Autant enfoncer directement la porte ouverte : en choisissant René Vandereycken comme coach et Ariel Jacobs comme directeur sportif, le RC Genk a confié sa politique sportive à deux hommes au tempérament défensif.
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Autant enfoncer directement la porte ouverte : en choisissant René Vandereycken comme coach et Ariel Jacobs comme directeur sportif, le RC Genk a confié sa politique sportive à deux hommes au tempérament défensif. Une réputation très fortement implantée... Ariel Jacobs : Durant ces deux dernières saisons, je pense avoir avancé assez d'arguments pour étayer la thèse contraire. Un entraîneur doit adapter son style de jeu au matériel disponible. Porté par son public, Genk veut attaquer. René le comprendra. Il sait qu'il se passerait la corde autour du cou s'il allait à l'encontre de la culture du club. Je dois le prouver. On a abordé la question de l'entraîneur puis le poste de directeur sportif est venu sur le tapis, sans qu'il s'agisse immédiatement de moi, mais ma vision était similaire à celle de Jos Vaessen. Lorsqu'il m'a téléphoné pour un autre rendez-vous, il m'a demandé quel poste me convenait le mieux . -Celui dont nous avons discuté, ai-je répondu. Je suis un entraîneur mais la description de l'autre poste convenait à ce que j'en avais toujours pensé. Le poste d'entraîneur, oui. Je pouvais faire du bon travail mais deux défaites de suite et nous avions tous un problème. Les gens se seraient demandé : pourquoi n'avoir pas pris Leekens ou un autre, qui peut se permettre de perdre dix matches de rang ? Je lutte depuis des années contre des clichés : je n'ai jamais entraîné de grand club, je n'ai été entraîneur en chef que six ans, je viens de l'Union Belge et j'ai dirigé le RWDM en D2. Il semble qu'il faille 150 ans d'expérience en D1 ici ! Il faut adapter sa vision aux qualités de ses joueurs mais aussi s'accommoder de la réalité. Le lendemain, Jos Vaessen m'a donné raison : - Tu résous un problème mais tu en crées un autre. Il n'était pas encore question de René Vandereycken. Il n'y a pas de tensions entre René et moi mais les observateurs en inventeront : je dois donc anticiper. J'ai demandé à Jos Vaessen de spécifier, dans ses entretiens avec René, que j'exige de ne pas être sur le terrain comme entraîneur ou adjoint. Et j'exclus tout dépannage si René est mis sous pression. J'aime le terrain mais je dois tourner la page. Je le fais sans le moindre problème. Un directeur technique n'y échappe pas non plus. Les clubs répètent qu'ils travaillent à long terme mais si on n'obtient pas rapidement des résultats, il n'est plus question de long terme, pour personne. J'ai été déçu mais chapeau pour me l'avoir dit. Peu de présidents l'auraient osé. J'aurais préféré poursuivre ce que j'avais accompli en trois ans à La Louvière mais vient toujours un moment, surtout pour un entraîneur, où on pense : -Encore quelquessemaines et c'est fini. J'avais deux possibilités : rester, ce qui aurait pu se retourner contre moi, avec un budget revu à la baisse, et nuire à la réputation que je m'étais forgé, ou dire : - Ça ne me convient pas. Suite à mon limogeage du RWDM, j'ai passé quatre mois à la maison. Ce ne fut pas un trou noir. Les travailleurs licenciés par Volkswagen ne bénéficient pas d'un intérêt individuel. Un entraîneur sans emploi trouve plus vite une opportunité qu'un ouvrier. Ma plus grande satisfaction n'est pas notre victoire en Coupe mais les progrès que le club a effectués avec mon aide. Je ne prétends pas avoir laissé quelque chose à ce club car je n'ai pas £uvré seul, mais nos résultats ne relèvent pas du hasard. Je sais ce dont je suis capable. Je ne suis animé par aucun sentiment de revanche. Je suis satisfait. (Il rit). Je persiste, même si je fais maintenant partie de la direction. (Il rit). Parce que les journalistes sont difficiles à gérer. Mais j'ai beaucoup de projets, que je ne pourrai pas tous réaliser. Pourquoi ce cours ? Je reste sur ma faim. Le cours de la Pro Licence est trop bref à ce sujet. Or, les deux parties doivent travailler ensemble mais sont souvent en conflit. Je suis exigeant envers moi-même. Je n'en sais jamais assez. Autre thème, la préparation physique des footballeurs. Tout le monde se contredit. En fin de compte, c'est l'équipe qui obtient des résultats qui était bien préparée, c'est aussi simple que ça. Il n'y a pas de vérité. Il y a des cours à ce sujet aux Pays-Bas, pas en Belgique. Si j'étais resté entraîneur, j'aurais suivi un tel cours. Je suis de plus en plus convaincu que chacun peut préparer une équipe, l'entraîner et élaborer des schémas tactiques mais que l'aspect relationnel est déterminant, entre le staff et les joueurs d'une part, entre joueurs de l'autre. L'approche, la dynamique de groupe, voilà des éléments-clefs qui mènent à des résultats. Toutes les méthodes sont bonnes, à condition qu'on suive une certaine logique. Prenez le cas de Sebastian Deisler, doté de tant de qualités footballistiques et physiques, comme tout Allemand, mais qui a sombré mentalement. Ce n'est pas pour rien que certains clubs travaillent avec un psychologue. Je voudrais apprendre l'italien. J'ai déjà reçu le cours mais je n'arrive pas à m'y mettre. Parfois, j'écoute la RAI et je regrette de ne pas en comprendre davantage. C'est ce que le monde extérieur pense et je le regrette, surtout parce que je ne joue aucun rôle. Ceux qui me connaissent savent que c'est faux. Je suis réservé, c'est tout. J'ai dû surmonter cette timidité mais je n'éprouve pas le besoin de m'épancher. La question, c'est comment concrétiser nos ambitions ? Je ne veux pas faire table rase. Le club a su créer quelque chose en peu de temps, à tous les niveaux. Du coup, il est sous pression, mais c'est une pression positive, puisque le club se l'est infligé. Jan Hauspie" Ce n'est pas pour rien que CERTAINS CLUBS ONT UN PSYCHOLOGUE "