Jan Peeters fait le point sur la santé du football belge au moment où notre équipe nationale peut plus que probablement oublier une qualification pour l'EURO 2004 : " De tous les moments difficiles que nous avons connus depuis l'été de l'an dernier, je retiens d'abord la disparition de Lommel. Voir partir un club professionnel est très pénible. Je suis heureux que Malines puisse finalement recommencer en troisième division ".
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Jan Peeters fait le point sur la santé du football belge au moment où notre équipe nationale peut plus que probablement oublier une qualification pour l'EURO 2004 : " De tous les moments difficiles que nous avons connus depuis l'été de l'an dernier, je retiens d'abord la disparition de Lommel. Voir partir un club professionnel est très pénible. Je suis heureux que Malines puisse finalement recommencer en troisième division ". Quels éléments positifs retenez-vous de cette saison ?La relance des négociations pour une scission foot rémunéré-foot amateur. Dans ce domaine-là, on avance très concrètement. Tout en devant tenir compte d'une donnée essentielle : les règlements de l'Union Belge nous empêchent de progresser comme nous voudrions le faire. Il est difficile d'avoir des méthodes de travail modernes quand on doit composer avec un règlement pareil. Vous plaidez depuis plusieurs années pour une réforme de ces règlements, mais on ne voit rien évoluer !Nous avons déjà bien travaillé, même si cela se voit peu de l'extérieur. Le règlement fédéral, ce sont sept gros livres. Nous en avons déjà revu deux. Nous voulons notamment donner plus de pouvoir au comité exécutif et nous avançons bien. Autre critique souvent entendue : la fédération a très mal négocié le calendrier des Diables. Je suis évidemment conscient que ce calendrier ne nous avantage pas. Mais c'est très difficile à négocier. Il faut que tous les pays concernés parviennent à se mettre d'accord. Notre malchance a été de trouver à nouveau les Croates sur notre route dans ces qualifications pour l'EURO. Quand nous avions rencontré les dirigeants de la fédération croate pour établir le calendrier éliminatoire de la Coupe du Monde 2002, ils nous avaient donné tout ce que nous avions demandé. Cette fois, ils ont exigé un retour et nous avons donc dû faire des concessions. La Belgique pourrait rater une nouvelle fois le Championnat d'Europe : n'est-ce pas devenu une mauvaise habitude que l'on accepte trop facilement à la fédération ? Ne se dit-on pas, chez vous, qu'une élimination pour l'EURO est quand même chaque fois synonyme de qualification pour la Coupe du Monde ?Pas du tout. Nous mettons autant d'énergie à préparer l'équipe pour un EURO que pour une Coupe du Monde. A la limite, le Championnat d'Europe est aussi important que le Mondial, à nos yeux. Mais, si nous pouvons nous permettre de rater un tournoi, nous ne pouvons pas en louper deux d'affilée. Ne pas aller au Portugal ne serait pas une catastrophe sur le plan financier. Par contre, enchaîner avec une élimination dans la course à l'Allemagne ferait très mal. Or, quand on rate l'EURO, on se met sous pression pour les éliminatoires à la Coupe du Monde et c'est toujours dangereux parce que c'est difficile à gérer. Le contrat d'Aimé Anthuenis expire en juin 2004 : son avenir est-il lié à une qualification pour l'EURO au Portugal ?Certainement pas, pour moi en tout cas. Je ne suis pas le seul à décider, mais je ne voudrais surtout pas lui mettre une épée au-dessus de la tête, lui dire qu'il devra faire ses valises si nous ne nous qualifions pas. Je suis capable de dire si un coach travaille bien ou mal. Et, pour moi, Aimé Anthuenis fait du très bon boulot. Quand nous lui avons fait signer son contrat, nous savions que nous lui donnions une mission ingrate : tenter de qualifier la Belgique avec une équipe privée de plusieurs piliers qui lui avaient permis de faire de bonnes choses au cours des dernières années. Il a eu le courage de recommencer avec pas mal de jeunes : bravo. Pourquoi n'avez-vous pas essayé de retenir Wilmots et/ou Verheyen pendant une année supplémentaire ? On ne parlerait pas, aujourd'hui, de déficit d'expérience et de caractère chez les Diables. Ce n'était pas à nous à intervenir et, de toute façon, je sais que l'entraîneur lui-même n'aurait rien pu faire. Wilmots et Verheyen savaient très bien ce qu'ils voulaient : arrêter pour de bon leur carrière internationale. Il faut faire avec ces réalités et se dire que, de tous temps, de très bons joueurs ont quitté les Diables mais ont pu être remplacés. A l'époque, on avait aussi dit que la Belgique aurait besoin de plusieurs années pour se remettre des départs de Ceulemans et de Van der Elst. On les considérait comme irremplaçables, mais la réalité du terrain a prouvé qu'on pouvait se passer de tout le monde. Ce sera à nouveau le cas dans les prochains mois. Les méthodes de travail d'Anthuenis sont-elles comparables à celles de Waseige ?Il y a eu un gros changement positif : l'amélioration des relations entre le coach fédéral et la presse. Je ne parle même pas spécifiquement des médias flamands, car Waseige avait aussi des problèmes avec une partie de la presse francophone. Le seul problème de Waseige, c'était sa susceptibilité. Je lui ai demandé plusieurs fois de changer, mais ça n'a jamais marché. C'est normal : une fois qu'on a passé la cinquantaine, on ne modifie plus son caractère. J'en sais quelque chose (il rit).