Déjà asservi au foot du week-end, je n'ai pas résisté davantage ces cinq dernières semaines à l'envahisseur midweek, qui me rivait à ma télé du mardi au jeudi : total, 16 directs in extenso et huit longs résumés ! Mon divan et moi avons adoré ces rendez-vous d'Europa League où Rouches et Mauves se succédaient au programme. Et en huitièmes de Ligue des Champions, nous n'avons rien loupé des huit soirées télévisées... qui n'étaient encore que quatre l'an dernier ! Mais est-ce bien raisonnable et quand s'arrêtera-t-on ? Même Jésus et sa multiplication des pains, c'est de la petite bière comparé à cette multiplication de matches à la télé ! Resterons-nous friands de foot le jour où cette télé ira jusqu'à nous vomir des ballons plein le salon ?
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Déjà asservi au foot du week-end, je n'ai pas résisté davantage ces cinq dernières semaines à l'envahisseur midweek, qui me rivait à ma télé du mardi au jeudi : total, 16 directs in extenso et huit longs résumés ! Mon divan et moi avons adoré ces rendez-vous d'Europa League où Rouches et Mauves se succédaient au programme. Et en huitièmes de Ligue des Champions, nous n'avons rien loupé des huit soirées télévisées... qui n'étaient encore que quatre l'an dernier ! Mais est-ce bien raisonnable et quand s'arrêtera-t-on ? Même Jésus et sa multiplication des pains, c'est de la petite bière comparé à cette multiplication de matches à la télé ! Resterons-nous friands de foot le jour où cette télé ira jusqu'à nous vomir des ballons plein le salon ? Des qualifiés pour les quarts, le Bayern fut le plus verni, favorisé à l'aller par un de ces buts dont raffole MichelPlatini (dû à une erreur arbitrale tellementhumaine... ), et au total par la règle des buts à l'extérieur (stupide, mais passée dans les m£urs). L'Inter fut le plus flippant tant son jeu, malgré ses stars et malgré coach José sa superstar, manque de séduction et regorge de vicelardise : ainsi Walter Samuel a-t-il crevé l'écran dans le rôle de la sangsue méprisable. Et trois qualifiés l'ont été sans le moindre petit coup de pouce du destin : Arsenal, Barcelone et Manchester Utd ont en effet atomisé leur adversaire au retour. Ce sont d'ailleurs les trois clubs européens actuels dont la circulation de balle est la plus plaisante à regarder. Hasard ? Dommage en tout cas que deux de ces trois-là soient opposés dès le tour suivant... Dommage surtout pour Arsenal, sans doute un petit cran en dessous du club catalan, mais si plaisant parce que si différent des autres géants ! Les autres alignent pas mal de stars transférées, le club londonien forme et révèle, alignant pas mal d'inconnus qu'il hausse lui-même au rang de stars : hier Ashley Cole ou Thierry Henry, aujourd'hui Cesc Fabregas ou Robin Van Persie, demain Thomas Vermaelen ou Alexandre Song... Les autres défenestrent leurs coaches à belle cadence, Arsenal garde Arsène Wenger depuis 1996... Les autres tentent d'offrir à leur public un minimum décent de joueurs autochtones, Arsenal à l'audace de ne présenter au sien qu'un Britannique en moyenne dans son onze de départ... Les autres bâtissent des noyaux qui ressemblent à des gares de triage, Arsenal ne jette jamais prématurément ce qui tarde à éclore : il a fallu du temps à Niklaas Bendtner, il en faut encore à Théo Walcott mais vous verrez, ça viendra... Les autres congédient leurs vieux, Arsenal va rechercher en D4 Sol Campbell, 36 ans, pour le parachuter en Champions's League... Les autres auraient pleuré de désespoir en comparant les exceptionnelles qualités physiques et techniques d' Abou Diaby à sa cervelle de format/petit pois, Arsenal parvient à faire grossir la dite cervelle, et je crois bien que Diaby devient phénoménal... Les autres tacklent et parfois blessent, Arsenal tackle aussi... mais c'est lui qui ramasse régulièrement la poisse, c'est-à-dire un tacklé blessé/longue durée plus souvent qu'à son tour : Diaby 2006, Eduardo da Silva 2008, Van Persie 2009, Aaron Ramsey récemment... Enfin, et c'est pour moi le grand mystère, si les autres sont géants avec dans leur but un gardien qui va de très valable à remarquable, Arsenal est depuis dix ans dans le top avec un dernier rempart qui foire plus souvent qu'il épate : David Seaman gaffait avant-hier, Jens Lehman gaffait hier, Manuel Almunia et Lukasz Fabianski m'apparaissent aujourd'hui dignes héritiers gaffeurs. Le recrutement de gardiens semble le talon d'Achille du professeur Wenger (lequel, curieusement, et alors qu'il recrute pourtant bon nombre de compatriotes, n'a jamais prospecté parmi les portiers français). J'dis ça, j'dis rien et, si Fabregas brandit en mai la Champions's League, c'est que je me serai drôlement gouré sur les remparts d'Arsène. l par bernard jeunejean"Le club londonien forme et révèle, alignant pas mal d'inconnus qu'il hausse lui-même au rang de stars."