Quelqu'un pourrait-il prévenir Mouscron que les matches amicaux ont pris fin cette semaine ? A l'évidence, le RMP, qui a connu un été chahuté et qui a dû construire une équipe de fond en comble en un mois, n'est pas encore prêt. On a pu le voir contre Charleroi, où les Hurlus ont peiné en première période avant de sortir la tête hors de l'eau en fin de rencontre. Ce RMP-là va avoir beaucoup de mal à se sauver de la D1. Cependant il ne faut pas tirer trop de conclusions hâtives, tant cette équipe manque de repères, d'expérience mais surtout que les hommes alignés face à Charleroi risquent de ne plus être les mêmes en septembre. Cedomir Janevski n'a ainsi pas pu inscrire sur la feuille une partie de ses recrues (Frédéric Maciel, Emir Dautovic, Marko Scepovic ou Marko Pavloski), soit blessées, soit non qualifiées.
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Quelqu'un pourrait-il prévenir Mouscron que les matches amicaux ont pris fin cette semaine ? A l'évidence, le RMP, qui a connu un été chahuté et qui a dû construire une équipe de fond en comble en un mois, n'est pas encore prêt. On a pu le voir contre Charleroi, où les Hurlus ont peiné en première période avant de sortir la tête hors de l'eau en fin de rencontre. Ce RMP-là va avoir beaucoup de mal à se sauver de la D1. Cependant il ne faut pas tirer trop de conclusions hâtives, tant cette équipe manque de repères, d'expérience mais surtout que les hommes alignés face à Charleroi risquent de ne plus être les mêmes en septembre. Cedomir Janevski n'a ainsi pas pu inscrire sur la feuille une partie de ses recrues (Frédéric Maciel, Emir Dautovic, Marko Scepovic ou Marko Pavloski), soit blessées, soit non qualifiées. Certains détails sont particulièrement parlants. Un peu comme un nouveau bâtiment inauguré alors que les ouvriers travaillent encore dedans, le nouveau RMP doit encore régler certaines choses. Ainsi, on ne connaissait pas le nom du capitaine avant d'avoir la feuille de match. Teddy Mezague partait avec les faveurs du pronostic mais rien n'avait été confirmé. La communication du club sera d'ailleurs un des défis des prochaines semaines. Les transferts ne sont pas officialisés ; les dirigeants ne tiennent pas tous les mêmes propos. Alors que le directeur sportif, Teni Yerima, très ouvert et accessible, fait des déclarations ambitieuses qui cadrent mal avec les réalités actuelles, le reste de la direction reste plus mesuré. Ne dit-on pas que chat échaudé craint l'eau froide ? Roland Louf se veut en tout cas prudent dans ses pronostics et le contenu du match à Charleroi tend à lui donner raison. Le travail ne manque pas et le RMP est encore loin du top-6 espéré par certains. Enfin, ultime détail d'un club en construction : le RMP aborde un maillot vierge de tout sponsor. Cela montre que le projet n'a pas encore fédéré les entreprises d'une région très concurrentielle puisque Courtrai et Zulte Waregem ne sont pas très loin. Dimanche, il s'agit davantage de l'équipe mise en place avant la reprise que de l'équipe imaginée par le duo Pini Zahavi-Teni Yerima qui a été proposée. Hormis, Filip Markovic, le frère du joueur de Liverpool, et le gardien Ofir Marciano, toutes les recrues alignées avaient été transférées avant la reprise du club. C'était encore l'époque du budget low cost et des recrues principalement issues des divisions inférieures. Pour beaucoup, il s'agissait donc d'une découverte de la D1. François Marquet n'avait disputé que quelques minutes avec le Standard, Luigi Vaccaro et Yahya Boumediene, monté à la 27e minute en remplacement de Markovic, venaient de Seraing. Quant à Corentin Kocur, 19 ans, il n'avait que quelques minutes de jeu à son compteur en D1. C'est bien simple, à part Noë Dussenne (une année avec Mons et une autre avec le Cercle) et Pieterjan Monteyne, aucun autre joueur aligné ne comptait plus d'une saison en D1 puisque Teddy Mezague, Julian Michel, Tristan Dingomé et Thibaut Peyre n'ont débuté que la saison passée. Monteyne (438 matches) compte plus de matches que l'ensemble du onze réuni (171 matches). Le RMP manquait cruellement d'expérience et cela s'est vu face à une équipe qui, elle, n'a pratiquement pas bougé par rapport à la saison passée. Janevski ne manquait d'ailleurs pas de le souligner à l'issue de la rencontre. Cela prouve quand même une chose : il aurait été difficile de se maintenir sans la reprise. Le président Edward Van Daele avait beau y croire, cela ressemble davantage à la méthode Coué qu'à la réalité de la D1. Mais clou du spectacle : le RMP n'alignait aucun attaquant ! Janevski a dû se creuser les méninges, lui qui était privé de Maciel et Marin Jakolis, tous les deux blessés. Cependant, si Jakolis a été prolifique pendant la préparation, certains le trouvent encore léger. Quant à Maciel, il est en retard de préparation et ne risque pas de rentrer en ligne de compte tout de suite. Tous les espoirs offensifs reposent donc actuellement sur les épaules de Marko Scepovic. Jusqu'au bout, Janevski a espéré qu'il serait qualifié mais le Serbe a dû finalement se contenter de regarder le match des tribunes. Cet attaquant qui appartient à l'Olympiakos mais a été loué à Majorque et au Terek Grozny ces deux dernières saisons, est prêt puisqu'il a effectué une partie de la préparation avec Majorque. L'international serbe est donc actuellement la seule arme offensive. Et en son absence, Janevski a bricolé puisqu'il a, dans un premier temps, placé Markovic, ailier, comme attaquant central avant de confier ce rôle à Dingomé, médian de formation, lorsque Markovic s'est blessé. Pas étonnant que le RMP ne se soit créé sa première occasion qu'à la 70e minute. A tel point qu'on a longtemps cru que les Hurlus seraient la seule équipe de Pro League à ne pas trouver le chemin des filets lors de cette journée inaugurale. Il a fallu un corner pour sauver la face. " En deuxième mi-temps, on a montré un autre profil. C'est bon pour la mentalité ", expliquait l'entraîneur macédonien. " Mais il faut continuer à travailler. " Si Janevski n'a pas voulu charger son équipe à l'issue d'une prestation courageuse, il n'a pas caché les faiblesses de celle-ci non plus, ajoutant : " J'espère que je vais recevoir un attaquant car même si j'avais essayé en semaine une animation avec Markovic et Dingomé en pointe, ce ne sont clairement pas des solutions à long terme. " Nous sommes donc fin juillet et Mouscron doit quasiment jeter à la poubelle tous les acquis de la préparation, tant les nouveaux joueurs qui arrivent chaque semaine bouleversent toutes les données. Et Janevski doit composer avec ce paradoxe : Les recrues ne sont pas au même niveau de condition physique mais ont plus de talent que les joueurs déjà présents. Pas facile pour lui, même s'il refuse de tomber dans ce piège. Lorsque nous lui demandons comment il gère les arrivées quotidiennes, il minimise : " Ce n'est pas vrai que des joueurs arrivent chaque jour. Marciano et Markovic sont avec nous depuis trois semaines ; Maciel, Dautovic, Pavloski et Scepovic sont arrivés la semaine passée. Pour les intégrer de la meilleure façon possible, on doit leur parler. Ils font une partie de l'entraînement collectif et une autre partie avec le préparateur physique qui leur concocte un programme personnalisé. Pour le moment, ils manquent de rythme, ils ne sont pas prêts pour disputer 90 minutes et c'est dommage car il faut se préparer pour la compétition mais je ne désespère pas de pouvoir compter sur eux dès le week-end prochain face à Saint-Trond. " Comme il minimise cet état de chantier permanent. " C'est le cas de toutes les équipes, non ? Tant que le mercato ne sera pas terminé, chaque équipe est susceptible de bouger. Certaines vont se déforcer ; nous on va se renforcer. Jusqu'au 31 août, on sera dans cette configuration. " Janevski compte toujours sur l'arrivée de deux attaquants, un back droit (même si Peyre a disputé plusieurs matches à ce poste, Janevski le voit davantage comme un défenseur central) et un médian défensif (" j'ai trop de joueurs qui disposent du même profil dans l'entrejeu. Avec Marquet, Michel et Vaccaro, j'ai des joueurs offensifs. Il me manque un vrai récupérateur et de la taille dans l'entrejeu. Cela s'est vu à Charleroi : on a été dominé dans le jeu aérien "). Difficile dans ce contexte d'assembler les pièces du puzzle. Et certains se demandent déjà combien de points compte prendre le RMP avant la fermeture du mercato. Janevski ne tombe pas dans ce jeu-là et espère que son tableau de marche va être respecté, malgré les conditions de travail difficiles. " J'espère sept ou huit points ! ", lâche-t-il. PAR STÉPHANE VANDE VELDE ? PHOTOS BELGAIMAGE " Certaines équipes vont se déforcer ; nous on va se renforcer. " CEDOMIR JANEVSKI