Supporter du Standard, j'avais décidé d'effectuer le déplacement à l'Antwerp. Le bourgmestre d'Anvers avait décrété que les supporters rouches devaient arriver au stade en car. Etant donné que dans ma région il n'y a aucun club de supporters, je n'avais d'autre possibilité de m'y rendre qu'en voiture.
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Supporter du Standard, j'avais décidé d'effectuer le déplacement à l'Antwerp. Le bourgmestre d'Anvers avait décrété que les supporters rouches devaient arriver au stade en car. Etant donné que dans ma région il n'y a aucun club de supporters, je n'avais d'autre possibilité de m'y rendre qu'en voiture. Vers 14h15, je voulus franchir le cordon de police disposé devant l'entrée donnant accès à la tribune des visiteurs, mais un des policiers m'expliqua que je n'étais pas venu en car et que je ne pouvais pas franchir ce barrage humain. Je lui expliquai (en néerlandais) qu'il m'était impossible de me déplacer en car et que le responsable d'un club officiel de supporters était en possession d'un ticket qu'il devait me remettre. Il me répondit que j'avais le choix entre m'en aller ou passer l'après-midi au commissariat! Devant sa détermination et un peu surpris il est vrai, je décidai de ne pas insister davantage et je m'éloignai de plusieurs centaines de mètres. Je comptais attendre l'arrivée du car de mon club de supporters, pour pouvoir rejoindre la tribune. J'attendais donc tranquillement le long de la petite rue menant au stade depuis environ 10 minutes lorsqu'un véhicule de police passa à vitesse réduite devant moi. Soudain, cinq ou six policiers en tenue de combat en sortirent, m'attrapèrent et me poussèrent dans le combi avec violence. Le traitement se poursuivit à l'intérieur du combi: agenouillé au milieu du véhicule, ma tête était serrée comme dans un étau entre les jambes d'un policier, un autre me maintenait douloureusement les bras derrière le dos tandis qu'un troisième me menottait à l'aide de colliers en plastique! Après environ cinq minutes, ils m'autorisèrent à m'asseoir pour m'expliquer. Je relatai mon histoire (en néerlandais puisque ces gens feignaient de ne pas comprendre le français), et après avoir fouillé mon portefeuille, il me dirent qu'il n'y aurait pas de poursuites à mon encontre et que je serais relâché après le match!Je dus sortir de ce véhicule pour remonter aussitôt dans un autre combi où je rejoignis une douzaine d'autres supporters du Standard: certains venaient de la région liégeoise et un habitait Anvers (et avait été arrêté parce qu'il n'était pas venu en car!).Nous fûmes acheminés vers un commissariat où après avoir vérifié notre identité et après avoir pris les photos d'usage, nous fûmes invités à rejoindre une cellule. Il était environ 15h et nous ne retrouvâmes notre liberté que vers 17h45. J'estime qu'il est de mon devoir de citoyen de dénoncer publiquement les pratiques de nature fasciste auxquelles la police anversoise a eu recours. Toutefois, dans une optique constructive, je me permets de soumettre la réflexion suivante: au lieu de mobiliser des centaines de policiers pour arrêter et enfermer une douzaine de supporters calmes et totalement inoffensifs, pourquoi n'arrête-t-on pas directement les hooligans en leur infligeant une interdiction de stade accompagnée d'une obligation de se présenter au commissariat local lors de chaque rencontre que dispute leur club? Arnaud Ruwet, Braine l'Alleud,