Anderlecht souffre comme c'est rarement arrivé. En conférence de presse après la dégelée historique encaissée face au Lokomotiv Moscou, Aimé Anthuenis avait dit: "Il y a 20 raisons pour lesquelles ça ne marche pas cette saison. Mais je ne vais pas vous dire lesquelles. Vous voyez bien ce qu'il se passe. Je garde mes réflexions pour une discussion interne".
...

Anderlecht souffre comme c'est rarement arrivé. En conférence de presse après la dégelée historique encaissée face au Lokomotiv Moscou, Aimé Anthuenis avait dit: "Il y a 20 raisons pour lesquelles ça ne marche pas cette saison. Mais je ne vais pas vous dire lesquelles. Vous voyez bien ce qu'il se passe. Je garde mes réflexions pour une discussion interne". Le bonhomme était honnête, comme toujours. Dès lors, dans l'interview qu'il nous a livrée cette semaine, on ne devait pas s'attendre à ce qu'il se déboutonne et dise qui perturbe éventuellement le vestiaire, qui a scouté Dagano en concluant qu'il n'avait pas la pointure mauve, qui lui a mis dans les pattes des joueurs qu'il ne voulait pas et combien de temps sa direction va patienter face à sa recherche improductive d'un système performant. Anthuenis enfonce des portes ouvertes en disant que ses quatre Mousquetaires ( Koller, Radzinski, Goor et Dheedene) lui manquent, qu'il en a marre de voir l'infirmerie bourrée et en admettant que la situation devient ardue pour lui. Soyons corrects, il avait dit dès le début que la saison allait être difficile et qu'il fallait être patient. Nous pensons que la direction mauve va le laisser travailler. Et ce, bien que dans d'autres pays Anthuenis aurait déjà été viré. Les joueurs, toutefois, ne vont pas être aussi patients et larges d'esprit.Départs, blessures ou pas, ils ne vont pas admettre plus longtemps d'être ridiculisés sur le terrain. L'ego des professionnels (surtout s'ils sont internationaux et expérimentés) n'est pas élastique. Surtout quand on est champion en titre. Si les recettes d'Anthuenis ne prennent pas après trois bons mois de compétition, c'est la valeur des joueurs qui est en cause. Et ça, ils ne l'admettront pas. Ils feront vite savoir à qui de droit que c'est le coach qui rend l'équipe mauvaise et pas eux. Et la direction devra bien trancher.En équipe nationale, le coach en est également à un excitant quitte ou double. Robert Waseige a signé un contrat avec la fédération jusqu'à la Coupe du Monde. S'il qualifie la Belgique pour l'Asie, il aura une chance de prolonger le bail. Mais ce sera bel et bien terminé en cas de réussite de la Tchéquie. On se retrourverait alors au même point qu'au moment de l'échec de l'EURO 2000 contre la Turquie. Un entraîneur de club peut toujours trouver une excuse à la faillite de son équipe dans le fait qu'il ne choisit que peu ou prou ses joueurs. En revanche, un sélectionner national prend toujours la défaite de plein fouet. C'est lui qui choisit tous ses internationaux, sans intermédiaire et en toute liberté. Néanmoins peut-il être responsable à 100% des résultats, alors que les réservoirs des pays ne sont pas identiques? On sait que la carte majeure de Waseige -le roi Marc Wilmots- ne sera pas sur le terrain. Et on verra s'il en est autant dépendant qu'Anthuenis le fut de Koller, qui fut l'avant-centre, le stoppeur et le système de jeu d'Anderlecht. Waseige et Anthuenis, en tout cas, sont dans le même sac.Michel Preud'homme, lui, voit ses efforts récompensés. Contre Bordeaux, ses soldats rouches n'ont pas su assez domestiquer leur fougue. Ils se sont créé des occasions qu'ils n'ont pas su mettre au fond. Normal qu'ils soient éliminés dans ces conditions, mais ils ont pratiqué un bon football, direct et agressif comme leur coach les aime. S'ils jouent toujours comme ça, ils pourront créer encore mieux la surprise en championnat (et en Coupe?) que dimanche dernier à Genk où ils ont obtenu un match nul qu'on ne leur voyait pas décrocher avant le match contre Bordeaux. Si Anderlecht a pu mesurer toutes ses limites -même belges!- en Ligue des Champions, le Standard est sorti plus fort de son parcours en Coupe de l'UEFA. L'entraîneur doit y être pour quelque chose...John Baete