Il est malheureusement probable que ce duo quittera le Sporting en fin de saison. Enzo Scifo s'avoue contrarié: "Assister au départ de ces deux joueurs est la pire des choses qui pourrait arriver à mon équipe. C'est déjà difficile de trouver un bon attaquant mais c'est encore beaucoup plus compliqué de dénicher un tandem pareil. La venue de Pivaljevic a complètement résolu notre problème offensif. Dès qu'il a retrouvé le rythme, il a prouvé qu'il était de la race des grands buteurs, de ces attaquants qui n'ont pas besoin de trois occasions pour en mettre au moins une au fond. Au début, je ne pensais pas qu'il pourrait être complémentaire avec Rojas. Mais j'ai vite compris que leur association pourrait faire mal. J'ai fait reculer Rojas derrière les attaquants. Il n'y a pas beaucoup de joueurs techniquement aussi doués en Belgique. Il sent le foot, sait donner une passe décisive et marquer des buts. Avec, devant lui, un joueur capable de mettre la balle dans le goal, tout est finalement très facile".
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Il est malheureusement probable que ce duo quittera le Sporting en fin de saison. Enzo Scifo s'avoue contrarié: "Assister au départ de ces deux joueurs est la pire des choses qui pourrait arriver à mon équipe. C'est déjà difficile de trouver un bon attaquant mais c'est encore beaucoup plus compliqué de dénicher un tandem pareil. La venue de Pivaljevic a complètement résolu notre problème offensif. Dès qu'il a retrouvé le rythme, il a prouvé qu'il était de la race des grands buteurs, de ces attaquants qui n'ont pas besoin de trois occasions pour en mettre au moins une au fond. Au début, je ne pensais pas qu'il pourrait être complémentaire avec Rojas. Mais j'ai vite compris que leur association pourrait faire mal. J'ai fait reculer Rojas derrière les attaquants. Il n'y a pas beaucoup de joueurs techniquement aussi doués en Belgique. Il sent le foot, sait donner une passe décisive et marquer des buts. Avec, devant lui, un joueur capable de mettre la balle dans le goal, tout est finalement très facile". 3 buts contre le Lierse: aïe...Un bon Pivaljevic (que le Sporting loue gratuitement à Cologne depuis décembre dernier avec option d'achat de 1,5 million d'euros) semble hors de portée pour un club comme Charleroi. Et depuis ses trois buts contre le Lierse, l'attaquant serbe est sans doute encore un peu plus inabordable."A la fin de ce match, je me suis dit: -C'est pas vrai! Pas lui...", reconnaît Lucien Gallinella, le manager du Sporting. La valeur de Piva sur le marché des transferts a encore grimpé. Mais au Mambourg, le président en a ras-le-bol de perdre une fortune chaque année. Notre perte opérationnelle -c'est-à-dire hors transferts entrants et sortants- se montera encore à 2 millions d'euros cette saison", poursuit Gallinella. " Abbas Bayat a décidé de couper les robinets. Nous aurons dépensé 6,2 millions cette année -pour 4,2 millions de recettes- et il faudra se limiter à 5 millions de dépenses l'an prochain. Nous allons surtout trancher dans la masse salariale. Elle est de 2,5 millions cette saison et il faudra la diminuer de 20 à 30% la saison prochaine. Le président a fixé un plafond salarial et il n'est disposé à le dépasser sous aucun prétexte. Même pour un Pivaljevic qui nous marque pas mal de buts". A Cologne, le Serbe gagnait près de 25.000 euros nets par mois. Il a fait un sacrifice pour se relancer chez nous. Dans un club de milieu de classement comme Charleroi, les salaires mensuels nets oscillent entre 1.700 et 6.000 euros. Un Zèbre confirmé reçoit 750 euros pour un nul et 2.250 euros pour une victoire. Des chiffres qui n'ont rien à voir avec les réalités du foot allemand. On comprend donc que le Sporting ait peu d'espoir de conserver Pivaljevic. Par contre, les supporters saisissent plus difficilement que le club ne parvienne pas à garder Rojas."Sergio est un professionnel et je conçois fort bien qu'il n'accepte pas notre offre", dit Lucien Gallinella. "Toujours dans le cadre du plafonnement salarial fixé par le président, nous lui avons remis une proposition inférieure de 25% inférieure à son salaire actuel. Il gagnait peu lors de sa première saison ici parce qu'il était arrivé de nulle part, mais il avait signé avec l'ancienne direction un contrat à revenu progressif. Nous ne pouvons plus nous permettre de le conserver aux mêmes conditions que cette année. Nous l'avons toutefois prévenu que s'il ne trouvait pas un accord ailleurs, il pourrait toujours revenir chez nous".Passe encore pour Rojas, donc. Mais est-il vraiment impossible de garder un Daniel Camus qui sort du noyau B de Malines? "L'offre que nous lui avons soumise est tout à fait raisonnable, malgré ce qu'il affirme", dit Gallinella. "Ce n'est pas de ma faute s'il a très bien gagné sa vie à Gand et à Malines. Mais croyez-moi: je me démène dans le but de trouver du pognon pour lui..." Amputer l'équipe actuelle de Camus, Rojas et Pivaljevic, c'est en tout cas la priver de ses trois meilleurs joueurs du deuxième tour. La colère ne risque-t-elle pas de s'installer dans les tribunes?"Je n'ai qu'une chose à dire aux supporters du Sporting s'ils veulent que nous possédions de meilleurs joueurs: -Venez plus nombreux au stade. Quelque part, ils ont les cartes en mains. Nous ne voulons en tout cas plus leur promettre la lune. Ils doivent savoir que, viser le Top 5 comme nous l'avions annoncé il y a deux ans, c'est exclu. Autant être honnête avec eux". Charleroi-la-Sportive: mauvais pour les ZèbresLa moyenne de spectateurs a encore diminué par rapport à la saison dernière. Elle est passée de 10.000 à 7.500! Deux exemples révélateurs: l'assistance pour la venue d'Anderlecht a chuté de 15.000 à 11.000, celle pour la visite de La Louvière de 19.000 à 13.000. "Même les 10.000 personnes de moyenne de l'an passé constituent une déception", reconnaît le manager. "L'association Scifo- Brogno sur la pelouse me paraissait excitante, pourtant les gens n'ont pas mordu à l'hameçon. Pourtant, nous sommes restés longtemps parmi les cinq premiers. Mais le phénomène n'est pas nouveau. Souvenez-vous: pour son grand retour en Coupe de l'UEFA, contre Bucarest en 1994, le Sporting n'avait attiré que 7.000 personnes. Alors que le club était en plein boum. Je dois rire quand on me dit que le Sporting a un potentiel extraordinaire. Il faut accepter de voir la réalité en face: depuis quelques années, ce fameux potentiel n'est plus qu'un leurre. Charleroi-la-Sportive, c'est une très bonne affaire pour la ville en général, mais ça ne sert pas les intérêts du Sporting. D'abord parce que beaucoup de gens n'ont pas les moyens de se payer un abonnement à la fois au basket et au football, ensuite parce que le sponsoring est partagé entre les grands clubs de la ville, enfin parce que l'aide communale doit aussi être répartie entre le basket, le tennis de table, le futsal, le football, le volley, etc. A titre d'exemple, pour 1.000 francs de taxes communales allant à tous les grands clubs sportifs à Charleroi, le seul Excelsior Mouscron touche 2.500 francs de son administration. A Genk aussi, c'est tout pour le club de foot". La chance de Toni Brogno?Plusieurs départs sont déjà acquis à Charleroi: Biakolo, Minavand, Martine, Rabbah. D'autres suivront. Quelle équipe trouvera-t-on la saison prochaine sur le terrain? "On parle beaucoup de Camus, Pivaljevic et Rojas, mais tout le reste de l'ossature actuelle sera maintenu", affirme Lucien Gallinella. "En y ajoutant Lendvai et Herreman, ça fait un ensemble qui peut tenir la route. La Louvière prouve depuis plusieurs mois qu'il est possible de s'en sortir sans les joueurs considérés au départ comme les stars de l'équipe. Les Loups brillent en l'absence de Thans, Ouédec, Karagiannis et Missé Missé. Nous sommes obligés de réduire quantitativement le noyau. Si Rojas ou Pivaljevic reste, il est possible qu'il n'y ait aucun transfert entrant chez nous. Cela aussi, les supporters doivent le savoir. En cas de départ de ces deux joueurs, il est certain que nous ferons venir un nouvel attaquant. Un autre paramètre est susceptible d'influencer notre politique. Plusieurs titulaires actuels sont suivis de près par des clubs étrangers. Nantes s'intéresse toujours à Dufer, Strasbourg visionne Yazdani et Eduardo, Tokéné représente aussi une certaine valeur marchande. Si nous vendons un de ceux-là, il sera plus facile de trouver un terrain d'entente avec ceux qui paraissent actuellement inabordables pour nous". Quand il est question d'un nouvel attaquant éventuel, un nom se dégage: Toni Brogno. "Nous gardons le contact", avoue Scifo. "Nous nous étions renseignés à Sedan il y a un an mais son transfert était impossible à l'époque". Il est probable qu'il y aura prochainement un nouveau contact entre les deux clubs. "Toni est effectivement une piste, mais toujours dans le cadre du plafonnement salarial imposé par Abbas Bayat", embraye Gallinella. "Les Français demanderont-ils de l'argent pour son transfert? Et Toni accepterait-il de jouer à nos conditions?" Pierre Danvoye,"Perdre Rojas et Pivaljevic? Il ne pourrait rien nous arriver de pire" (Scifo)"Le fameux potentiel de Charleroi, c'est un leurre" (Gallinella)