Anderson Luis de Souza, mieux connu sous le nom de Deco, aura vécu un Mondial tout en contrastes. Blessé aux adducteurs, il n'avait pas été partie prenante dans la première sortie contre l'Angola et s'était fait remplacer au poste de régisseur par Luis Figo. Contre l'Iran, pour les besoins du deuxième rendez-vous de l'épreuve, il avait donné le ton en ouvrant le score sur un tir imparable des 20 mèt...

Anderson Luis de Souza, mieux connu sous le nom de Deco, aura vécu un Mondial tout en contrastes. Blessé aux adducteurs, il n'avait pas été partie prenante dans la première sortie contre l'Angola et s'était fait remplacer au poste de régisseur par Luis Figo. Contre l'Iran, pour les besoins du deuxième rendez-vous de l'épreuve, il avait donné le ton en ouvrant le score sur un tir imparable des 20 mètres. Laissé au repos contre le Mexique, il fut pénalisé par la suite d'une carte jaune pour un tackle sévère sur Johnny Heitinga, qui se mua même en rouge lorsque le joueur repoussa le ballon au moment où l'un de ses adversaires allait s'en emparer. Suspendu contre l'Angleterre, Deco aura fait cruellement défaut à ses partenaires ce jour-là. Car en dépit de l'exclusion de Wayne Rooney, à l'heure de jeu, le Portugal ne fut pas capable, pendant le temps restant, de se créer la moindre occasion valable face à une équipe anglaise arc-boutée devant son goal. Or, ce génie créatif, le régisseur du Barça l'avait justement étalé, aussi bien contre l'Iran mais, surtout face aux Pays-Bas. Dommage, pour lui, que l'inspiration ait fait défaut face à la France, où il s'est retrouvé en tenaille entre Patrick Vieira et Lilian Thuram. Avec Luiz Felipe Scolari, Deco aura une consolation quand même : tous deux auront été les Brésiliens de souche à avoir duré le plus dans cette compétition. C'est d'ailleurs Big Phil qui, peu après son arrivée à la tête de la sélection portugaise en 2002, avait encouragé Deco à opter pour la nationalité portugaise. Celui-ci s'y était montré d'autant plus réceptif qu'il évoluait déjà depuis cinq ans au Portugal et que ses prestations, pourtant bonnes, n'avaient jamais suscité le moindre écho positif au Brésil. " Des Deco, j'en ai une vingtaine au pays ", s'était d'ailleurs exclamé un jour Carlos Alberto Parreira à son propos. Même si le coach brésilien s'est confondu en excuses par après, il n'en reste pas moins que Deco, demi-finaliste du Mondial, aura savouré une belle revanche en Allemagne. Evidemment, il manque le pompon. Ceci dit, la finale gagnée de la Ligue des Champions avec Barcelone contre Arsenal constitue plus qu'un pis-aller pour lui.