Belgique-Pologne, cinquième match sur la route de l'Euro 2008 et retour de ma marotte en deux temps...
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Belgique-Pologne, cinquième match sur la route de l'Euro 2008 et retour de ma marotte en deux temps... M ercredi 15 novembre 2006, 18h. Superstitionnite aiguë soudaine, j'ai les jetons, les Polonais me rappellent deux très mauvais souvenirs. Tout le monde connaît celui de 1982 où Zbigniew Boniek plante trois buts à Théo Custers. L'autre remonte à 1967 au Heysel, j'assiste à mon premier match des Diables in situ et c'est déjà pour le championnat d'Europe des nations face aux Polonais : défaite 2-4 avec trois buts plantés par Janusz Zmijewski dont je n'ai jamais oublié le nom compliqué, dont j'ai retrouvé le prénom dans le programme d'époque précieusement conservé, et dont on n'entendra plus jamais parler... Alors, jamais deux hat-trickeurs sans trois ? En tout cas tout à l'heure, gaffe prioritairement à Ebi Smolarek, qu'il ne nous la joue pas Solidarnosc avec ses deux prédécesseurs... On annonce quasi le même onze que contre l'Azerbaïdjan. Ce qui pourrait faire dire que René Vandereycken n'est finalement ni offensif, ni défensif, ni tacticien tordu : puisque, même si l'adversaire est cette fois costaud, René aligne tout bêtement les mêmes que ceux qui ont gagné la dernière fois contre un minus !... Enfin, presque les mêmes : car notre coach a un besoin un peu pathologique de nous faire le coup de la surprise du chef, en nous refilant lors de chaque coup d'envoi un sélectionné qu'on attend peu ou pas du tout : Moussa Dembele au Kazakhstan, Pieter Collen contre l'Arménie, Gaby Mundingayi en Serbie, Philippe Léonard la dernière fois... Qui tout à l'heure ? M ercredi 15 novembre 2006, 23 h. Le foot n'étant qu'un jeu, une gaffe fatidique en jouant n'est jamais qu'une gaffe fatidique en jouant ! Mais j'aurais adoré que Daniel Van Buyten n'ait eu qu'une idée en tête au coup de sifflet final : se ruer vers la caméra de RTL- Tvi, bousculer Emile Mpenza pour être à sa place le Diable interviewé à chaud, et tenir à peu près ce langage : " Cette défaite est pour ma pomme, pour mon unique pomme, je l'ai pris trop à l'aise sur cette phase. Un mec ayant mon vécu qui fait une connerie pareille au bout de 20 minutes, ça mérite des baffes. Au lieu de me vexer à la moindre critique, je ferais mieux d'admettre que je manque décidément de gnaque dans l'attaque sur l'homme : et bosser, bosser et encore bosser pour m'améliorer ! D'ailleurs, si je ne m'améliore pas, garderai-je ma place au Bayern lorsque Lucio et Valérien Ismaël seront tous deux rétablis ?" S'il nous avait offert pareil mea culpa, Big Dan en serait sorti grandi : je m'en serais foutu de sa gaffe et de l'Euro 2008 qui nous dit déjà Auf Wiedersehen, je l'aurais porté au pinacle des chouettes mecs ! Parce que le foot n'est qu'un jeu. Je n'oserais pas avancer que les attaquants polonais sont hyper techniques, ils le furent en tout cas comparés aux nôtres : mais nom de Dieu, quand produirons-nous au moins un joueur d'attaque à la fois rapide, technique dans le mouvement, et sentant l'occase de but comme un chien la chienne en chaleur ? ! Olivier Doll a dit : " Les Diables sont tombés sur plus malins qu'eux " : c'est vrai mais trop gentil, le foot n'est pas une activité d'intellos, la vérité exige seulement de dire que les Polonais sont tombés sur plus cons... Ou alors, il y a chez nos joueurs des dyslexiques inversant les mots lorsque René leur dit " N'amassez pas les cartes et empilez les buts ! "... En mars au Portugal, je propose qu'on s'en ramasse un volontairement dès l'entame de la rencontre, de manière à pouvoir ensuite prester, libérés, un match entier de hourrah football de la dernière chance : car c'est seulement dans pareils moments de n'importe quoi que nous nous sommes montrés dangereux durant ces qualifs ! Big Dan en tête, on met donc tous les grands devant, René peut même aller rechercher Mike Verstraeten et André Stassart, et on balance aériennement jusqu'à plus soif : la stratégie la mieux adaptée n'est pas toujours la plus tordue... Trêve de plaisanterie. J'ai beau savoir qu'il faut s'accrocher jusqu'au bout, être derrière le coach qui loue la mentalité de ses joueurs ainsi que " la manière dont ils ont mis la pression en seconde mi-temps ", je ne suis pas certain d'y parvenir : je vais néanmoins faire un effort, j'attendrai la défaite au Portugal pour vous dire que je n'y crois plus. par Bernard Jeunejean