Et dire qu'il y avait déjà de nombreuses personnes pour ne plus donner aux performances incroyables de Justine Henin et Kim Clijsters le retentissement qu'elles méritent. Après une petite année de domination mondiale, nos deux championnes étaient déjà régulièrement critiquées pour n'avoir pas, en certaines occasions, brillé de mille feux. Aujourd'hui, les esprits chagrins devraient commencer à se demander s'ils n'auraient pas dû profiter un maximum de ces neuf mois exceptionnels car, sans être exagérément pessimiste, on peut se demander quand Henin et Clijsters reviendront réellement sur le circuit et, surtout, dans quel état psychologique (et physique) elles effectueront leur retour. ...

Et dire qu'il y avait déjà de nombreuses personnes pour ne plus donner aux performances incroyables de Justine Henin et Kim Clijsters le retentissement qu'elles méritent. Après une petite année de domination mondiale, nos deux championnes étaient déjà régulièrement critiquées pour n'avoir pas, en certaines occasions, brillé de mille feux. Aujourd'hui, les esprits chagrins devraient commencer à se demander s'ils n'auraient pas dû profiter un maximum de ces neuf mois exceptionnels car, sans être exagérément pessimiste, on peut se demander quand Henin et Clijsters reviendront réellement sur le circuit et, surtout, dans quel état psychologique (et physique) elles effectueront leur retour. Une chose en tout cas est certaine : ni la première mondiale, ni la deuxième ne seront présentes à Wimbledon. Pour la Limbourgeoise, l'US Open est d'ores et déjà à rayer du calendrier (sauf revirement peu probable) car elle s'est fait opérer du kyste au poignet qui la handicape depuis des semaines. Or, cette opération nécessite une rééducation de trois mois, et il y a fort à parier que, non seulement, Kim n'ira pas à New York mais qu'en plus, elle ne devrait pas avoir la possibilité de se qualifier pour le Masters qu'elle a remporté l'an dernier. On imagine sans peine les dommages que cela pourra avoir sur son mental. Car, on l'a déjà écrit en ces colonnes, Kim Clijsters n'est pas comme Justine, obnubilée par son tennis. Elle adore la vie et se sent parfaitement heureuse auprès des siens et de son fiancé. Ce qui veut dire que, pendant des mois, elle va se rendre compte que la vie est finalement bien agréable lorsque l'on n'est pas obligée de s'entraîner tous les jours. Comme, financièrement, elle n'a aucun souci à se faire, on ne peut garantir ici qu'elle retrouvera une motivation intacte lorsqu'elle devra quitter ses vacances forcées pour reprendre le collier. On remarquera d'ailleurs que toutes les ténors qui ont été obligées de quitter le circuit plusieurs mois durant ( Williams comprises) ont éprouvé les pires difficultés pour revenir au sommet. Assez curieusement, pour l'instant, seules Jennifer Capriati et Monica Seles ont réussi ce pari. Heureusement, Kim sera sans doute encore motivée par le fait qu'elle n'a toujours pas gagné de tournoi du Grand Chelem... Ce qu'a fait à trois reprises Justine Henin. Qui, elle, se trouve dans une situation psychologique nettement plus inquiétante que celle de Kim. Manifestement, si le virus de Justine est bien réel, on peut aussi certifier que la première mondiale traverse une période de doutes intenses. Ce qui est compréhensible lorsque l'on connaît la pression qui pèse sur les épaules de la meilleure joueuse de la planète. D'autre part, lorsque, en neuf mois, on a atteint tous ses objectifs de petite fille (victoires en Grand Chelem et accession à la première place), il est terriblement compliqué de trouver un nouveau moteur. Certes, il reste Wimbledon à gagner mais, manifestement, Henin est aujourd'hui à la croisée des chemins : sa carrière est déjà entrée dans la légende du tennis et, maintenant, quoi qu'elle réalise, ce ne sera jamais mieux que ce qu'elle a réussi en 2003 et début 2004. Il est évidemment un peu trop tôt pour tirer des plans sur la comète. Toujours est-il qu'à court terme, Wimbledon se jouera sans les deux leaders belges. On ajoutera qu'à nos yeux, la participation de Justine aux Jeux d'Athènes nous paraît fort compromise. Avec la pression qui accompagnera la Rochefortoise, on n'est en effet pas certain qu'elle prendra le risque de se rendre aux JO. Les vaches maigres pourraient donc nous accompagner plus longtemps que prévu.par Laurent Gérard