Il y a deux décennies que Peter Kerremans (53 ans) a mis un terme à sa carrière après avoir disputé 322 matches en D1, répartis entre Seraing (1982-86), le Beerschot (1986-91) et Charleroi (1992-94), sans oublier une saison (1991/92) à Hapoël Tel Aviv. Avec sa gueule de play-boy ou d'Anversois amoureux de Liège, comme il vous plaira de choisir, ce casque gris a vécu plusieurs reconversions.
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Il y a deux décennies que Peter Kerremans (53 ans) a mis un terme à sa carrière après avoir disputé 322 matches en D1, répartis entre Seraing (1982-86), le Beerschot (1986-91) et Charleroi (1992-94), sans oublier une saison (1991/92) à Hapoël Tel Aviv. Avec sa gueule de play-boy ou d'Anversois amoureux de Liège, comme il vous plaira de choisir, ce casque gris a vécu plusieurs reconversions. " J'ai d'abord été responsable européen d'une marque américaine de lunettes, SignatureEyewear, établie à Seraing ", dit-il. " Le patron débarqua un jour des States et, comme j'étais le seul à parler anglais, il me confia un poste important. " Après quelques années, il change d'horizon et se consacre au magasin pour dames de sa deuxième épouse. " Cette boutique était située en plein centre de Liège. Après un petit temps, nous avons adapté le concept en proposant une gamme d'accessoires (foulards, chaussures, sacs, ceintures, lunettes, bijoux etc.) dernier cri et bon marché. A la suite de mon deuxième divorce, j'ai ouvert deux magasins, un à Verviers géré par ma fille, Wendy, et un autre à Visé où toutes les femmes connaissent notre enseigne : Eva. La crise a frappé et les commerçants des "centre-villes" doivent se battre pour tenir le coup. " Quand il a le temps, l'ancien " keeper " visite des clients pour une société de placement de portes automatiques, Tematec. Kerremans parle français avec un accent liégeois prononcé : " Je suis pourtant originaire de Boom mais j'ai besoin de vivre près de Liège. Cette ville est animée par une chaleur unique. " En 1981, Peter a 20 ans quand Seraing va le chercher à Boom : " Les grands clubs belges me pistaient en même temps que Nico Claesen. Nos agents ont trouvé le truc pour échapper aux enchères : nous avons secrètement été expédiés en Espagne. Il était interdit de donner signe de vie mais pas de nous amuser. Ce furent des vacances de rêve alors que le Club Bruges et Anderlecht nous cherchaient partout. C'est au retour, à l'aéroport, que nous avons appris la nouvelle : Seraing avait été le plus malin pour réaliser les deux transferts. " Kerremans flirta avec l'équipe nationale et les plaisirs de la vie : " J'ai raté une participation à une finale de Coupe de Belgique à cause d'un écart de discipline et je le regrette encore. En 1993, je m'étais blessé et Charleroi engagea l'excellent Istvan Gulyas. Je suis revenu dans le coup en fin de saison mais je n'étais pas prêt à 100 % pour la finale de la Coupe de Belgique contre le Standard. Je n'allais pas être repris et je me suis permis une sortie nocturne. Or, Gulyas s'était blessé plus sérieusement que prévu à l'entraînement. Robert Waseige tenta de me joindre jusqu'aux petites heures. Les GSM n'existaient pas encore. Le lendemain, j'ai avoué au coach que j'étais sorti. Rien ne me l'interdisait dans ma situation mais si j'étais resté à la maison, ce n'est pas David Baetslé qui aurait remplacé Gulyas en finale mais moi. " Un an plus tard, après une fête avec les Zèbres, fatigué, Kerremans perd le contrôle de sa voiture et traverse l'autoroute à Spy, entre Charleroi et Namur. Il s'en sort miraculeusement mais pour Peter, frère d'un comédien très connu en Flandre, Eric Kerremans, c'est la fin de son rôle de footballeur. " J'ai quand même vécu une belle carrière ", dit-il dans son magasin visétois. Le bonheur des dames lui va si bien. PAR PIERRE BILIC