Je le confesse, je n'ai regardé in extenso aucun des trois derniers matches officiels des Diables. Ce n'était pas un boycott délibéré ou militant, non : simplement, je me suis laissé vivre et ça s'est trouvé comme ça... En juin pendant le nul en Serbie & Monténégro, y'avait pas la télé dans les sentiers de la montagne corse, où je souffrais sûr plus qu' Aimé avec mon gros sac à dos.
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Je le confesse, je n'ai regardé in extenso aucun des trois derniers matches officiels des Diables. Ce n'était pas un boycott délibéré ou militant, non : simplement, je me suis laissé vivre et ça s'est trouvé comme ça... En juin pendant le nul en Serbie & Monténégro, y'avait pas la télé dans les sentiers de la montagne corse, où je souffrais sûr plus qu' Aimé avec mon gros sac à dos. Voici dix jours, le match en Bosnie-Herzégovine tombait en même temps que Sart-Vielsalm en live dans mon coin. D'un côté deux clubs que j'ai entraînés avec des joueurs faits de chair, de bière, de sang et de souvenirs avec moi. De l'autre, dans une bête lucarne aseptisée, un match, fût-il des Diables, décrété " match de la dernière chance " pour la énième fois, ce qui commence à fatiguer. Bref, c'est le genre d'alternative ou j'ai peu hésité, juste le temps de rappeler à ma femme de brancher le magnéto, pour que ma télé commande et moi-même puissions nous affaler dans le fauteuil quand je serais rentré de la buvette de Sart... Sauf que ma femme a oublié le magnéto, et que j'ai oublié de râler : d'abord parce que ça peut lui arriver à elle aussi de rater un but facile, ensuite parce que je connaissais le résultat, maigre et déprimant, enfin parce que j'ai très vite trouvé le sommeil en rentrant de la buvette. Puis, tous les journaux sérieux ont écrit que, question phase finale en Germanie, nous l'avions cette fois bel et bien dans l'os. Dès le lundi, dans les gazettes diverses, j'ai dénombré neuf noms de successeurs plausibles à Anthuenis, c'est dire qu'était sifflée la fin des haricots... Et donc, mercredi dernier, plutôt qu'un Belgique-San Marino morose, j'avoue avoir été par l'odeur d'Eire-France alléché davantage. J'ai donc lâché les Diables après une demi-heure, c'était toujours 0-0 quand j'ai zappé vers TF1. Il paraît qu'ensuite, à onze contre dix, ils se sont montrés drôlement balèzes... Bref, où en est-on ? Rapport à Anthuenis, j'avoue que les noms par lui choisis m'ont régulièrement déconcerté tant ils surgissaient régulièrement de nulle part (soudain Tristan Peersman, Anthony Van Den Borre, Tom Soetaers...), et les boudeurs ( Daniel Van Buyten, Emile Mpenza, Sven Vermant, Frédéric Herpoel) furent un peu trop nombreux pour oser penser qu'Aimé sait donner du bonheur à son banc. Mais de là à prétendre que nous nous sommes régulièrement pété le faciès parce que les divers onze alignés furent trop défensifs (tarte à la crème I) ou ont manqué de fond de jeu (tarte à la crème II), il y a un pas que l'importance de l'aléatoire en foot m'empêchera toujours de franchir ! En foot, la seule vérité est celle du classement, dont découle l'enthousiasme... et la certitude a posteriori d'avoir été bons. Remember la glorieuse de 1986, relisez ce qu'on a écrit de Guy Thys avant Belgique-URSS, vous resterez le cul par terre ! Donc, pour le moment, nous regardons ce classement, nous n'y trônons pas et nous avons plutôt la queue entre les jambes : gardons-la bien là pour l'instant, sans faire aller notre grande bouche sur le fauteur tout désigné qu'est toujours le sélectionneur. Pour vitupérer, attendons au moins le 8 octobre et l'élimination mathématique. Elimination éventuelle, lustucru, car ce classement est clair, le barrage reste plausible : si nous rendons à l'Espagne (qui n'est pas plus fortiche que la Grèce !) son 2-0 de l'aller, nous revenons strictement à sa hauteur ! Je sais, c'est dingue d'avoir été souvent médiocre et de rester qualifiable, mais c'est comme ça quand cinq équipes se bouffent le nez et les points ! J'ai bien calculé, en tout cas je veux le croire : le 8 octobre, Belgique-Espagne sera le match de la dernière chance. En cas de victoire, il y aura un autre match de la dernière chance le 12 octobre en Lituanie : le troisième match de la dernière chance sera alors celui des barrages, à moins qu'il faille disputer un barrage pour jouer ce barrage. Ceci sans entrer dans les détails car, le 12 octobre, faudra aussi que l'issue de Serbie & Monténégro - Bosnie-Herzégovine soit celle qui nous convient ! Mais chaque chose en son temps : ne mettons pas la charrue du 12 octobre avant les b£ufs du 8. C'est déjà suffisamment compliqué comme ça de rester patriote. par Bernard JeunejeanC'est déjà suffisamment compliqué comme ça de RESTER PATRIOTE.