" J'ai souvent joué au Kiel et au Bosuil à une époque où le Beerschot et l'Antwerp attiraient la grande foule, certainement quand Anderlecht leur rendait visite. A Deurne, les spectateurs accueillent désormais Boussu-Dour et Visé, entre autres, en rêvant d'une époque qui ne reviendra plus. Je ne reproche rien aux Borains ou aux Mosans, qui méritent leur place en D2 et, pour eux, jouer dans un stade mythique, même s'il est décati, est forcément un sujet de fierté. Mais l'Antwep, lui, y a vécu tant de triomphes et même une campag...

" J'ai souvent joué au Kiel et au Bosuil à une époque où le Beerschot et l'Antwerp attiraient la grande foule, certainement quand Anderlecht leur rendait visite. A Deurne, les spectateurs accueillent désormais Boussu-Dour et Visé, entre autres, en rêvant d'une époque qui ne reviendra plus. Je ne reproche rien aux Borains ou aux Mosans, qui méritent leur place en D2 et, pour eux, jouer dans un stade mythique, même s'il est décati, est forcément un sujet de fierté. Mais l'Antwep, lui, y a vécu tant de triomphes et même une campagne européenne formidable qui s'est terminée par une finale de CE 2 perdue 1-3 contre Parme à Wembley en 1993. Je me suis rendu dernièrement là-bas et on m'y a parlé du but légendaire de Raphaël Quaranta contre les Bulgares de Vitosha Sofia en 1989-90, celui du 4-3 en fin de match après un retournement de situation extraordinaire. Deurne vibrait, Deurne chantait. C'est à ce moment-là qu'il fallait anticiper, préparer l'avenir avec des vedettes qui s'appelaient Rudy Smidts, Cisse Severeyns, Hans-PeterLehnhoff, Alex Czerniatynski, etc. L'Antwerp s'est endormi sur ses lauriers, ne comprenant pas, notamment, que son stade, où se sont déroulés tant de Belgique-Hollande, et un match de l'Euro 72, constituait le premier clou de son cercueil. On ne peut pas progresser avec un outil aussi démodé. Au Beerschot, c'est la même chanson : cet ex-grand club a toujours la tête en 1920. Les Jeux olympiques s'y sont déroulés il y a près d'un siècle. Là-bas, on organiserait bien des processions avec les portraits de Rik Coppens et de Juan Lozano. Les dirigeants ont desservi ce club, pas les joueurs. Leur incapacité ne date pas d'aujourd'hui. En 1989-90, j'ai coaché le Beerschot qui avait des stars par rapport aux " sabots " actuels : Simon Tahamata, Jos Daerden, Peter Kerremans, Patrick Goots. Le Beerschot était déjà largement dans le rouge et l'est toujours. A un moment donné, il n'a dû sa survie qu'à la fusion avec le Germinal Ekeren. Dès que les patrons d'Ekeren ont été virés, le Kiel a retrouvé ses soucis financiers. Anvers perd son football et le renouveau passera, au minimum, par la construction d'un stade moderne partagé par l'Antwerp et le Beerschot. Ce serait un premier pas dans la bonne direction car cela séduirait des investisseurs et une ville aussi riche, un des plus grands ports du monde, la capitale du diamant, n'en manque pas. Je suis certain qu'une belle enceinte commune et moderne, en plus de donner du travail aux entreprises de la région, constituerait le même sujet de fierté pour les supporters des deux clubs : c'est cela ou une mort sur ordonnance au Kiel et au Bosuil. " PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE BILIC