Les flonflons de la fête sont oubliés : ce retour en D1 n'a rien de comparable avec celui de 1985. Au c£ur des eighties, les Zèbres sont poussés par un immense optimisme régional. En dirigeants éclairés, Jean-Paul Spaute et Gaston Colson apportent un soutien efficace à leur coach, André Colasse.
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Les flonflons de la fête sont oubliés : ce retour en D1 n'a rien de comparable avec celui de 1985. Au c£ur des eighties, les Zèbres sont poussés par un immense optimisme régional. En dirigeants éclairés, Jean-Paul Spaute et Gaston Colson apportent un soutien efficace à leur coach, André Colasse. L'actualité est bien différente : les Carolos ont largement dominé leur sujet en D2 avant d'être ensevelis sous les problèmes de tous ordres. La bourse des Hennuyers est trop plate pour remplir leur cabas au marché des transferts, le président Abbas Bayat a passé ses vacances à chercher un repreneur, l'effectif a été confié aux bons soins de Mario Notaro avant l'arrivée, en vue des trois coups du championnat, d'un duo : un jeune coach néophyte en D1 ( Yannick Ferrera) et un directeur tellement attaché à ce club, Luka Peruzovic. Le défi est difficile car le club du Pays noir broie du... noir. Auteur d'une bonne saison en 2011-2012, le gardien de but français Stéphane Coqu s'est régulièrement frotté à Bayat, entre autres lors de l'injuste mise à l'écart de Tibor Balog. Coqu en a eu assez de ces tensions, de l'avarice présidentielle et a rompu son contrat : les Carolos ont perdu un caractère et un leader. Sa place a été prise par Parfait Mandanda, le frère de Steve Mandanda de l'Olympic de Marseille. Fils du club, CyprienBaguette présente aussi des arguments intéressants pour ce poste à hautes responsabilités. Elvedin Dzinic et Mijusko Bojovic composent le centre de la défense des Zèbres : c'est du solide, de la hargne, de la taille. Mais l'absence de l'un ou l'autre peut donner des cheveux blancs au staff technique. Sur les côtés, il n'y a pas beaucoup de monde avec Francisco Javier Martos, Matan Ohayon, Jean-Christophe Vergerolle, etc. Charleroi a gagné toutes ses grandes batailles du milieu de terrain en D2. L'élite, c'est évidemment une autre paire de manches, même si les certitudes de ce secteur ont un passé au plus haut niveau belge. Le gros du travail de récupération est confié à Tormena Ederson et Abraham Kumedor. Ils s'attendent à avoir du pain sur la planche. La création est confiée à Onur Kaya, très actif, et à Hervé Kage. Ce dernier est pétri de talent mais ne peut plus se permettre un séjour derrière les barreaux. Sa place est sur le terrain. Danijel Milicevic apporte sa science du jeu, son coup de patte et son esprit positif. Mais dans ce secteur aussi, les Sportingmen ont besoin de sang neuf pour être dignes du niveau de la D1. Sans cela, ils risquent de se retrouver sans arguments en cas de blessures et de suspensions. En D2, les Hennuyers ont présenté la meilleure attaque (+ 64 buts en 34 matches) et ses deux artificiers ont trôné en tête du classement des buteurs : Bison Gnohéré (+18) et Moussa Gueye (+17). Inutile de dire que cette production a facilité la vie des Zèbres. Il faut croire que la direction de Charleroi n'a pas retenu la leçon. Gueye a pris la direction de Metz où il travaille désormais sous les ordres d' Albert Cartier et de Dominique D'Onofrio. Après ce départ, plusieurs joueurs ont compris que " ce n'est pas rassurant ". Sans lui, le puissant Gnohéré porte tout seul le poids de l'attaque. Comble de malheur, blessé, Bison a fait l'impasse sur une partie de la campagne de préparation. La solitude de Bison futé est absolument effrayante. Sans nouveaux visages, l'attaque carolo ne peut pas trouver les bons itinéraires en D1. Charleroi se retrouve dans la peau d'un condamné à mort. Les problèmes sont terribles pour un effectif rikiki. Le président Bayat ne peut plus se contenter de ses coups de poker en attendant la venue d'un repreneur qui rendra de l'espoir au Matricule 22. PAR PIERRE BILIC