toutes les deux semaines, ils se retrouvent pour trois jours au centre national de formation. Ils s'y entraînent et subissent une analyse de leurs prestations. Ceux qui ne satisfont pas aux normes ou ont de mauvais bulletins sont placés un moment au repos. On veille également scrupuleusement au poids des arbitres. Reste à voir si c'est vraiment efficace. L'arbitrage devrait être au-dessus de tout soupçon, pas seulement en sport et en football, d'ailleurs. Il devrait être infaillible. Ceux qui ont choisi cette activité ô combien délicate devraient receler le don quasiment surhumain de décrypter les intentions exactes de ceux qu'ils doivent diriger. Car la simulation et la sournoiserie font de plus en plus partie de l'arsenal des sportifs professionnels et en particulier des footballeurs. Par ailleurs, l'erreur est humaine et il faudrait bien plus de trois millions pour transformer en citoyen au-dessus de tout soupçon un homme compétent qui commet simplement une faute. Souvent, les arbitres manquent de temps.Les arbitres n'ont effectivement guère de temps pour réfléchir ou se concerter sur une décision, surtout depuis l'introduction, récente, de règles qui limitent la perte de temps -le système de ballon multiple joue un grand rôle. Graham Poll, l'actuel numéro un anglais, estime que le temps ajouté aux matches devrait rarement rester en-deçà des dix minutes. Partant du principe que pour chaque but, chaque semonce, chaque carte et chaque remplacement, on doit ajouter trente secondes, il ne faut pas non plus que le jeu soit interrompu par trop de blessures, faute de quoi le cap des dix minutes sera vite atteint. C'est certainement un élément du problème auquel Mario Van der Ende a été confronté à Innsbruck. Nous rappellerons cet incident, survenu au repos d'un match de Ligue des Champions entre l'Olympique Marseille et le Club Brugeois. Il avait failli attraper Bernard Tapie par le col parce que celui-ci était venu clamer son mécontentement à la porte du vestiaire arbitral. Mario Van der Ende a toujours été un brin impulsif. Il a certes toujours été un excellent arbitre. Les années -il a 45 ans- ont sans doute émoussé ses réflexes. Mick Michels