La démission de Tata Martino n'est pas vraiment une surprise du côté de Buenos Aires. Depuis la mort du président de la fédération argentine, Julio Grondona, deux semaines après la finale de la Coupe du Monde, en 2014, le football, là-bas, connaît une crise sans précédent. D'abord en coulisses, avec un organe devenu quasi ingouvernable suite à la lutte de pouvoir et aux affaires de corruption qui y ont sévi.
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La démission de Tata Martino n'est pas vraiment une surprise du côté de Buenos Aires. Depuis la mort du président de la fédération argentine, Julio Grondona, deux semaines après la finale de la Coupe du Monde, en 2014, le football, là-bas, connaît une crise sans précédent. D'abord en coulisses, avec un organe devenu quasi ingouvernable suite à la lutte de pouvoir et aux affaires de corruption qui y ont sévi. Le pouvoir décisionnel n'y repose, pour l'heure, dans les mains de personne, ce qui a engendré des difficultés dans le cadre de la récente Copa America : organisation caduque de matches amicaux en amont de l'épreuve et problèmes logistiques au sein même du pays organisateur : les Etats-Unis. Lassé à la fois par la déroute finale (sa 4e) face au Chili et par des problèmes de transport, avec des attentes interminables, Lionel Messi a préféré jeter le gant. Même si, à Buenos Aires, 60.000 personnes ont manifesté en rue pour qu'il revienne sur sa décision. Après la star de l'équipe, ce fut au tour de Tata Martino de suivre le même exemple. Pour lui, la goutte qui aura fait déborder le vase, ce fut en définitive la préparation aux Jeux olympiques de Rio, censée débuter lundi passé. En principe, l'Argentine aurait dû s'y présenter avec une 'dream team' afin d'engranger une nouvelle médaille après celles obtenues lors des épreuves de 2004 et 2008. PauloDybala, la jeune star argentine de la Juventus, avait d'ailleurs fait l'impasse sur la Copa America afin de se consacrer aux JO. Finalement, il est apparu que sur sa liste de 35 présélectionnés, la moitié des joueurs n'étaient pas disponibles. Le tournoi de football organisé dans le cadre des Jeux n'étant pas organisé par la FIFA, les clubs ne sont pas obligés de libérer leurs joueurs. La Juve s'est, ainsi, opposée à la mise à disposition de son joyau, imitée par d'autres clubs de renom en Europe. Un exemple qui a été suivi par les grands clubs argentins, les Boca Juniors notamment, en lice en Copa Libertadores cette semaine, et qui voulaient absolument compter sur toutes leurs forces vives. Idem pour le grand rival, River Plate, appelé à disputer la supercoupe sud-américaine au mois d'août et qui voulait pouvoir tabler, lui aussi, sur ses meilleurs. Confronté à ces désistements en masse et soucieux de ne pas faire piètre figure à Rio avec une équipe B, Tata Martino a donc jeté le gant à son tour. Reste à voir à présent qui, à moyen terme, dirigera la sélection. L'ancien international Julio Olarticoechea drivera l'équipe olympique à Rio. Après, il faudra faire vite. Car le 1er septembre, l'Argentine reçoit son voisin uruguayen, leader actuel des qualifications en Amérique du Sud. L'Argentine, elle, est 3e derrière l'Equateur. Seule consolation : le Brésil est loin des places qualificatives à ce stade de l'épreuve. Et là aussi, on attend la nomination d'un nouvel homme fort... PAR PETER T'KINT