LE JEU GUEULE DE BOIS

Quand l'équipe nationale joue, les rues de Buenos Aires sont désertes. La capitale héberge douze des vingt clubs de D1. Tout amateur de football doit choisir son camp : Boca Juniors ou River Plates, implacables rivaux. La police ne se risque même pas dans certains blocs, occupés par les pires hooligans.
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Quand l'équipe nationale joue, les rues de Buenos Aires sont désertes. La capitale héberge douze des vingt clubs de D1. Tout amateur de football doit choisir son camp : Boca Juniors ou River Plates, implacables rivaux. La police ne se risque même pas dans certains blocs, occupés par les pires hooligans. Les Gauchos n'ont plus été champions du monde depuis vingt ans et la main de Dieu mais ils font toujours figure de favoris du tournoi. L'Argentine a été la première qualifiée de son continent, en juin 2005, grâce à une victoire de prestige face au Brésil (3-1), sur des buts de Juan Roman Riquelme et Hernan Crespo. Le médian de Villarreal et l'avant de Chelsea, auteur de sept des 29 buts marqués en éliminatoires, sont assurés de leur place dans l'équipe de José Pekerman. Ils en sont les piliers. Le reste baigne dans le flou artistique. Une série de revers essuyés en automne a déstabilisé l'équipe. 52 % des Argentins sont d'ailleurs convaincus de l'élimination précoce de leur phalange en Allemagne. Carlos Tevez et Lionel Messi, une autre génération de grands talents piaffe aussi d'impatience. Mais reste à voir si le coach pourra compter sur son milieu. Auteur d'une brillante saison à Barcelone aux côtés de Ronaldinho, le jeune prodige n'est pas certain d'être en possession de tous ses moyens. Après refusé une première fois de diriger l'équipe nationale en 1998, il a accepté après le départ étonnant de Marcelo Bielsa en automne 2004. Mis à part six mois en tant que directeur général de Leganes en 2003, José Pekerman (56 ans) a occupé pendant 8 ans le poste d'entraîneur des - 20 ans argentins. Il a conduit les juniors au sacre mondial à trois reprises, a formé des joueurs comme Juan RamonRiquelme et Javier Saviola. Contrairement à son prédécesseur, qui prône un jeu agressif, Pekerman insiste sur le fair-play. Il a en fait rappelé des joueurs comme Esteban Cambiasso ou RodrigoPalacio, ce qui ne lui vaut que des critiques, car il a ainsi bouleversé la hiérarchie de l'équipe sans parvenir à en initier une autre. Le fils aîné d'une famille de dix enfants est considéré comme le successeur de DiegoMaradona. En 2001, lors des adieux de la légende, celle-ci, à sa sortie, à l'heure de jeu, a ôté son maillot. En dessous, un autre maillot floqué du numéro dix et de Ramon, le surnom du médian. Longtemps fidèle au championnat argentin, Juan Ramon Riquelme n'a rejoint Barcelone qu'après l'enlèvement de son frère Cristian en avril 2001. Louis van Gaal ne s'entendant pas avec cet homme introverti, il l'a prêté à Villarreal. L'association est un succès.