A force de nous gratifier de faux extra-terrestres et autres joueurs de réserves, on avait oublié que le système de prospection de Charleroi avait un jour sorti des Bertrand Laquait et Fabien Camus. Les dernières pioches ( Steeve Théophile, Jérémy Perbet, Brice Jovial, Michael N'Dri ou Hemza Mihoubi) n'avaient convaincu personne mais le nez des Bayat s'est remis à flairer le bon coup. Avec Mohamed Chakouri, le Sporting a clairement réalisé une bonne affaire lors du dernier mercato. En sept matches, le Français s'est forgé une place dans l'axe de la défense, arrivant même à pousser Laurent Ciman au poste d'arrière droit.
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A force de nous gratifier de faux extra-terrestres et autres joueurs de réserves, on avait oublié que le système de prospection de Charleroi avait un jour sorti des Bertrand Laquait et Fabien Camus. Les dernières pioches ( Steeve Théophile, Jérémy Perbet, Brice Jovial, Michael N'Dri ou Hemza Mihoubi) n'avaient convaincu personne mais le nez des Bayat s'est remis à flairer le bon coup. Avec Mohamed Chakouri, le Sporting a clairement réalisé une bonne affaire lors du dernier mercato. En sept matches, le Français s'est forgé une place dans l'axe de la défense, arrivant même à pousser Laurent Ciman au poste d'arrière droit. De la puissance dans les duels et une détente lui conférant un très bon jeu de tête sont ses qualités principales. " Je parle aussi beaucoup. J'aime bien m'imposer ". Et sa polyvalence (arrière droit ou central) plaît également énormément. " Oui, mais c'est dans l'axe que je me sens le mieux. Je vois le jeu. A droite, je dois participer offensivement mais mes qualités sont moins exploitées ". Chakouri est né à Arles de parents d'origine algérienne. " J'habitais à Mas-Thibert à une trentaine de kilomètres d'Arles. Dès mon plus jeune âge, j'ai été attiré par le foot. Là-bas, voiture ou pas voiture, on mettait deux t-shirts par terre pour faire les buts et on jouait sur la place ". Après avoir rallié le club de Saint-Martin de Crau, il file à 11 ans à Arles où il fait connaissance avec un certain... Fabien Camus. " On s'est retrouvé également ensemble au centre de formation de Montpellier. Après son départ, nous sommes restés en contact et quand mon agent m'a dit que Charleroi était d'accord pour un prêt, j'ai immédiatement appelé Fabien pour me renseigner sur la ville et le championnat belge ". Mais n'allons pas trop vite. Flash-back sur Montpellier : " Suite à un stage, Auxerre et Montpellier m'avaient courtisé et à 13 ans, je rejoignais le centre de formation. Ce sont les meilleurs souvenirs de ma vie. Comme tous les gosses, nous avions l'habitude de faire des bêtises et on en rigole aujourd'hui encore ". Avec Montpellier, Chakouri a franchi toutes les étapes : les jeunes, la CFA et la Ligue 2 : " J'ai été intégré au groupe pro lorsque Montpellier est descendu en L2. J'ai débuté avec Robert Nouzaret. Alors que j'avais été formé comme arrière central, c'est lui qui m'a lancé à l'arrière droit. Il m'a même fait évoluer à gauche. Je n'ai plus quitté l'équipe jusqu'à ce qu'il soit limogé en septembre 2004 ". Lui succède alors Jean-François Domergue, l'ancien joueur de Marseille. " Nouzaret ne mâchait pas ses mots. Il était direct et aimait bien aboyer. Domergue était beaucoup plus tranquille et travaillait beaucoup la technique ". Domergue resta deux ans et demi à Montpellier. Avant de passer le relais à l'emblématique Rolland Courbis. " Alors lui, c'est un vrai personnage médiatique. Lorsqu'il est arrivé, il n'y a jamais eu autant de monde à l'entraînement. C'est bien simple : c'était lui la star de l'équipe ". Courbis, c'est comme à la télé ? " Oui. C'est quelqu'un... du sud. C'est-à-dire ce type de personne qui chambre, qui a une forte personnalité. Le coach de Nice, Frédéric Antonetti est comme cela aussi. Même chez les jeunes, j'avais des entraîneurs de la sorte, des grandes gueules, des gens qui aiment beaucoup parler. Car, à Marseille, ça parle beaucoup ". Mais Courbis dans tout cela ? " C'était un fin tacticien et un superstitieux. Si on avait fait un karting avant une victoire, il était prêt à y retourner la semaine suivante. Lors des causeries, il n'arrêtait pas de sortir des métaphores marrantes. Il nous disait - Q uand une équipe a reçu une bosse, il faut lui remettre une bosse. Ou - Quand vous venez de marquer, il y a les embrassades et tout cela. C'est bien mais vous feriez mieux de sortir le fusil et d'achever vos adversaires ". Arrivé à quatre ren-contres de la fin de championnat (tiens à Charleroi, cela doit faire penser à quelqu'un ?), il extirpa Montpellier de la zone de relégation. Entre-temps Chakouri gravit tous les échelons des équipes de jeunes françaises. Champion d'Europe des - 19 ans avec la génération des Yoann Gourcuff (Milan AC), Yoan Gouffran (Caen), Younes Kaboul (Tottenham), Yohan Cabaye (Lille), Yassin Moutaouakil (Charlton) ou Djamel Abdoun (Sedan), il a remporté cet été le Festival des Espoirs à Toulon. " Comme j'avais réalisé un bon tournoi, j'ai reçu de nombreuses offres de clubs comme AZ, Sochaux, Strasbourg, Ajax mais Montpellier demandait une somme de transfert trop importante. Comme on avait dit à Courbis que j'étais sur le départ, il a donc composé sans moi. Finalement, je suis resté mais l'équipe était lancée et tournait bien. J'en veux un peu aux dirigeants car je sortais grandi du Festival. J'avais passé un palier. J'avais disputé 30 rencontres la saison précédente et du jour au lendemain, j'étais condamné au banc. Si c'était pour ne pas me faire jouer, j'aurais pu m'épanouir ailleurs dès l'été ". En décembre, les choses s'accélèrent. Montpellier accepte de prêter son défenseur au Sporting pour une durée de six mois (avec option d'achat). " J'avais besoin de temps de jeu. Notamment pour retrouver l'équipe de France Espoirs. Je suis arrivé en Belgique pour cela. Je me souviens de mon premier match : on recevait Westerlo. Il y avait un grand devant. Très, très grand ( NDLR : Bart Van den Eede). En France, on n'en trouve pas des grands pareils. Les attaquants sont plus petits et vifs. J'ai déjà remarqué deux choses dans votre championnat : il y a les équipes du bas de classement qui défendent et que Charleroi a du mal à contourner. En revanche, contre Anderlecht, Bruges ou le Germinal Beerschot, c'était plus facile. On peut dire que les équipes du bas sont du style de la Ligue 2 et celles du haut pourraient facilement jouer en Ligue 1. Westerlo ? Une bonne équipe de Ligue 2 mais difficile, très difficile à jouer ". Le voilà déjà au fait de notre compétition. Il retient le nom des joueurs qu'il a dû marquer. " A Westerlo, c'était Nabil Dirar. Je m'en suis bien sorti. Et contre Anderlecht, j'ai dû m'occuper de Stanislav Vlcek et puis de Luigi Pieroni. Au Germinal Beerschot, j'avais chargéSanharib Malki ". Il connaît déjà les carences de son club : " Charleroi a une bonne équipe mais manque de régularité. Enfin, il paraît que c'est l'habitude de la maison. On s'enflamme un peu vite après une victoire. En fait, pour remporter un match, il vaut mieux qu'on parte perdant que gagnant. Sinon, l'équipe ne manque pas d'atouts. Il y a Camus bien sûr. Cela faisait longtemps que je ne l'avais plus vu jouer mais il a progressé énormément. C'est un râleur mais un gros bosseur. C'est l'homme fort de l'équipe. Avec Majid Oulmers. Encore plus râleur que Camus. Lui, c'est exagéré ( il rigole) ". l par stéphane vande velde - photos: reporters/ hamers