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Cher Magazine, C'est en 1922 que le Panathinaikos s'installa à mi-chemin entre la place Amerikis (son premier terrain) et le stade antique du Kallimarmaro, en plein centre d'Athènes. Bien que le vrai berceau vert et blanc porte toujours le nom de son ancien président Apostolos Nikolaidis, la majeure partie des Athéniens continue de l'appeler Leoforos, du nom du lieu d'où sortit de terre la première construction en 1928, le long de l'avenue Alexandras. Cette enceinte fut la première du pays à être dotée de projecteurs (1938) et d'une salle de sports (1958, 1.500 places) sous sa tribune. Cette dernière fut surnommée Le tombeau de l'Indien par la presse, en référence à un film du cinéaste allemand Fritz Lang dont la partie la plus palpitante se déroulait dans des souterrains. L'arène accueillit surtout les joutes historiques du Pana de la grande époque, celui des années 60, le seul de l'histoire à terminer un championnat grec invaincu en 1964 et qui connut son apogée avec la finale de la Coupe des Champions perdue contre l'Ajax en 1971. Mais le stade athénien abrita aussi, durant près de 50 ans, la majorité des rencontres importantes de l'équipe nationale grecque. Au début des eighties, le Pana et la sélection nationale émigrèrent cependant au nord de la cité, au Spiyros Louis, celui-là même qui fut récemment rénové pour devenir le c£ur des derniers Jeux Olympiques. Pour les supporters, le lieu mythique restait le Nikolaidis, si bien que les multiples champions de Grèce (19 titres, 16 Coupes, 3 Supercoupes) le réintégrèrent en 2000 moyennant quelques aménagements. Mais le temps étant implacable, le vieux vaisseau vient à nouveau d'être déserté pour le Spiyros, en attendant cette fois la concrétisation d'un nouveau projet dans le secteur industriel d'Eleonas. Le grand-père allant disparaître bientôt au profit d'un parc, il était urgent de lui rendre une petite visite. Ce qui ne fut pas sans mal, la direction du club refusant de se laisser associer à des photos d'enceintes vieillottes. Incompréhensible, d'autant que ce que l'on peut photographier de la rue offre une apparence bien plus hideuse. Le vieux béton brut est couvert de tags mais certaines fresques représentant le plus souvent des guerriers de l'Antiquité sont pourtant assez réussies. Même sentiment mitigé concernant la boutique du club, coincée sous la tribune latérale officielle et dont la vitrine est entourée d'une décoration métallique froide et impersonnelle. Ruse et obstination ont néanmoins permis quelques rapides clichés, histoire de fixer notamment le beau grand trèfle constitué par les sièges verts derrière l'un des buts.RUDI KATUSIC