Pas demain, bien qu'on hurle au chamboulement historique : une expérimentation n'est pas une révolution, quelque chose qui pète au grand jour ! Ici, ce n'est qu'une bonne nouvelle pouvant aboutir à moins de bordel, mais en 2020 au plus tôt ! La frustration de non-appui sur la vidéo est pourtant généralisée, pour preuve ces TREIZE fédés candidates pour essuyer les plâtres expérimentaux !
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Pas demain, bien qu'on hurle au chamboulement historique : une expérimentation n'est pas une révolution, quelque chose qui pète au grand jour ! Ici, ce n'est qu'une bonne nouvelle pouvant aboutir à moins de bordel, mais en 2020 au plus tôt ! La frustration de non-appui sur la vidéo est pourtant généralisée, pour preuve ces TREIZE fédés candidates pour essuyer les plâtres expérimentaux ! Bref, on y arrivera, mais une fois de plus le Board s'est montré timide, voire trouillard. Timide dans les délais, d'abord. L'essai pourrait ne commencer qu'en 2017/18, durant deux saisons dont la première off-line : l'arbitre n'y serait pas encore en contact avec le gars qui zyeute l'écran (1), autant dire un coup d'épée dans l'eau... Se magner le popotin, c'était exiger des fédés candidates qu'elles répondent à un cahier de charges dans les trois mois, et qu'une d'elles au moins preste on-line dès 2016/17 ! Timide sur le fond, surtout, puisque le but n'est d'éviter les erreurs que dans quatre situations prétendument décisives. Un, l'erreur d'identité : mouais, mais c'est plus anecdotique que réellement décisif. Deux, but ou pas but : ça, c'est la Goal line technology déjà d'actualité... pas vraiment un scoop ! Restent les penaltys et les cartons rouges directs : là, bravo, se donner le temps de ralenti ou de replay ne peut que diminuer le nombre de conneries. MAIS ça ne gommera pas toutes les polémiques, tant que les textes de loi ne seront pas plus clairs : la récente acrimonie de Felice Mazzù (qui comparait deux hands en sliding-taclant, jugés différemment dans le rectangle) relève d'une interprétation de l'intentionnalité, bien davantage que d'une vision claire de la phase. Et la différence de couleur entre une faute sans carton, avec carton jaune ou avec carton rouge repose sur une estimation de dangerosité : qui varie aujourd'hui selon l'émotivité du siffleur (2)...demain aussi sur celle de son VAR (3) ! Un Board timide enfin, honteusement, par son refus d'inclure le hors-jeu dans l'expérimentation, sous prétexte de laisser au ref sa possibilité d'interpréter. Aïe ! Aïe ! Aïe ! Jésus, Marie, Joseph ! Et ça, la veille même du jour où le but de Jean-Luc Dompé à Standard-Genk nous fournit la preuve formelle qu'une assistance vidéo eût permis d'invalider ce but sans polémique aucune, et d'éviter le méga-boxon ! Même si le hors-jeu pose un second problème, que ne clarifiera pas le VAR devant sa TV : celui où, effectivement, l'arbitre interprète la participation active de tel et tel... Ah, l'interprétation arbitrale ! Elle a ses chantres, tel notre Marcel Javaux, qui la baptisent beauté de l'arbitrage, outil par lequel le siffleur s'érige en créatif, presque en artiste... Pas d'accord, Marcel, c'est un chancre à réduire au maximum, on ne peut pas à la fois prôner l'uniformisation et revendiquer l'interprétation ! Faudrait que tu lises le papier de Jan Hauspie dans le Foot Mag néerlandophone du 20 janvier : il y fait parler Jef Brouwers, psychologue du sport en charge de nos arbitres d'élite, lui-même ancien arbitre et encore examinateur au CP d'Anvers. Pour Brouwers, l'arbitre est le gendarme du foot, appliquant sans états d'âme des Lois du Jeu qu'il connaît sur le bout des doigts, s'y référant exclusivement pour chaque décision prise, tâchant par elles de se justifier quoiqu'elles soient parfois peu claires. Et tout cela sans se targuer de charisme, d'humanité, de psychologie, ni même d'expérience : prétentions qui, à long terme, n'amèneront au ref que reproches, critiques, voire danger d'asile ! Le carton rouge, il doit le brandir selon la loi, puis en noter la raison dans son rapport : et laisser l'interprétation à la cour de justice qui sanctionnera ensuite ! Voilà bien un autre son de cloche : Marcel ou Jef, faut choisir ! Perso, je choisis le son de Jef que je ne connais pas. Sorry, Marcel. (1) Ce sera qui : l'actuel dénommé 4e arbitre... ou un 7e en sus des 6 autres ? ! (2) Expliquer à Marc Delire que celui d'Athènes était un non-émotif d'anthologie ! (3) Video Assistant Referee, va falloir nous habituer à l'acronyme officiel ! PAR BERNARD JEUNEJEAN