Pourquoi ils vont la gagner

En 2013, un grand gardien belge avait empêché Victor Valdés de réaliser un quintuplé historique au Trofeo Zamora, alors que le gardien du Barça pouvait devenir pour la cinquième fois consécutive le gardien le moins franchi de Liga au bout de la saison. Sept ans plus tard, le même géant du Limbourg a changé de maillot, mais a privé un rival du même exploit. Depuis quatre saisons, Jan Oblak était le patron du Zamora. Le symbole de l'organisation défensive rigoureuse et passionnée à laquelle revient systématiquement Diego Simeone, mais aussi le signe du talent exceptionnel du Slovène, sans doute le meilleur gardien du monde quand il s'a...

En 2013, un grand gardien belge avait empêché Victor Valdés de réaliser un quintuplé historique au Trofeo Zamora, alors que le gardien du Barça pouvait devenir pour la cinquième fois consécutive le gardien le moins franchi de Liga au bout de la saison. Sept ans plus tard, le même géant du Limbourg a changé de maillot, mais a privé un rival du même exploit. Depuis quatre saisons, Jan Oblak était le patron du Zamora. Le symbole de l'organisation défensive rigoureuse et passionnée à laquelle revient systématiquement Diego Simeone, mais aussi le signe du talent exceptionnel du Slovène, sans doute le meilleur gardien du monde quand il s'agit de sortir une parade miraculeuse à même la ligne. S'ils n'ont pas fini la saison avec la meilleure défense d'Espagne, les Colchoneros sont toujours bien présents à l'heure de défendre un résultat jusqu'au bout de leurs forces. Entre la Liga et l'Europe, ils ont accroché la Juve, le Real et le Barça cette saison, et montent en puissance depuis le passage en 2020. En toute discrétion, à l'ombre des exploits du voisin blanco, les hommes d' El Cholo restent sur une série de dix-huit matches consécutifs sans connaître la défaite. Portés par le retour énergique de Yannick Carrasco, capable de créer le danger à lui tout seul, mais surtout par la révélation des talents de buteur de l'ancien milieu défensif Marcos Llorente (cinq buts et autant de passes décisives sur ses seize derniers matches), les Colchoneros ont face à eux un tableau dégagé des routiniers de la compétition. Et en nonante minutes, ils sont capables de tout. Est-ce une forme de désespoir, de résignation à la fatalité après les finales perdues de 2014 et 2016 ? Quand le président de l'Atlético, Enrique Cerezo, prend la parole devant les micros de la radio Onda Cero, sa requête sent autant l'opportunisme que le malaise : " Dans le scénario d'une annulation des rencontres suite au coronavirus, le champion devrait être celui qui a battu le vainqueur sortant. " Un trophée brandi suite à une victoire en huitièmes de finale, il fallait y penser. Peut-être le patron des Colchoneros craint-il de trébucher une nouvelle fois sur la dernière marche, a priori accessible grâce à un tableau qui semble bien dégagé pour ses hommes ? Ou peut-être, justement, réalise-t-il que ce quart de finale contre Leipzig, où son Atlético devra endosser le costume du favori, a tout du piège pour une équipe qui a surtout brillé dans le rôle de l'outsider ces dernières années. Orphelin d' Antoine Griezmann, parti à Barcelone et remplacé par un João Félix qui n'a pas encore pu justifier son prix d'achat exorbitant, Diego Simeone a sans doute entre les mains le secteur offensif le moins brillant de ses années madrilènes, incarné par un Diego Costa qui met de plus en plus de coups, mais de moins en moins de buts. Et comme s'il fallait encore corser le tout, le coach argentin devra composer sans la ferveur de son public, qui a souvent permis à l'Atlético de créer les exploits les plus fous sur la grande scène continentale.