Faut-il sculpter le triomphe de Chris Froome dans la pierre ou dans l'eau ? D'aucuns se sont posé la question quand le Britannique a brandi le Trofeo Senza Fine à Rome. Le Trophée sans Fin, symbole de cette affaire du salbutamol qui n'en finit pas. Pourtant, on peut graver sa victoire sur le marbre car il y a de fortes chances pour que Froome la conserve, d'après le professeur du droit du travail et du sport Frank Hendrickx. L'article 10.8 du code de la WADA stipule que les résultats acquis par un coureur avant sa suspension sont rayés mais avec une clause : " A moins que le fair-pl...

Faut-il sculpter le triomphe de Chris Froome dans la pierre ou dans l'eau ? D'aucuns se sont posé la question quand le Britannique a brandi le Trofeo Senza Fine à Rome. Le Trophée sans Fin, symbole de cette affaire du salbutamol qui n'en finit pas. Pourtant, on peut graver sa victoire sur le marbre car il y a de fortes chances pour que Froome la conserve, d'après le professeur du droit du travail et du sport Frank Hendrickx. L'article 10.8 du code de la WADA stipule que les résultats acquis par un coureur avant sa suspension sont rayés mais avec une clause : " A moins que le fair-play ne l'empêche. " Or, d'après Hendrickx, cette clause sera appliquée dans le cas présent. " On peut être sûr que l'affaire finira par se retrouver devant le tribunal international du sport, le TAS. Si celui-ci suspend Froome, ce qui est loin d'être sûr, cette petite faute, unique puisqu'on n'a retrouvé un taux trop élevé de salbutamol que dans un seul échantillon, sur l'ensemble de la Vuelta, est trop légère pour justifier le retrait de tous les résultats obtenus après le Tour d'Espagne. En plus, le salbutamol est une substance spécifique, qui n'est pas interdite, pour autant qu'elle ne dépasse pas certaines limites. " Le coureur Sky et ses avocats tentent de montrer pourquoi il a franchi cette limite et qu'il n'est pas coupable. Il peut courir où il le veut en attendant le jugement du tribunal antidopage de l'UCI, présidé par l'Allemand Ullrich Haas. Ça peut encore traîner. Le président de l'UCI, David Lappartient, espère une décision avant le Tour mais il a revu son estimation à 50-50. Même si le jugement tombe avant le Grand Départ, une des deux parties -en fonction du verdict- se tournera vers le TAS : soit la WADA et l'UCI, soit Froome. Que va faire l'ASO, l'organisatrice du Tour ? Son règlement l'autorise à exclure un coureur si sa participation " entache l'image du Tour ". Mais l'item 2.2.010 bis de l'UCI stipule que celle-ci a le dernier mot, en concertation avec l'organisateur. C'est une décision du président du Professional Cycling Council (le Belge Tom Van Damme) de l'UCI. Elle ne retiendra pas Froome. " Nous ne le voulons pas ", a déclaré Lappartient pendant le Giro, effrayé par le montant des dommages et intérêts réclamés par les avocats de Froome. Christian Prudhomme, le directeur du Tour, ne tentera-t-il quand même pas d'écarter le Britannique, pour l'image de sa course ? Il a fort peu de chances d'y parvenir. L'ASO a déjà essayé, suite au contrôle positif de Tom Boonen à la cocaïne en 2009. L'organisation s'est même tournée vers un tribunal civil, qui s'est déclaré incompétent. Par la suite, la commission d'arbitrage du comité olympique français a autorisé Boonen à prendre le départ. Comme Alberto Contador en 2011 alors qu'on n'avait pas encore jugé son contrôle au clenbutérol - 0,0000005. Bref, que ça vous plaise ou non, Fromme prendra le départ du Tour le 7 juillet, avec le Giro à son palmarès.