L'Angleterre jouera un rôle crucial pour la Croatie durant ce tournoi. Ce rôle est ambivalent. D'une part, la Croatie a vaincu Albion à deux reprises en éliminatoires (2-0, 3-2), ce qui lui a permis de terminer première de son groupe. D'autre part, le défenseur anglais Martin Taylor (FC Birmingham) a brisé la jambe d' Eduardo (Arsenal) le 23 février dernier. Les perspectives de la Croatie ont dramatiquement changé.
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L'Angleterre jouera un rôle crucial pour la Croatie durant ce tournoi. Ce rôle est ambivalent. D'une part, la Croatie a vaincu Albion à deux reprises en éliminatoires (2-0, 3-2), ce qui lui a permis de terminer première de son groupe. D'autre part, le défenseur anglais Martin Taylor (FC Birmingham) a brisé la jambe d' Eduardo (Arsenal) le 23 février dernier. Les perspectives de la Croatie ont dramatiquement changé. Jusqu'à ce coup du sort, joueurs, supporters et dirigeants étaient presque euphoriques. Non sans raison puisque l'équipe s'était qualifiée de manière convaincante dans un groupe très difficile, avec des concurrents tels que la Russie, l'Angleterre voire Israël. Cette phalange-là pouvait peut-être égaler le plus grand triomphe de son histoire, la troisième place obtenue au Mondial 1998. Le Brésilien naturalisé croate Eduardo était le pilier de l'équipe. Avec dix buts, il avait largement contribué à la qualification. La Croatie a été choquée par l'accident de sa star, elle a failli sombrer dans une incertitude proche de la dépression. Depuis, elle a surmonté le choc. Le forfait d'Eduardo a soudé l'équipe encore un peu plus. Slaven Bilic possède une formation équilibrée, avec des joueurs plus âgés tels que les frères Niko et RobertKovac, Dario Simic, Stipe Pletikosa et Josip Simunic et des jeunes talents assoiffés de succès comme Eduardo, Luka Modric, Vedran Corluka, Ivan Rakitic et Nikola Pokrivac. Bilic, ancien légionnaire de Bundesliga, s'appuie sur quelques footballeurs qui évoluent en Allemagne, comme Robert Kovac (Dortmund), le chef de la défense, Simunic (Hertha) ou Niko Kovac, le capitaine, qui évolue maintenant à Salzbourg, en Autriche, mais qui a accumulé son expérience internationale au Bayer Leverkusen, à Hambourg, au Bayern et au Hertha. En l'absence d'Eduardo, Mladen Petric (Dortmund) et IvicaOlic (HSV) forment l'attaque. Rakitic (Schalke) et IvanKlasnic (Werder Brême) complètent la délégation allemande. Bilic prône le 4-4-2, sans s'y accrocher à tout prix. Il doit maintenant trouver des idées pour compenser l'absence d'Eduardo en attaque car jusqu'à présent, le jeu était construit autour du buteur. Bilic a déjà testé le 4-3-3 avec Niko Kranjcar au troisième avant, et le 4-2-3-1, où Petric est seul en pointe. Le coach dispose de suffisamment de joueurs doués pour adapter sa tactique à l'adversaire et en changer en cours de match si nécessaire. Amateur de rock pendant ses loisirs, Bilic aime une attaque agressive, percutante. Son équipe doit prendre l'initiative, placer l'adversaire sous pression. Une question reste en suspens : la défense en ligne doit-elle camper à vingt mètres du but ou plus loin ? Mais cette dernière option est risquée, compte tenu de la lenteur de certains défenseurs. Dans le passé, la Croatie a toujours compté sur une ou plusieurs vedettes. Eduardo aurait normalement assumé ce rôle. Le noyau actuel puise sa force dans son esprit d'équipe. L'occupation est équilibrée, parfaitement organisée et marquée par l'engagement. Les Croates sont des adversaires très désagréables. En éliminatoires, la défense s'est avérée être un bloc pratiquement insurmontable. Les frères Kovac, Simic, Simunic et le gardien Pletikosa sont chevronnés et connaissent toutes les ficelles des attaquants du monde entier. Le c£ur de l'équipe est son entrejeu, mélange de travailleurs inlassables comme DarijoSrna, Niko Kovac, et d'artistes créatifs, comme Modric et Kranjcar. Leur touche de balle et leur routine leur permettent de déterminer le rythme d'un match et de marquer. Eduardo est irremplaçable. Sa blessure ôte à l'attaque une grande partie de sa puissance de frappe. En plus, Eduardo et Petric s'entendaient à merveille. On n'a pas encore trouvé le partenaire idéal à Petric. Olic ne semble pas être en grande forme. Klasnic pourrait remplir ce rôle mais il ne faut pas oublier sa double transplantation rénale et la longue pause qu'il a subie. Etonnamment, la défense si compacte, a fait mauvaise impression ces derniers mois. Les routiniers manquent de vitesse et de concentration. Robert Kovac et Simunic n'ont pas été titulaires incontestés dans leur club et Simic n'a pas joué souvent à Milan. Simunic pourrait perdre sa place au profit de Danijel Pranjic. Autre point faible, le poste de gardien. Ni Pletikosa, le numéro un, ni ses remplaçants, Mario Galinovic et Vedran Runje, ne sont réguliers à un haut niveau. Les trois gardiens ont commis des bourdes incroyables. Aucun d'entre eux n'a la classe internationale. Malgré des offres alléchantes de clubs anglais, allemands (HSV) et russes, nettement plus rentables que son poste actuel, Bilic a prolongé son contrat jusqu'en 2010. Il avait posé une condition, que la Fédération a remplie : son staff, composé des anciens internationaux Aljosa Asanovic, Nikola Jurcevic, Robert Prosinecki et Marijan Mrmic a également obtenu un nouveau contrat, revu à la hausse. Avant l'EURO, la non-sélection d' Ivica Krizanac a suscité quelque émoi. Le défenseur de 29 ans du Zenit, vainqueur de la Coupe UEFA, y est brillant. Jurcevic a justifié cette décision par le fait qu'il y a un an, le joueur s'était exprimé en termes négatifs sur certains internationaux. En fait, il avait accusé la Fédération de corruption.