Depuis la reprise, les attaquants carolos se font discrets. En neuf rencontres, les Zèbres n'ont trouvé la cible qu'à six reprises. Par contre, en trois matches de Coupe, les Carolos ont amélioré leurs statistiques en frappant quatre fois. Mais c'est paradoxalement dans cette dernière compétition que les carences offensives ont été les plus criantes. Lors du match retour au Lierse, il aurait suffi d'un but pour voir les Noir et Blanc se retrouver dans le dernier carré. Et que dire de la production des attaquants ? Sur les six buts du championnat, seuls deux sont l'apanage de la ligne offensive.
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Depuis la reprise, les attaquants carolos se font discrets. En neuf rencontres, les Zèbres n'ont trouvé la cible qu'à six reprises. Par contre, en trois matches de Coupe, les Carolos ont amélioré leurs statistiques en frappant quatre fois. Mais c'est paradoxalement dans cette dernière compétition que les carences offensives ont été les plus criantes. Lors du match retour au Lierse, il aurait suffi d'un but pour voir les Noir et Blanc se retrouver dans le dernier carré. Et que dire de la production des attaquants ? Sur les six buts du championnat, seuls deux sont l'apanage de la ligne offensive. Depuis l'entame de la saison, Charleroi a inscrit 32 réalisations en 26 parties de championnat, soit une bien pâle moyenne d'1,2 but par match. Pourtant, ces chiffres ne sont pas encore alarmistes. Si on jette un coup d'£il dans les autres championnats, d'autres exemples s'offrent à nous. En Angleterre, Everton (35 buts en 30 journées) occupe la quatrième place ; en France, Lille (32 buts-30 journées) pointe également au quatrième rang et en Italie, la Sampdoria (32 buts en 29 matches) occupe la cinquième position. Charleroi ne fait donc pas office d'exception dans le concert européen. Pourtant, l'équipe marque moins depuis début janvier. Par rapport aux matches aller, les Zèbres ont planté six roses de moins. Le système de Jacky Mathijssen fait la part belle à la défense et l'attaque doit donc se montrer réaliste. Au premier tour, cela fonctionnait. Les avants parvenaient à transformer une demi-occasion en but. Mais depuis la reprise, la roue a tourné. Le poteau n'est plus rentrant et les gardiens ne laissent plus passer les ballons glissants. Dans un tel schéma, l'avant-centre (soit Izzet Akgül, soit Orlando) doit se débrouiller seul face à la défense adverse. Difficile dans ces conditions de se ménager une pléthore d'occasions. Pourtant, Jacky Mathijssen a une vision offensive du jeu. Il l'a démontré à St-Trond mais il n'a pas encore réussi à la mettre en pratique dans le Hainaut. L'an passé, il a dû assurer le maintien du club en trois rencontres et chacun sait que cela ne se fait pas en jouant toutes voiles dehors. Et cette saison, la sévère défaite subie d'entrée face à La Louvière (2-5) l'a cueilli à froid. Il a compris qu'avec le matériel mis à sa disposition, il convenait d'abord d'assurer les fondations défensives. " On a décidé de redescendre d'un cran pour consolider la défense ", explique Mathijssen. " Petit à petit, j'ai insisté pour que l'on grignote du terrain et que l'on évolue de plus en plus haut. C'est ce qu'on a fait au Lierse et à Beveren. Nous ne nous sommes jamais ménagé autant d'occasions que face aux Lierrois et ce n'est pas parce que l'élimination était au bout que j'aurai le réflexe de jouer de nouveau plus bas. On l'a vu contre Beveren où j'avais opté pour une configuration plus offensive avec seulement trois défenseurs. Certains diront que cela pourrait ressembler davantage à un 5-4-1 qu'à un 3-6-1. Contre La Louvière, j'avais déjà opté pour un système avec trois arrières mais là, le schéma était avant tout défensif. Si l'adversaire est fort, notre jeu devient naturellement plus prudent mais contre Beveren, par exemple, ce n'était pas le cas. Il fallait bloquer les flancs très haut ". La mue s'effectue donc petit à petit. " Je peux déjà vous dire que l'on marquera plus de buts au deuxième tour que lors du premier et on en encaissera également moins. Mais on aura moins de points ", ajoute Mathijssen, Quel que soit le quadrillage du terrain, certains points restent immuables. Mathijssen privilégie le surnombre dans l'entrejeu et évolue avec un seul avant spécifique. C'est peu, d'autant plus que le noyau ne recèle aucun buteur patenté. " J'ai choisi d'avoir un noyau étoffé plutôt que de disposer d'un joueur de classe. Je peux ainsi choisir l'avant-centre en fonction des paramètres de la rencontre. Si je recherche la profondeur, je vais opter pour Orlando. Je sais qu'il aime également redescendre dans le jeu pour se donner de l'espace. Si par contre, je veux un pilier, je vais me tourner vers Izzet Akgül ". Depuis le mois de novembre, Mathijs- sen a souvent retenu cette dernière option. Akgül agit comme un déménageur et sert de pivot pour ses coéquipiers. Mais ses quatre buts en cinq matches ont masqué son inexpérience. Ce joueur vient de D3 et doit encore digérer le passage. Et s'il a bénéficié de l'effet de surprise lors de ses débuts, il est désormais attendu au tournant par ses adversaires. " Je vois que le regard des autres équipes sur moi a changé ", dit Akgül. " Je dois souvent me coltiner deux, voire trois défenseurs et je bénéficie de moins de liberté. A moi de m'adapter. Je sais que je ne pourrai plus galvauder les occasions que je me créerai. Mon rôle : c'est marquer des buts ". C'est normal pour un attaquant mais c'est en partie inexact. " Ce n'est pas grave s'il n'inscrit plus de goals ", précise Mathijssen. " Puisqu'il monopolise trois défenseurs et sert de point d'appui pour les autres. A eux d'en profiter et de s'engouffrer dans les espaces. Rune Lange fait la même chose à Bruges ". Voilà donc la véritable mission du centre avant. " L'entraîneur me demande de harceler la défense ", poursuit Akgül. " Il avait fourni un programme à tout le monde. Moi, je devais garder la possession de balle, couvrir le ballon et aller au duel. Nulle part, il était écrit combien de buts je devais inscrire ". Il n'est donc pas étonnant de voir que le meilleur buteur carolo, Toni Brogno (sept buts), n'est pas le centre-avant mais un ailier qui profite du travail de sape d'Akgül ou Orlando. Dans ce système, le jeu doit nécessairement passer par les ailes. " Le milieu de terrain doit toujours avoir deux possibilités : s'appuyer sur l'avant-centre ou joindre les ailiers ", explique Toni. Car, tout doit partir des médians. En mettant l'accent sur le surnombre dans l'entrejeu, Ma- thijssen gagne la possession de balle. Il faut alors avoir des possibilités de faire quelque chose avec le cuir. D'où la nécessité d'avoir sans cesse deux ailiers à l'affût. " On insiste sur la récupération du ballon ", ajoute Brogno. " Ceux qui jouent sur les ailes doivent donc apporter leur contribution défensive. Je veille que mon back ne soit pas trop seul en lui prêtant main forte. Mais il faut aussi que je me libère pour que l'on puisse avoir une solution une fois le ballon récupéré. Il est primordial qu'il y ait toujours un homme libre dans l'entrejeu. Aux ailiers de décrocher quand ce n'est pas le cas ". Enfin, Mathijssen doit aussi garder l'équilibre de son équipe. Son système est souvent animé par Toni Brogno et Grégory Christ. Mais l'un est un ancien attaquant et l'autre un pur médian. Pour éviter tout décalage, Mathijssen fait permuter ses deux ailiers sans cesse au cours de la rencontre. " J'ai la chance de disposer de deux pions qui aiment jouer contre leur pied ( NDLR : se positionner sur le flanc contraire à leur bon pied pour rentrer dans le jeu). Ils peuvent donc évoluer sur n'importe quel flanc ", analyse l'entraîneur. Mais cela ne garantit pas une animation offensive efficace. Car si les ailes sont bloquées, le centre-avant ne peut rien faire. Face à un marquage serré, il est tributaire des centres pour placer sa tête. Il doit aussi pouvoir s'appuyer sur les ailiers pour se défaire de son marquage. " Il ne faut pas oublier que mon attaque était inconnue en début de saison. J'avais un joueur qui venait de D3 (Akgül), un autre que l'on ne voulait plus à Westerlo (Brogno), un Brésilien (Orlando) et l'on sait toute la difficulté pour eux de s'adapter à la Belgique, et un joueur de D4 française (Christ) ", argumente Mathijssen. La relative discrétion des attaquants s'explique également par leur inexpérience. Si Akgül avait donné l'impression d'avoir avalé très facilement les deux divisions d'écart. Il subit seulement le contrecoup. Orlando et Ousmane Bangoura découvrent l'hiver européen. Seul Brogno sait gérer une saison complète à ce niveau. Et même si Mathijssen dit avoir opté pour la quantité, les solutions de rechange ne sont pas légion. " Quand cela marche moins bien, c'est à moi de protéger mes joueurs ", affirme Mathijssen. " Je leur dit û Rappelle-toi pourquoi tu es dans l'équipe et quelles sont tes qualités. Un jour ou l'autre, la forme revient. Je suis beaucoup moins présent quand tout fonctionne. Mais je reste persuadé qu'on ne peut pas tout prévoir. Quand c'est écrit, cela doit arriver. Au Lierse, cela n'a pas voulu rentrer. Tant pis, dans une autre rencontre, cela passera ". Enfin, Mathijssen prend parfois Bruges comme comparaison (un pivot, deux ailiers) mais les Blauw en Zwart sont bien plus offensifs. " C'est une question de niveau et de qualité de noyau ", se défend le Limbourgeois. " La force d'une équipe lui permet de jouer plus haut. Ce n'est pas pour rien qu'ils vont être champions. Nous sommes obligés de nous doter d'une base défensive ". Stéphane Vande Velde " Au deuxième tour, on marquera plus et on encaissera moins. Mais ON AURA MOINS DE POINTS " (Jacky Mathijssen)