Près de 150 curieux sont plantés le long du terrain C du centre d'entraînement de Genk et attendent les 27 joueurs qui, le mercredi 27 juin, vont attaquer la première séance de travail de l'été. Une séance qui va durer deux heures. Les grands noms du noyau - certains dans l'attente et l'espoir d'un transfert - ne sont attendus que lundi. Les six joueurs actifs à l'EURO U21 se joindront au groupe le 8 juillet. Les trois internationaux actifs à la Coupe d'Afrique et à la Copa America reprendront le 15 juillet.

Pour compenser toutes ces absences, 14 jeunes sont incorporés au noyau, dont Luca Oyen, fils de l'ancien Genkois Davy Oyen (aussi passé par le PSV et Anderlecht), et Bryan Limbombe, le plus jeune de la famille, qu'on ne présente plus.

Dieumerci Ndongala se pointe un peu plus tard que les autres pour suivre un entraînement individuel en compagnie d'un kiné. Neto Borges ne bosse pas avec les autres non plus, il soigne en salle de fitness une blessure au dos.

Felice Mazzù est sur le terrain une demi-heure avant le début de l'entraînement, coiffé d'une casquette bleue, avec son staff technique revu et corrigé. Tout le monde ne le reconnaît pas encore. On aperçoit dans la foule quelques jeunes supporters portant des maillots de Leandro Trossard et RuslanMalinovskyi... ils devront se trouver de nouvelles idoles. Trossard, le transfert sortant le plus cher de l'histoire du club (20 millions), est déjà parti. Il a signé, la veille, son contrat à Brighton.

Les derniers retours ne se feront que le 15 juillet, onze jours avant l'ouverture du championnat.

Mazzù time

Pendant la première heure, Mazzù observe, depuis le bord du terrain, le boulot de ses associés. Le préparateur physique Ruben Peeters, Domenico Olivieri, Tom Van Imschoot, Denis Dessaer. Pendant que Guy Martens s'occupe des quatre gardiens de but. Par rapport à la saison dernière, il manque Philippe Clement et Johan Van Rumst, mais aussi Jos Daerden. La direction lui a proposé une autre fonction, il a décidé de réfléhir pendant quelques nuits.

La dernière partie du premier entraînement de la saison est vraiment pour le T1. Le Mazzù time. On entend très clairement ses consignes, communiquées en anglais. Depuis quelques années, c'est la langue véhiculaire au Racing Genk, et c'est inévitable, vu le nombre de joueurs étrangers dans le noyau. Même si... Un spectateur hollandais, présent à cette reprise, nous dit que même dans les trois meilleurs clubs de son pays, le néerlandais reste la première langue utilisée.

Après le boulot, les entraîneurs et Sébastien Dewaest, pressenti comme nouveau capitaine potentiel, prennent le temps de parler à la presse et de faire des photos. Les nouveaux assistants de Mazzù se présentent. Denis Dessaer a été son capitaine pendant quatre saisons au White Star Woluwe, c'est un parfait Bruxellois. Tom Van Imschoot découvre un nouvel environnement, bien différent de celui de Lommel où il a travaillé les deux dernières années, d'abord comme directeur technique, ensuite comme T1. Il a joué à Mons pendant quatre ans et il en a gardé de très bons rudiments de français.

Il a discuté avec le nouveau coach pendant une soirée et est sorti de là avec un très bon feeling. Comme beaucoup de gens à Genk. Le seul reproche qu'on entend à propos de Mazzù, c'est l'arrivée subite de l'inévitable Mogi Bayat quand les discussions s'enlisaient un peu. La venue de Bayat (qui a les Genkois Dewaest et Ndongala dans son écurie) a permis d'arranger les choses mais Genk s'en serait bien passé. Mais c'est bien là le seul petit reproche qu'on fait jusqu'à présent au sympathique Carolo. " Après notre discussion, j'ai vraiment eu l'impression qu'on allait pouvoir faire quelque chose ", nous dit Van Imschoot. " Il est très chaleureux. "

Theo Bongonda a été débauché pour 7 millions à Zulte Waregem., belgaimage
Theo Bongonda a été débauché pour 7 millions à Zulte Waregem. © belgaimage

L'angoisse jusqu'au 31 août

Mazzù, lui, ne doit pas réfléchir bien longtemps quand on lui demande de pointer la principale différence entre son travail à Charleroi et son nouveau boulot à Genk. " À Charleroi, à part la première année, je commençais toujours les entraînements avec un groupe que je connaissais. Ici, je découvre tout le monde. Je connais les joueurs qui ont gagné le championnat mais je ne sais rien sur les jeunes. Je pars d'une page blanche, ils vont tous recevoir leur chance. " A part ça, il se sent totalement soutenu dans son nouvel environnement. " Je ne suis pas le dix-huitième choix de la direction... Je ne suis pas arrivé après dix-sept autres candidats qui auraient refusé d'entraîner Genk. Les patrons du club ont directement fait de moi leur priorité, sachant très bien que je ne parle pas encore néerlandais. "

Mazzù savait dès le départ qu'il lui manquerait quelques piliers pour la reprise et qu'il devrait attendre le 15 de ce mois pour avoir une vue complète sur son noyau. Mais tout peut encore arriver d'ici la clôture du mercato. L'année dernière, Genk avait vendu Omar Colley au Genoa, des offres étaient parvenues pour Sander Berge, et le club espérait que personne ne viendrait chercher AlejandroPozuelo. L'incertitude avait duré jusqu'au 31 août. Cette fois, le Racing a promis à Berge et à Mbwana Samatta de collaborer en cas d'offre intéressante, tandis qu'il y a de fortes chances pour que Ruslan Malinovskyi force son départ ( voir encadré). Le nouveau coach, qui n'a pris que cinq jours de congé, a étudié tous les scénarios avec le directeur technique Dimitri de Condé. Il savait dès le début qu'il risquait de ne pas pouvoir compter sur plusieurs acteurs majeurs du titre.

Pour la deuxième journée d'entraînement, on dénombre en tout et pour tout... six spectateurs. Et ça tombe bien parce que cet entraînement, qui devait être ouvert au public, est finalement fermé. La veille, Mazzù a décidé que six des onze séances des deux premières semaines se feraient à huis clos. Genk n'est pas aussi strict que le club favori du coach, la Juventus, qui n'a pas ouvert un seul entraînement au public la saison dernière, mais c'est quand même un changement par rapport à la saison passée, quand seul l'entraînement de la veille de match était fermé.

Le midi, Dimitri de Condé et le responsable du scouting, Dirk Schoofs, se retrouvent à la taverne du stade pour casser la graine. Ils prennent un café avec l'exploitant, Dirk Medved, qui fut le gros transfert sortant de Genk il y a juste 30 ans, peu de temps après la fusion. Avec un autre jeune talent du club, Rudy Janssens, il était passé à Gand, qui avait déboursé 8 millions. Des francs... Soit 200.000 euros. Très peu d'argent pour un joueur qui allait ensuite jouer pour Bruges et le Standard, et aussi 26 matches avec les Diables Rouges, dont la Coupe du Monde 1994.

Sébastien Dewaest est pressenti pour devenir le nouveau capitaine.

Le directeur technique n'a pas prévu de vacances cet été car il savait que ce serait chaud au niveau du noyau. Même si, avec la cellule de scouting, il a beaucoup bossé lors des derniers mois, en prévision d'un possible exode massif. Jeudi dernier, on a vu débarquer un nouvel arrivant, Stephen Odey, un attaquant nigérian de 21 printemps qui vient du FC Zurich. Il est le troisième transfert entrant après Theo Bongonda et un tout jeune espoir suédois, attaquant, Benjamin Nygren (17 ans). Durant le week-end, Carlos Cuesta (20 ans) a passé les tests physiques. Il est capitaine des U20 colombiens, défenseur, et il a déjà attiré les regards des gens de l'Ajax. Ils clôturent momentanément les opérations entrantes, même si Dimitri de Condé espère encore faire signer un Polonais durant le mois d'août. " À partir de maintenant, on ne transférera plus que si un autre pilier nous quitte. "

Le seul reproche qu'on entend à propos de Mazzù, c'est l'arrivée subite de l'inévitable Mogi Bayat quand les discussions s'enlisaient un peu., belgaimage
Le seul reproche qu'on entend à propos de Mazzù, c'est l'arrivée subite de l'inévitable Mogi Bayat quand les discussions s'enlisaient un peu. © belgaimage

Dans l'immédiat, il doit user de toute sa force de persuasion pour garder à Genk des joueurs majeurs qui ont repris l'entraînement au début de cette semaine, avec la Ligue des Champions comme carotte. On se souvient qu'il y a un an, déjà, plusieurs joueurs avaient des envies d'ailleurs, et ils avaient fini par rester, après le nouveau contrat signé par Leandro Trossard.

Déjà 16.000 abonnements vendus

Il y a juste neuf kilomètres entre la Luminus Arena et la commune de Termien, où le champion a joué samedi son premier match amical de la saison. Un vrai derby contre une équipe de troisième division amateur où on revoit Tomas Daumantas, passé par Beveren, Schalke et le Club Bruges. Malgré la canicule, 35 degrés, près de 900 curieux se sont massés le long de la pelouse. Cherchant, pour la plupart, un peu d'ombre derrière l'un ou l'autre panneau publicitaire.

À la mi-temps, Felice Mazzù change tous ses joueurs de champ. Seul le gardien Maarten Vandevoordt, dont on dit énormément de bien, dispute l'intégralité du match. Et il a plusieurs occasions de s'illustrer. Des trois recrues, Odey ne joue pas encore. Nygren est sur le terrain pendant la première mi-temps, il cherche les combinaisons mais les automatismes ne sont pas encore là. Bongonda, le joueur entrant le plus coûteux de l'histoire du club, censé prendre la place du Danois Marcus Ingvartsen, parti à l'Union Berlin, joue la deuxième mi-temps. Parmi les piliers de l'équipe championne, seuls Sébastien Dewaest, Dieumerci Ndongala, Joseph Paintsil et Zinho Gano sont actifs dans ce match. Le gardien Danny Vukovic est là mais ne joue pas. On voit surtout des espoirs, dont deux joueurs qui ont signé leur premier contrat professionnel quelques jours plus tôt, XanderLambrix et Pierre Dwomoh.

Mazzù accorde aussi du temps de jeu à trois joueurs revenus (provisoirement) de prêt : Benson Manuel, qui sort d'une très bonne saison avec Mouscron, Amine Khammas, passé par le FC Den Bosch, et Dante Vanzeir, qui joue la deuxième mi-temps et plante deux buts. Il a réussi un très bon prêt au Beerschot Wilrijk et plusieurs clubs sont intéressés par son profil. Son entourage discute cette semaine avec la direction de Genk dans le but de savoir s'il est envisageable qu'il reçoive un certain temps de jeu. Si on dit à Vanzeir qu'il doit encore patienter avant de recevoir une chance en équipe Première, il est probable qu'il optera pour une nouvelle location, éventuellement à nouveau au Beerschot.

Sur le terrain de Termien, on voit aussi quelques joueurs arrivés la saison dernière et qu'on a peu vus à l'oeuvre entre-temps : le Croate Ivan Fiolic et le défenseur roumain Vladimir Screciu, qui s'était vite blessé durant l'été 2018, peu de temps après son arrivée dans le Limbourg. Vu la température, l'équipe rame un peu. Dans ses deux compositions, elle évolue en 4-3-3, comme le onze champion. C'est toujours 0-0 à la mi-temps, puis les Genkois marquent cinq fois mais finissent par encaisser deux buts.

Cette semaine, Felice Mazzù peut intégrer quelques noms plus ronflants dans ses séances de travail. Mais il devra attendre le retour des derniers internationaux pour avoir un groupe véritablement au complet. Ce sera le 15 juillet, soit seulement 11 jours avant la première journée de championnat. Le seul point positif de cette préparation plutôt perturbée est que le Racing Genk est déjà qualifié pour les poules de la Ligue des Champions. Mazzù a donc encore du temps pour mettre les pièces de son puzzle dans le bon ordre. Le premier rendez-vous dans la plus prestigieuse compétition européenne, c'est pour le 17 ou le 18 septembre. Notre champion connaîtra ses adversaires le 29 août. Ce sera un solide défi, mais dans le Limbourg, tout le monde l'attend avec une impatience non dissimulée. Le club a déjà vendu 16.000 abonnements pour la nouvelle saison. Et ces abonnés bénéficient d'une priorité pour les rencontres de la Ligue des Champions.

" Malinovskyi veut vraiment partir "

À Genk, Ruslan Malinovskyi est un des principaux sujets de discussion. Il y a quelques semaines, il a annoncé qu'il voulait absolument s'en aller. Le week-end dernier, il n'avait toujours pas changé d'avis. L'Atalanta Bergame, qui va aussi disputer la Ligue des Champions, a fait une offre à 8 millions puis a laissé tomber face à l'exigence des patrons de Genk : 20 millions.

" Ce qui est sûr, c'est qu'il veut partir, et il y a plusieurs équipes qui voudraient l'avoir ", résume Sergeï Serebrennikov, l'ancien médian qu'on a bien connu dans notre championnat, qui est son agent. Dimitri de Condé s'attend à ce que son joueur ukrainien boude un peu durant les premiers jours, mais ce week-end, il espérait toujours pouvoir le convaincre de rester pendant une saison supplémentaire.

Felice Mazzù, très bon people manager, voudrait aussi le persuader en lui faisant comprendre qu'il peut être le leader de l'entrejeu d'une équipe de Ligue des Champions. " Mais j'ai aussi appris qu'il fallait laisser partir un joueur qui ne veut absolument pas rester. Ça n'a pas de sens de le retenir contre son gré. "

Près de 150 curieux sont plantés le long du terrain C du centre d'entraînement de Genk et attendent les 27 joueurs qui, le mercredi 27 juin, vont attaquer la première séance de travail de l'été. Une séance qui va durer deux heures. Les grands noms du noyau - certains dans l'attente et l'espoir d'un transfert - ne sont attendus que lundi. Les six joueurs actifs à l'EURO U21 se joindront au groupe le 8 juillet. Les trois internationaux actifs à la Coupe d'Afrique et à la Copa America reprendront le 15 juillet. Pour compenser toutes ces absences, 14 jeunes sont incorporés au noyau, dont Luca Oyen, fils de l'ancien Genkois Davy Oyen (aussi passé par le PSV et Anderlecht), et Bryan Limbombe, le plus jeune de la famille, qu'on ne présente plus. Dieumerci Ndongala se pointe un peu plus tard que les autres pour suivre un entraînement individuel en compagnie d'un kiné. Neto Borges ne bosse pas avec les autres non plus, il soigne en salle de fitness une blessure au dos. Felice Mazzù est sur le terrain une demi-heure avant le début de l'entraînement, coiffé d'une casquette bleue, avec son staff technique revu et corrigé. Tout le monde ne le reconnaît pas encore. On aperçoit dans la foule quelques jeunes supporters portant des maillots de Leandro Trossard et RuslanMalinovskyi... ils devront se trouver de nouvelles idoles. Trossard, le transfert sortant le plus cher de l'histoire du club (20 millions), est déjà parti. Il a signé, la veille, son contrat à Brighton. Pendant la première heure, Mazzù observe, depuis le bord du terrain, le boulot de ses associés. Le préparateur physique Ruben Peeters, Domenico Olivieri, Tom Van Imschoot, Denis Dessaer. Pendant que Guy Martens s'occupe des quatre gardiens de but. Par rapport à la saison dernière, il manque Philippe Clement et Johan Van Rumst, mais aussi Jos Daerden. La direction lui a proposé une autre fonction, il a décidé de réfléhir pendant quelques nuits. La dernière partie du premier entraînement de la saison est vraiment pour le T1. Le Mazzù time. On entend très clairement ses consignes, communiquées en anglais. Depuis quelques années, c'est la langue véhiculaire au Racing Genk, et c'est inévitable, vu le nombre de joueurs étrangers dans le noyau. Même si... Un spectateur hollandais, présent à cette reprise, nous dit que même dans les trois meilleurs clubs de son pays, le néerlandais reste la première langue utilisée. Après le boulot, les entraîneurs et Sébastien Dewaest, pressenti comme nouveau capitaine potentiel, prennent le temps de parler à la presse et de faire des photos. Les nouveaux assistants de Mazzù se présentent. Denis Dessaer a été son capitaine pendant quatre saisons au White Star Woluwe, c'est un parfait Bruxellois. Tom Van Imschoot découvre un nouvel environnement, bien différent de celui de Lommel où il a travaillé les deux dernières années, d'abord comme directeur technique, ensuite comme T1. Il a joué à Mons pendant quatre ans et il en a gardé de très bons rudiments de français. Il a discuté avec le nouveau coach pendant une soirée et est sorti de là avec un très bon feeling. Comme beaucoup de gens à Genk. Le seul reproche qu'on entend à propos de Mazzù, c'est l'arrivée subite de l'inévitable Mogi Bayat quand les discussions s'enlisaient un peu. La venue de Bayat (qui a les Genkois Dewaest et Ndongala dans son écurie) a permis d'arranger les choses mais Genk s'en serait bien passé. Mais c'est bien là le seul petit reproche qu'on fait jusqu'à présent au sympathique Carolo. " Après notre discussion, j'ai vraiment eu l'impression qu'on allait pouvoir faire quelque chose ", nous dit Van Imschoot. " Il est très chaleureux. " Mazzù, lui, ne doit pas réfléchir bien longtemps quand on lui demande de pointer la principale différence entre son travail à Charleroi et son nouveau boulot à Genk. " À Charleroi, à part la première année, je commençais toujours les entraînements avec un groupe que je connaissais. Ici, je découvre tout le monde. Je connais les joueurs qui ont gagné le championnat mais je ne sais rien sur les jeunes. Je pars d'une page blanche, ils vont tous recevoir leur chance. " A part ça, il se sent totalement soutenu dans son nouvel environnement. " Je ne suis pas le dix-huitième choix de la direction... Je ne suis pas arrivé après dix-sept autres candidats qui auraient refusé d'entraîner Genk. Les patrons du club ont directement fait de moi leur priorité, sachant très bien que je ne parle pas encore néerlandais. " Mazzù savait dès le départ qu'il lui manquerait quelques piliers pour la reprise et qu'il devrait attendre le 15 de ce mois pour avoir une vue complète sur son noyau. Mais tout peut encore arriver d'ici la clôture du mercato. L'année dernière, Genk avait vendu Omar Colley au Genoa, des offres étaient parvenues pour Sander Berge, et le club espérait que personne ne viendrait chercher AlejandroPozuelo. L'incertitude avait duré jusqu'au 31 août. Cette fois, le Racing a promis à Berge et à Mbwana Samatta de collaborer en cas d'offre intéressante, tandis qu'il y a de fortes chances pour que Ruslan Malinovskyi force son départ ( voir encadré). Le nouveau coach, qui n'a pris que cinq jours de congé, a étudié tous les scénarios avec le directeur technique Dimitri de Condé. Il savait dès le début qu'il risquait de ne pas pouvoir compter sur plusieurs acteurs majeurs du titre. Pour la deuxième journée d'entraînement, on dénombre en tout et pour tout... six spectateurs. Et ça tombe bien parce que cet entraînement, qui devait être ouvert au public, est finalement fermé. La veille, Mazzù a décidé que six des onze séances des deux premières semaines se feraient à huis clos. Genk n'est pas aussi strict que le club favori du coach, la Juventus, qui n'a pas ouvert un seul entraînement au public la saison dernière, mais c'est quand même un changement par rapport à la saison passée, quand seul l'entraînement de la veille de match était fermé. Le midi, Dimitri de Condé et le responsable du scouting, Dirk Schoofs, se retrouvent à la taverne du stade pour casser la graine. Ils prennent un café avec l'exploitant, Dirk Medved, qui fut le gros transfert sortant de Genk il y a juste 30 ans, peu de temps après la fusion. Avec un autre jeune talent du club, Rudy Janssens, il était passé à Gand, qui avait déboursé 8 millions. Des francs... Soit 200.000 euros. Très peu d'argent pour un joueur qui allait ensuite jouer pour Bruges et le Standard, et aussi 26 matches avec les Diables Rouges, dont la Coupe du Monde 1994. Le directeur technique n'a pas prévu de vacances cet été car il savait que ce serait chaud au niveau du noyau. Même si, avec la cellule de scouting, il a beaucoup bossé lors des derniers mois, en prévision d'un possible exode massif. Jeudi dernier, on a vu débarquer un nouvel arrivant, Stephen Odey, un attaquant nigérian de 21 printemps qui vient du FC Zurich. Il est le troisième transfert entrant après Theo Bongonda et un tout jeune espoir suédois, attaquant, Benjamin Nygren (17 ans). Durant le week-end, Carlos Cuesta (20 ans) a passé les tests physiques. Il est capitaine des U20 colombiens, défenseur, et il a déjà attiré les regards des gens de l'Ajax. Ils clôturent momentanément les opérations entrantes, même si Dimitri de Condé espère encore faire signer un Polonais durant le mois d'août. " À partir de maintenant, on ne transférera plus que si un autre pilier nous quitte. " Dans l'immédiat, il doit user de toute sa force de persuasion pour garder à Genk des joueurs majeurs qui ont repris l'entraînement au début de cette semaine, avec la Ligue des Champions comme carotte. On se souvient qu'il y a un an, déjà, plusieurs joueurs avaient des envies d'ailleurs, et ils avaient fini par rester, après le nouveau contrat signé par Leandro Trossard. Il y a juste neuf kilomètres entre la Luminus Arena et la commune de Termien, où le champion a joué samedi son premier match amical de la saison. Un vrai derby contre une équipe de troisième division amateur où on revoit Tomas Daumantas, passé par Beveren, Schalke et le Club Bruges. Malgré la canicule, 35 degrés, près de 900 curieux se sont massés le long de la pelouse. Cherchant, pour la plupart, un peu d'ombre derrière l'un ou l'autre panneau publicitaire. À la mi-temps, Felice Mazzù change tous ses joueurs de champ. Seul le gardien Maarten Vandevoordt, dont on dit énormément de bien, dispute l'intégralité du match. Et il a plusieurs occasions de s'illustrer. Des trois recrues, Odey ne joue pas encore. Nygren est sur le terrain pendant la première mi-temps, il cherche les combinaisons mais les automatismes ne sont pas encore là. Bongonda, le joueur entrant le plus coûteux de l'histoire du club, censé prendre la place du Danois Marcus Ingvartsen, parti à l'Union Berlin, joue la deuxième mi-temps. Parmi les piliers de l'équipe championne, seuls Sébastien Dewaest, Dieumerci Ndongala, Joseph Paintsil et Zinho Gano sont actifs dans ce match. Le gardien Danny Vukovic est là mais ne joue pas. On voit surtout des espoirs, dont deux joueurs qui ont signé leur premier contrat professionnel quelques jours plus tôt, XanderLambrix et Pierre Dwomoh. Mazzù accorde aussi du temps de jeu à trois joueurs revenus (provisoirement) de prêt : Benson Manuel, qui sort d'une très bonne saison avec Mouscron, Amine Khammas, passé par le FC Den Bosch, et Dante Vanzeir, qui joue la deuxième mi-temps et plante deux buts. Il a réussi un très bon prêt au Beerschot Wilrijk et plusieurs clubs sont intéressés par son profil. Son entourage discute cette semaine avec la direction de Genk dans le but de savoir s'il est envisageable qu'il reçoive un certain temps de jeu. Si on dit à Vanzeir qu'il doit encore patienter avant de recevoir une chance en équipe Première, il est probable qu'il optera pour une nouvelle location, éventuellement à nouveau au Beerschot. Sur le terrain de Termien, on voit aussi quelques joueurs arrivés la saison dernière et qu'on a peu vus à l'oeuvre entre-temps : le Croate Ivan Fiolic et le défenseur roumain Vladimir Screciu, qui s'était vite blessé durant l'été 2018, peu de temps après son arrivée dans le Limbourg. Vu la température, l'équipe rame un peu. Dans ses deux compositions, elle évolue en 4-3-3, comme le onze champion. C'est toujours 0-0 à la mi-temps, puis les Genkois marquent cinq fois mais finissent par encaisser deux buts. Cette semaine, Felice Mazzù peut intégrer quelques noms plus ronflants dans ses séances de travail. Mais il devra attendre le retour des derniers internationaux pour avoir un groupe véritablement au complet. Ce sera le 15 juillet, soit seulement 11 jours avant la première journée de championnat. Le seul point positif de cette préparation plutôt perturbée est que le Racing Genk est déjà qualifié pour les poules de la Ligue des Champions. Mazzù a donc encore du temps pour mettre les pièces de son puzzle dans le bon ordre. Le premier rendez-vous dans la plus prestigieuse compétition européenne, c'est pour le 17 ou le 18 septembre. Notre champion connaîtra ses adversaires le 29 août. Ce sera un solide défi, mais dans le Limbourg, tout le monde l'attend avec une impatience non dissimulée. Le club a déjà vendu 16.000 abonnements pour la nouvelle saison. Et ces abonnés bénéficient d'une priorité pour les rencontres de la Ligue des Champions.