Trois mois et demi se sont déjà écoulés depuis la fin de l'EURO. Michel Platini, le président de l'UEFA, avait alors vanté " un tournoi fantastique, empreint d'une ambiance particulière ", éclipsant les terribles bagarres entre hooligans, qui avaient assombri le match entre la Pologne et la Russie, le sommet d'un tournoi censé réunir les peuples...
...

Trois mois et demi se sont déjà écoulés depuis la fin de l'EURO. Michel Platini, le président de l'UEFA, avait alors vanté " un tournoi fantastique, empreint d'une ambiance particulière ", éclipsant les terribles bagarres entre hooligans, qui avaient assombri le match entre la Pologne et la Russie, le sommet d'un tournoi censé réunir les peuples... Pour les deux pays organisateurs, l'EURO devait constituer un tremplin vers un avenir meilleur, grâce aux nouvelles infrastructures. La Pologne et l'Ukraine ont reçu environ dix milliards d'euros chacune durant la préparation du tournoi et le sentiment de fierté qui s'est emparé de la population pendant cet EURO est encore plus précieux que la manne de l'UEFA. Pourtant, la vie n'a changé ni en Pologne ni en Ukraine. La première, membre de l'Union Européenne, continue à combler le gouffre qui la sépare de l'Ouest mais l'Ukraine se débat toujours avec ses problèmes. Quelques jours après la finale, une loi a replacé la langue russe au premier plan. C'est un sujet délicat dans le pays mais cela n'empêche pas Victor Janukovitsch, son controversé président, de maintenir obstinément son cap. Même pour le bien de l'EURO, il n'a pas cédé à la pression de l'Ouest, qui insistait pour qu'il libère l'ancien premier ministre, Julia Timoshenko. Depuis lors, on ne parle plus guère d'elle : les élections programmées fin octobre accaparent la une. L'EURO n'a pas vraiment boosté le sport non plus. Les clubs ukrainiens ne se débrouillent pas mal sur la scène internationale mais c'est grâce aux injections financières des barons du pétrole. Les clubs polonais n'accueillent pas plus de spectateurs et ils ont raté l'occasion de profiter financièrement du tournoi, faute de marketing valable. Le racisme demeure un énorme problème dans les deux nations. Fred Benson, un attaquant néerlandais originaire du Ghana, et qui joue à PEC Zwolle, après un passage au Lechia Gdansk, a récemment expliqué qu'on le regardait de travers quand il tendait la main. Il a ajouté aussi qu'en rue, il avait l'impression de descendre de la planète Mars. Or, l'UEFA a fait de la lutte contre le racisme et le hooliganisme une priorité, depuis longtemps. Sans que l'EURO ait permis de résoudre le problème. JACQUES SYSLes clubs polonais n'ont pas su exploiter la période post-Euro.