Qu'avez-vous pensé de la finale de la Coupe du Monde?

Georges Heylens: Je l'ai trouvée intéressante à plus d'un titre. L'Allemagne, sans grande vedette mais avec un collectif bien au point, a joué d'une manière très organisée et a coupé l'accès au couloir à Cafu et Roberto Carlos. L'absence de Michael Ballack lui a été préjudiciable au niveau de la créativité, mais il lui a surtout manqué un finisseur. Si Ronaldo avait été allemand, l'Allemagne aurait sans doute gagné la Coupe du Monde. Le Brésil a étalé de nombreuses facettes qu'on ne lui connaissait pas. Son trio d'arrières centraux s'est montré omniprésent dans le trafic aérien. L'équipe m'a étonné par sa pondération. On ne l'imaginait pas capable d'être aussi patiente et de laisser, parfois, l'initiative aux Allemands. Le mérite de Luiz Felipe Scolari, que l'on avait beaucoup critiqué mais qui est un homme très organisé, mais surtout le fruit de la "formation" footballistique que tous c...

Georges Heylens: Je l'ai trouvée intéressante à plus d'un titre. L'Allemagne, sans grande vedette mais avec un collectif bien au point, a joué d'une manière très organisée et a coupé l'accès au couloir à Cafu et Roberto Carlos. L'absence de Michael Ballack lui a été préjudiciable au niveau de la créativité, mais il lui a surtout manqué un finisseur. Si Ronaldo avait été allemand, l'Allemagne aurait sans doute gagné la Coupe du Monde. Le Brésil a étalé de nombreuses facettes qu'on ne lui connaissait pas. Son trio d'arrières centraux s'est montré omniprésent dans le trafic aérien. L'équipe m'a étonné par sa pondération. On ne l'imaginait pas capable d'être aussi patiente et de laisser, parfois, l'initiative aux Allemands. Le mérite de Luiz Felipe Scolari, que l'on avait beaucoup critiqué mais qui est un homme très organisé, mais surtout le fruit de la "formation" footballistique que tous ces joueurs ont reçue en Europe, où l'on considère depuis longtemps la tactique et la rigueur comme des qualités primordiales. Le Brésil s'est même trouvé un gardien de but de classe, un poste souvent considéré comme le point faible de la Seleçao. Quelle belle revanche pour Ronaldo après sa finale manquée de 1998!Oui, et surtout quelle belle récompense pour tout le travail fourni au cours des quatre années noires qu'il a vécues. C'est la preuve que, lorsqu'on se comporte en vrai professionnel et qu'on fournit les efforts voulus pour retrouver son meilleur niveau, on parvient souvent à atteindre son but.La "petite finale" a opposé deux équipes qui montent.La Turquie est dans l'ascenseur depuis cinq ou six ans. Son équipe est un savant mélange d'anciens expérimentés et de jeunes dynamiques. Elle joue fort haut, exerce un pressing efficace et m'est surtout apparue physiquement très au point. Hakan Sukur n'a pas réalisé la Coupe du Monde qu'on attendait de lui, mais il s'est révélé un remiseur intéressant. D'autres joueurs, comme Ilhan Mansiz et Hasan Sas, ont pris le relais sur le plan de la concrétisation. La Corée du Sud a été bien préparée mentalement par un entraîneur qui avait déjà atteint la demi-finale de la Coupe du Monde en 1998 avec les Pays-Bas.On a peut-être vu, après la "petite finale", la plus belle image de la Coupe du Monde.Absolument. Voir tous les joueurs, bras dessus bras dessous, génère beaucoup d'enthousiasme, et démontre que le football peut - et doit - être une fête.La Belgique a obtenu le Prix du Fair-Play. Est-ce important?C'est un titre honorifique que les Diables Rouges ont mérité au travers de leur belle prestation contre le Brésil. En offrant un prix, la FIFA a peut-être aussi voulu faire oublier certains "incidents" qui se sont produits sur le terrain.Aimé Anthuenis a été choisi comme successeur de Robert Waseige.Après un sélectionneur wallon, on pouvait s'attendre à ce que le successeur soit un flamand prenne le relais. Cela apaisera peut-être les journalistes du nord du pays, mais comment réagira-t-on dans le sud? Sur le terrain comme en dehors, je verrai à l'autopsie ce que cela donnera.Davantage que le choix de l'Union Belge, on a l'impression que c'est le choix d'Anderlecht, qui a poussé son entraîneur vers les Diables Rouges pour libérer la place au Parc Astrid?On savait de longue date qu'Anderlecht gérait le football belge. Il le doit à son statut et au rôle de précurseur qu'il a souvent joué. A-t-il raison de faire confiance à Hugo Broos? Comme dans le cas d'Aimé Anthuenis, je verrai à l'autopsie. Il a été champion avec Bruges, à la tête d'une bonne équipe mais pour laquelle le titre n'était pas un must. Il faudra voir comment il s'en sortira sous la pression, avec un club qui est toujours attendu au tournant et auquel les journalistes ne pardonnent rien. Mouscron est à nouveau le dindon de la farce.Lorsque j'entends Jean-Pierre Detremmerie affirmer, voici 15 jours à peine, qu'Hugo Broos était chez lui "à vie", je me demande pourquoi il a accepté d'insérer une clause dans son contrat, stipulant qu'il pouvait partir si un grand club venait le chercher. Il faut savoir ce que l'on veut. Detrem'prétend qu'il n'y avait pas de clause? Alors, qu'il montre le contrat! C'est la seule manière d'en avoir le coeur net. Je connais suffisamment Hugo Broos pour savoir que c'est un homme correct. Je pense que le président de Mouscron l'est aussi. J'ignore s'il y a eu des paroles données entre les deux hommes. Parfois, l'attrait des grands clubs est plus fort. Pour les entraîneurs comme pour les joueurs. Daniel Devos