Pourquoi ils vont la gagner

Parce qu'on rêve tous secrètement de la belle histoire. Celle d'un club issu d'une ville de 120.000 habitants, avec une masse salariale de 36 millions d'euros, qui met au tapis le gigantisme parisien. Loin d'être impossible, tant aucune limite ne semble être placée sur la route des records de l'Atalanta. Après s'être qualifiés pour les quarts de finale, tout le monde pensait que la reprise, au sein d'une région très touchée par le coronavirus, leur serait préjudiciable. Pourtant, seul le Milan AC a pris plus de points dans le sprint final du Calcio. La troisième place de la saison dernière, offrant une qualification historique pour...

Parce qu'on rêve tous secrètement de la belle histoire. Celle d'un club issu d'une ville de 120.000 habitants, avec une masse salariale de 36 millions d'euros, qui met au tapis le gigantisme parisien. Loin d'être impossible, tant aucune limite ne semble être placée sur la route des records de l'Atalanta. Après s'être qualifiés pour les quarts de finale, tout le monde pensait que la reprise, au sein d'une région très touchée par le coronavirus, leur serait préjudiciable. Pourtant, seul le Milan AC a pris plus de points dans le sprint final du Calcio. La troisième place de la saison dernière, offrant une qualification historique pour la phase de poules de la Ligue des Champions, a été égalée, avec encore plus de buts marqués. Tout ça grâce au credo du coach Gian Piero Gasperini, toujours désireux de marquer un but de plus que l'adversaire, et souhaitant faire jouer ses hommes comme une grande équipe malgré l'absence de grands noms. Jouer contre l'Atalanta, c'est comme aller chez le dentiste, explique d'ailleurs un coach concurrent : tu sais que tu vas passer un mauvais moment. Au sein d'un noyau restreint, dont tous les éléments semblent impliqués même quand ils restent écartés du onze de base, chaque joueur semble capable de livrer des prestations exceptionnelles dès qu'il est envoyé sur le terrain. Les recrues, même débarquées à coups de millions, n'ont pas de passe-droit. Transfert phare de l'été dernier, Ruslan Malinovskyi a dû patienter avant de s'imposer dans l'équipe, pour finalement exploser ces dernières semaines. Parce que Josip Ilicic ne sera pas là. Jusqu'en février, le trentenaire slovène était le meilleur joueur du compartiment offensif, mais il n'est plus que l'ombre de lui-même depuis la reprise, suite à des moments difficiles sur le plan personnel. À tel point qu'au coeur du mois de juillet, après le match face à la Juve, le club l'a envoyé en Slovénie pour retrouver la quiétude qui l'avait quitté à Bergame. " Ilicic est pour nous ce que Romelu Lukaku est pour l'Inter, ce que Paulo Dybala est pour la Juve ", explique Gasperini, qui ne compte plus sur son spectaculaire gaucher cette saison. Pour porter son secteur offensif, l'Atalanta devra donc compter sur les coups de génie d'un autre trentenaire : l'Argentin Papu Gomez, maître à jouer des Nerazzurri depuis de nombreuses années, et qui a encore facturé 18 assists cette saison. Avec son tempérament résolument offensif, l'Atalanta prend forcément des risques derrière, et c'est là qu'il est le plus friable, par rapport à la plupart des concurrents encore en course. Tant que vous marquez un but de plus, cela tient la route, mais sera-ce encore possible à ces hauteurs de la compétition, où ce sont les individualités d'exception qui gagnent souvent les matches ? Pas de Cristiano Ronaldo ou de Kevin De Bruyne dans le ciel bergamasque, ni d'expérience de si grands rendez-vous, sur la route d'un trophée qui se gagne parfois aussi avec des nerfs d'acier pour survivre à la pression qui augmente en même temps que le chronomètre avance.