A Charleroi, quand on parle transferts durant la période des Bayat, on évoque les coups fumants ( Joseph Akpala), le filon français qui leur a fourni les BertrandLaquait, MichaëlCiani, Majid Oulmers, Sébastien Chabaud ou Fabien Camus, et les bonnes idées (faire fi de la réputation de Geoffrey Mujangi Bia ou faire confiance à un Mboyo Peléqui sort de prison). Mais on oublie les innombrables coups dans l'eau. Car, en dix ans, certaines arnaques ont défilé au boulevard Zoé Drion. Et toujours avec des effets d'annonce inversement proportionnels aux qualités du joueur.
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A Charleroi, quand on parle transferts durant la période des Bayat, on évoque les coups fumants ( Joseph Akpala), le filon français qui leur a fourni les BertrandLaquait, MichaëlCiani, Majid Oulmers, Sébastien Chabaud ou Fabien Camus, et les bonnes idées (faire fi de la réputation de Geoffrey Mujangi Bia ou faire confiance à un Mboyo Peléqui sort de prison). Mais on oublie les innombrables coups dans l'eau. Car, en dix ans, certaines arnaques ont défilé au boulevard Zoé Drion. Et toujours avec des effets d'annonce inversement proportionnels aux qualités du joueur. Etonnant ? Pas vraiment. Dès que l'on sort de la France et de la Belgique, où Mogi Bayat et ses réseaux sonnaient le rappel avant que Raymond Mommens ne valide l'expertise, la politique de transferts carolo est beaucoup plus aléatoire. Elle dépend de coups, de la force de persuasion des managers et de la plus-value espérée. Ainsi, à l'heure où de nombreux inconnus israéliens ( Tamir Calahon, David Biton et Matan Ohayon) débarquent, tous amenés par le même manager, revenons sur les principaux coups foireux des Zèbres, en ne souhaitant pas aux nouveaux venus de suivre leurs traces... Le Finlandais était annoncé comme un buteur. Même profil que Cyril Théréau mais avec la finition en plus. A tel point que le site officiel du club n'hésita pas à le présenter comme " le Ruud van Nistelrooy de Finlande ". Au Sporting, personne n'a rien vu de cela. Personnage sympathique, Hermani Vuorinen se mue sur le terrain en un joueur pataud, peu mobile, fruste techniquement et surtout très, très, très maladroit devant le but. Ses statistiques faméliques (1 but) alors qu'il est titulaire parlent contre lui. A tel point que Vuorinen a été nominé au Soulier de Plomb, qui récompense le plus mauvais joueur de l'année. Les internautes du site footgoal.net ne sont pas vraiment tendres envers le Finlandais : " La mauvaise blague de l'année " " Le Ruud van Nistelrooy finlandais ? Comme quoi ça ne porte pas chance d'arriver avec un joli surnom " " Vuorinen ? Il joue où ? " " En Finlande, je marquais à pratiquement chaque match. " Soit le championnat finlandais est très faible, soit le jeu pratiqué par Charleroi ne lui convient pas. Comme il n'y a pas de jeu à Charleroi pour le moment... Au fait, Vuorinen avait déjà connu l'exil à l'étranger en 2003-2004. A l'époque, c'est le Werder de Brême qui était tombé dans le panneau. Pour un résultat encore plus désastreux : 0 minute disputée avec le club hanséatique. Il fallait quelqu'un à droite et voilà que débarque un illustre inconnu israélien. Affublé d'entrée de jeu de " nouveau Frank Defays ", Eitan Tibi n'a jamais semblé se rapprocher de son illustre prédécesseur. Même le Defays de la dernière saison au Sporting allait plus vite que Tibi. Point de vue placement, c'est zéro. Point de vue relance, c'est encore pire. Les adversaires l'ont compris. Quand Tibi est aligné, tout le monde passe par là. C'est le chemin le plus facile pour arriver au but. Pas avare en erreurs, Tibi a déjà coûté quelques points au Sporting. Et quand un tel joueur arrive en Belgique, on entend souvent - Ne venez pas me dire qu'on n'en trouve pas un pareil chez les jeunes. Ben si. Et moins cher d'ailleurs ! Même son entraîneur l'a compris, lui qui titularise désormais le jeune Samuel Fabris. Il ne pourrait pas faire pire. Manifestement, les performances de Tibi n'ont pas dégoûté le président Bayat d'aller faire ses emplettes en Israël. 23 apparitions lors de la saison 2007-2008. Un attaquant. Pas un but. Tout est résumé dans cette statistique. Amené par le même manager que celui de Cyril Théréau, Michaël Ndri ne connut pas la même réussite. Issu de la filière du sud de la France, activée assez souvent par Mogi Bayat, l'attaquant qui avait alors 22 ans restait sur une belle saison avec Toulon (huit buts et huit assists) mais au Sporting, il a toujours semblé trop court. Et contrairement à d'autres, il a reçu sa chance. Son apathie devant le but a fini par agacer les plus fervents supporters qui se mirent à la recherche, sur youtube, de buts marqués par Ndri. On ne peut pas dire que ça ait fini par les rassurer car ils ont mis un certain temps à en trouver la trace. Les dirigeants qui lui avaient offert deux ans de contrat ne mirent pas longtemps à se rendre compte de leur erreur puisque l'été suivant, le contrat fut rompu. Comme quoi un échec à Charleroi ne signifie pas spécialement le bout du chemin. Ndri a réussi à dégoter un transfert à Al-Ittihad où il resta deux ans avant de signer à Dubai (promu de la ligue des Emirats Arabes Unis). Arrivé en janvier 2005, il devait casser la baraque. Meilleur que Bertrand Laquait, Grégory Christ ou Majid Oulmers disait-on alors. Pourtant, son instabilité prédisait déjà un échec. A 25 ans, il brûlait avec Charleroi sa dernière cartouche puisque les années précédentes, il avait changé de clubs à quatre reprises (Racing de Paris, Gueugnon, Créteil et Istres où il n'avait plus joué pendant six mois). Bref, cela ressemblait à s'y méprendre à ces transferts quitte ou double dont Charleroi a le secret. " Si ça marche, tant mieux, si ça foire, cela ne nous aura quand même pas coûté grand-chose. " Adage sage tant qu'on n'en fait pas une politique de transferts ! Car Théophile a marqué une rupture dans la politique de transferts carolo. Jusqu'alors, le filon français ressemblait à l'eldorado. Beaucoup de réussites à bas prix. A partir de Théophile, la source va se tarir ( Habib Habibou et Fabien Camus étaient arrivés six mois plus tôt) et les échecs vont devenir beaucoup plus nombreux (à part Théréau) que les réussites. Zulte Waregem et Mons allaient notamment avoir beaucoup plus de nez que Charleroi. A Charleroi, Théophile n'a jamais eu voix au chapitre, confiné à un rôle de remplaçant puis stoppé par une blessure aux quadriceps. Au point que la DH n'hésita pas à écrire, plus d'un an après son arrivée : " Pour le service blanchisserie du Mambourg, le numéro 19 ne représente guère de travail. " A sa décharge, Théophile est arrivé à Charleroi à un moment où l'équipe tournait particulièrement bien. S'il avait évolué ces deux dernières saisons, nul doute qu'il aurait acquis un statut de titulaire. " Je suis très calme. Trop calme. C'est ce qu'on m'a reproché dans tous les clubs où je suis passé ", déclarait-il en 2006. Tellement calme qu'on ne s'est pas aperçu qu'il était là. Parti en juin 2006, il a continué à écumer les clubs (cinq en quatre ans !), passant même en D2 grecque (PAE Asteras Tripolis) et aboutissant finalement à l'AS Plailly (ligue interdistricts, soit l'équivalent français de la huitième division). Avec ce médian défensif/défenseur central, la poudre aux yeux est venue de son club formateur. S'il venait de Lille, réputé pour son centre de formation, c'est que ce joueur ne manquait pas de potentiel. Sauf que si Lille le prête deux ans à Charleroi (avec une saison l'année d'avant au Havre), c'est peut-être que les Dogues ne sont pas pressés de le revoir dans l'effectif pro... Et à Charleroi, il n'a pas que des fans. Réputé pour son engagement (ce qui aurait dû lui fournir un a priori positif aux yeux des supporters), il aurait pu s'en sortir au sein d'une formation qui a bien besoin de révolte. Pourtant, ses erreurs individuelles, son approximation dans le placement et son trop-plein d'engagement (ce qui lui a valu quelques cartons rouges à des moments inopportuns) ne le placent pas dans le c£ur des fans. Ses entraîneurs, au contraire, que ce soit Tommy Craig ou Czaba Laszlo, lui ont toujours fait confiance (il n'a raté que deux matches cette saison). Mais a-t-il le niveau de la D1 ? " Il n'a pas réussi. On n'en voulait plus et voilà qu'il revient par le soupirail ", nous lâche un supporter. C'est la preuve de l'inconsistance du discours du Sporting mais également de la difficulté qu'a éprouvée le club, cet été, à trouver des joueurs. Finalement, le RCSC a dû se rabattre sur des joueurs qu'il ne voulait plus. S'il y a bien un poste sur lequel Jacky Mathijssen s'est heurté, c'est bien celui de back gauche. Dans un premier temps, il fit appel à Loris Reina, dont les centres et la justesse des frappes arrêtées lui permettaient de rester dans le onze de base. Mais Mathijssen cherchait un meilleur arrière gauche. Quand le Sporting transfère Varga, il croit l'avoir trouvé. Le capitaine slovène du NK Domzale rallie le Sporting en juillet 2005, en prêt. Mathijssen y croit, le titularise à de nombreuses reprises mais Varga est lent et n'a pas la qualité de centres de Reina, qui prendra finalement le dessus et retrouvera ses galons de titulaire. A l'issue de la saison, Varga retourna en Slovénie, avant de revenir l'espace de quelques mois à Roulers, en 2008. Sans plus de succès d'ailleurs. Le fameux extra-terrestre encensé par Mogi Bayat. A force d'entendre de tels compliments, le joueur colombien a commencé à y croire et lorsqu'on le voyait sur la pelouse, on percevait un joueur qui voulait tout faire tout seul. A voir son parcours (réussite à Monaco, puis transfert à Galatasaray), Mogi n'avait peut-être pas tout à fait tort mais il n'aurait pas dû le dire, faisant d'un joueur qui avait tout à prouver un phénomène déjà existant. Or, Thierry Siquet a dû gérer un caractériel, protégé de surcroît par la direction. L'entraîneur d'alors n'avait pas hésité à le placer sur le banc, Pino ne respectant jamais les consignes et ne s'insérant jamais dans le collectif. Cette décision avait sans doute joué, quelques mois plus tard, dans le licenciement de Siquet, dont l'insubordination n'avait pas plu en haut lieu. Pourtant, Pino est sans doute un des meilleurs joueurs passés par Charleroi, ces dernières saisons. Sa technique valait à elle seule le détour mais jamais le Colombien ne s'est adapté à Charleroi. Voilà l'exemple-type du joueur brûlé par des déclarations grotesques avant même d'avoir débuté. C'était en août 2009. Sans doute le transfert le plus bizarre de Charleroi. Ce jour-là, on a su que les Zèbres étaient passés à la mondialisation. Car personne n'aurait pensé un jour voir un Omanais au boulevard Zoé Drion. Ce transfert mystérieux (un attaché de l'AWEX avait appelé le président Bayat qui avait lui-même conclu l'affaire) ne ressemblait pas à grand-chose. En même temps, on avait déjà eu droit à du bizarre qui tournait en réussite (Mboyo Pelé). Et il n'a fallu que deux matches pour se rendre compte que celui qui provenait du championnat qatari avait de l'or dans les pieds. Pourquoi n'a-t-il pas réussi ? Mystère. Comme tout dans ce transfert. Car, cela semblait bien parti mais Hosni manquait de régularité et de capacité d'adaptation. Jamais il n'a semblé à l'aise loin de son pays pour lequel il avait pourtant marqué à 32 reprises en 52 sélections. A chaque retour au pays, il éprouvait du mal à revenir en Belgique. En janvier, le Sporting lui permettait de négocier avec Al-Rayan. En juillet dernier, le nom d'Hosni est réapparu comme transfert possible. Mais cela ne relevait que de la rumeur. Dommage, on aurait bien voulu voir ce que l'épanouissement d'un tel talent aurait pu donner. A 26 ans, Brice Jovial éclate cette saison au Havre, en Ligue 2. Lui qui s'est vautré en Belgique, a mis trois ans à s'en remettre. Un passage à Moissy, un autre à Beauvais où il retrouve ses sensations et une éclosion définitive au Havre (10 buts depuis l'entame du championnat). En Belgique, on retiendra un caractère de chien, des coups de gueule et de sang dans le vestiaire (dont une bagarre avec Thibaut Detal), deux buts (quand même), une certaine vitesse mais surtout un grand gâchis. Le Sporting pensait le relancer en le prêtant à Namur mais là, il s'est fait la malle après un match à Eupen. Surnommé whisky-coke, il a davantage presté dans les boîtes de Charleroi que sur le terrain. A la fois amuseur public et grande gueule du vestiaire, il mettait de l'ambiance ou détournait ses coéquipiers de la vie professionnelle, selon le point de vue derrière lequel on se place. Forschelet, médian défensif arrivé de Suisse, aurait pu s'imposer. Dans un autre contexte (difficile de se faire une place dans l'effectif huilé de Mathijssen) et surtout avec un autre état d'esprit. Car il avait tendance à oublier que footballeur, c'est aussi un métier. Sa carrière parle d'elle-même : une bonne formation à Cannes, le summum à Bolton et puis une longue descente aux enfers avec Neuchâtel Xamax, Charleroi, Assyriska Föreningen (en Suède), Tubize. Actuellement, il évolue en P1 liégeoise, à Cité Sport, où il a signé récemment. A seulement 29 ans ! Peu de temps après son arrivée, Abbas Bayat décide de miser sur les talents de son pays. Sauf que de talent, ils n'en ont pas vraiment. Sur les quatre Iraniens qui signèrent au Mambourg, un seul apporta véritablement une plus-value : Dariusz Yazdani. Les trois autres avaient à peine leur place en D2. Pourtant Mohamed Reza Mahdavi et Ali Reza Emamifar ont coûté énormément d'argent. " J'ai amené ces joueurs en sachant qu'ils jouaient pour l'équipe nationale. Emamifar a joué de malchance en étant blessé. Mahdavi était peut-être trop gentil pour le football belge, pas assez agressif ", avouait Abbas Bayat quelques années plus tard. C'est déjà bien de le reconnaître. Et qui se souvient de Mehrdad Minavand (2 matches) ? Seulement les archives... Arrivé en même temps que Torben Joneleit, il n'aura pas connu le même parcours. Mais pourquoi diable l'a-t-on transféré ? Parce qu'il était grand et qu'avoir un Brésilien dans son noyau, ça fait toujours bien. Oui, mais prendre un Brésilien pour ses qualités physiques, cela fait déjà tiquer. Au moins, sur ce coup-là, le Sporting avait quand même pris ses gardes, en optant pour le prêt. Transféré de la Juventude, Marcelao (certains l'appelaient Marcelo et pendant six mois, personne n'a su comment il fallait l'appeler) n'avait aucune référence. " C'est un défenseur central droitier, il mesure 1m90 et vient du même club que Dante Bonfim. Il va nous apporter de la taille et de la concurrence dans le groupe ", expliquait Mogi à son arrivée. Tout est dit : il est grand et on ne compte pas vraiment sur lui. Sauf pour faire nombre... Ce qu'il a fait. On ne peut pas dire que la concurrence a vraiment tremblé. Aujourd'hui, après un passage en Grèce, il évolue à Sharjah (Emirats Arabes Unis). Lui aussi devait faire parler la poudre. Transféré de Cannes où Mogi a ses antennes, il n'a rien montré. Le Congolais a déjà mis plusieurs semaines à arriver en Belgique (la faute à son passeport). Six mois plus tard, il a pris la direction de Tubize. Son vrai niveau ?PAR STÉPHANE VANDE VELDE Vuorinen était surnommé le Ruud van Nistelrooy finlandais. A Charleroi, il n'a encore marqué qu'un but." On ne voulait plus de Franquart et voilà qu'il revient par le soupirail. " (Un supporter) Pino, c'est l'exemple-type du joueur brûlé par des déclarations grotesques avant même d'avoir débuté.