La septième victoire de Lance Armstrong dans le Tour de France est un événement tout à fait exceptionnel. Certes, tous les records sont faits pour être battus, mais celui-là, il n'est pas prêt de tomber. Les gens de ma génération n'auront plus que probablement pas la chance de connaître le cycliste capable de le détrôner.
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La septième victoire de Lance Armstrong dans le Tour de France est un événement tout à fait exceptionnel. Certes, tous les records sont faits pour être battus, mais celui-là, il n'est pas prêt de tomber. Les gens de ma génération n'auront plus que probablement pas la chance de connaître le cycliste capable de le détrôner. Bien évidemment, tout le monde félicite Lance, mais beaucoup d'observateurs s'interrogent sur la clarté des performances de l'Américain. Le cyclisme est l'un des sports les plus suspectés par le phénomène du dopage et ce n'est pas le nouveau record établi par Armstrong (près de 42 km/h de moyenne sur pratiquement 4.000 km, la barre des 40 km/h franchie pour la cinquième fois toujours par lui-même) qui va rassurer les sceptiques. Récemment, j'ai suivi une émission de la télévision française consacrée à Philippe Gaumont et à son livre racontant les problèmes rencontrés par rapport aux produits lors de sa carrière active. Il déclarait de vive voix qu'il s'était insurgé, du temps où il était encore actif, contre les propos d' Erwan Menthéour qui réglait ses comptes avec un milieu dont il s'était fait exclure. Et maintenant, Gaumont retrouve la mémoire et attaque le milieu cycliste qu'il a également quitté. Si ses récits actuels (il ajoute maintenant que la majorité du peloton prend du Prozac pour lutter contre la déprime) sont exacts, pourquoi accepter de rentrer dans un système et après le démolir dès qu'on n'en fait plus partie ? Le cyclisme lui a fait gagner sa vie et il en connaissait les règles ; il n'était pas obligé de les accepter ! Le dopage est de plus en plus présent dans le sport actuel de haut niveau mais est surtout beaucoup plus médiatisé. Les athlètes sont de plus en plus contrôlés mais malheureusement il existe maintenant des produits masquant certaines substances dopantes. Le football est également touché par le fléau mais de ma période active, je peux dire que je garde un souvenir d'un sport à grande majorité propre. Avant les matches, début des années 80, on nous donnait une pastille effervescente de Guronsan qui, quelques années plus tard, a été placé sur la liste des produits interdits. On l'a remplacé par un Redoxon (comprimé de vitamine C) et cela n'a jamais eu la moindre influence sur les performances puisque ce n'était pas de la dope. Par contre, dans un cas, j'ai connu un coéquipier hors forme qui, en 24 heures, a retrouvé toutes ses sensations et marqué 2 buts lors d'un derby. Mais cela restait un cas isolé et le foot, en tant que sport collectif, où la performance du partenaire a une importance considérable, est moins touché que les disciplines individuelles. Je ne peux affirmer que l'ensemble des coureurs du Tour de France bénéficie d'aides extérieures car je ne connais pas le milieu de l'intérieur. Je peux juste dire que moi, footballeur, après avoir joué en Coupe d'Europe le mercredi, j'étais incapable de rejouer un match du même niveau le jeudi et le vendredi. Cela dit, Lance Armstrong est et restera à tout jamais un champion exceptionnel dont la force de caractère n'est certainement pas la moindre de ses qualités. En tant que sportif, je ne peux qu'être admiratif face à de telles performances. Étienne DelangreAprès avoir joué en CE le mercredi, j'étais INCAPABLE DE REJOUER UN MATCH du même niveau le jeudi et le vendredi.