Ma comparaison ne dira rien aux plus jeunes, et pourrait ahurir leurs aînés. Qu'importe, je la lâche : quoique sans longs tifs filasses/blondasses, Anthony Vanden Borre me fait repenser à Gunther Netzer ! Même morphologie de grand dégingandé droitier. Même somnolence géniale entrecoupée d'enchaînements haut-de-gamme, de passes surprenantes longues ou courtes. Vista plus rapide que son ombre et que notre regard de spectateur. De temps en temps, infiltrations d'anguille un peu voûtée, alors qu'on croyait que ne pouvaient exister anguilles d'un tel gabarit. Manieur d'exception. Et comme Gunther hier, enthousiasme très relatif pour le boulot en perte de balle...
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Ma comparaison ne dira rien aux plus jeunes, et pourrait ahurir leurs aînés. Qu'importe, je la lâche : quoique sans longs tifs filasses/blondasses, Anthony Vanden Borre me fait repenser à Gunther Netzer ! Même morphologie de grand dégingandé droitier. Même somnolence géniale entrecoupée d'enchaînements haut-de-gamme, de passes surprenantes longues ou courtes. Vista plus rapide que son ombre et que notre regard de spectateur. De temps en temps, infiltrations d'anguille un peu voûtée, alors qu'on croyait que ne pouvaient exister anguilles d'un tel gabarit. Manieur d'exception. Et comme Gunther hier, enthousiasme très relatif pour le boulot en perte de balle... Dans un contexte mauve où ça jase à chaque virevolte de composition, Vanden Borre est curieusement, au back droit et depuis son retour en grâce de novembre, le mec le plus indiscuté : au point que d'aucuns l'envisagent à ce poste parmi nos 23 Brésiliens de juin. Là, c'est moi l'ahuri : comme si jadis dans la Mannschaft, Netzer avait eu les qualités pour supplanter Berti Vogts ! C'est mon avis et je m'y range : autant je me délecte de ses initiatives offensives, autant je n'imagine pas VDB back droit d'une défense à quatre au super-top-niveau. A Anderlecht, ça passe, vu que le back droit peut s'y permettre d'être offensif les trois-quarts du temps. Car l'équipe est souvent dominante, et car l'attaquant placé devant notre Anthony bosse bien et vite en perte de balle : Andy Najar ces temps-ci (ou Massimo Bruno, ou l'essayé du jour) accomplit largement sa part de boulot défensif, en complément d'un VDB parfois lent à réagir, et qui n'est pas le bouffeur de kilomètres le plus vorace de la D1 ! Vanden Borre sait construire (merveilleusement), mais n'aime guère empêcher l'adversaire de construire : il serait davantage emmerdé s'il était le back droit de Mons ou de Charleroi ; il le serait aussi au Mundial, face à des flancs gauches offensifs autrement plus remuants que ceux d'OHL ou de Courtrai. Je sais, il avait pourtant bien joué à ce poste face à l'Espagne en 2008 : mais sorry, je n'arrive pourtant pas à y croire sur le long terme. Autant le dire quand tout va mieux pour lui, en espérant que n'éclose jamais la prise de risque foireuse au mauvais endroit, la gaffe historique qui le clouerait au pilori. On souligne régulièrement les limites offensives d'un Toby Alderweireld en rappelant qu'il n'est pas un back droit dit de formation : et bizarrement, on souligne moins les limites défensives de VDB en rappelant la même chose. Car comme Thomas Meunier, Vanden Borre a surtout été éduqué offensivement : mais à l'inverse du Brugeois qui a vite intégré les exigences d'un nouveau poste défensif, qui s'est même mis à les aimer, Anthony continue de s'emmerder au back en rêvant d'autre chose. Ses haussements d'épaules, ses bras gesticulateurs crèvent les yeux quand on l'observe : gestes de sémaphore déçu qui ambitionnait une belle ouverture, et qui a dû se contenter d'une bête passe sur sa gauche à Cheykhou Kouyaté complètement désoeuvré... Anthony est un back frustré, surévalué défensivement autant que sous-évalué offensivement, sous-exploité dans son potentiel de trouvailles offensives. Alors, on le met où ? Flanc droit d'une défense à cinq, ça me semblerait déjà moins dangereux et plus rentable. Mais dans le contexte actuel d'Anderlecht, puisque John van den Brom fait de son onze sans base un continuel laboratoire sur 22 pattes, je me demande ce qu'il attend pour avoir envie d'essayer, comme meneur de jeu axial, l'autre VDB : avec devant lui des attaquants, avec derrière lui un Sacha Kljestan sous-estimé mais homme de devoir, cérébral plutôt qu'instinctif. Anthony ne serait peut-être qu'un grand créatif du sub-top, mais je ne peux pas l'imaginer grand défenseur du top-top ! Si la grande Histoire du football regorge de merveilleux numéros 10 un tantinet lymphatiques, je n'arrive pas à me remémorer un seul merveilleux back droit lymphatique...?" Depuis son retour en grâce au back droit en novembre, Vanden Borre est le Sportingman le plus indiscuté. "