Le 23 août 2004, Davy De Beule (23 ans) surprenait la Belgique footballistique en démissionnant de Lokeren et en exigeant sa liberté, alors que le président Roger Lambrecht l'avait mis sous pression pour qu'il prolonge son contrat. En appel, le tribunal du travail a donné raison au joueur mais celui-ci a dû attendre le jugement pendant quatre mois. Il a signé un contrat à Gand jusqu'en 2007.
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Le 23 août 2004, Davy De Beule (23 ans) surprenait la Belgique footballistique en démissionnant de Lokeren et en exigeant sa liberté, alors que le président Roger Lambrecht l'avait mis sous pression pour qu'il prolonge son contrat. En appel, le tribunal du travail a donné raison au joueur mais celui-ci a dû attendre le jugement pendant quatre mois. Il a signé un contrat à Gand jusqu'en 2007. Retour sur quelques déclarations liées à cette affaire et sur la drôle d'année de l'éphémère Diable Rouge. " Je n'avais pas le choix. J'étais dos au mur. Roger Lambrecht est têtu. J'ai montré au grand public qu'on ne pouvait pas se moquer de moi. On ne vous fait aucun cadeau, dans le monde du football. A 16 ans, je l'avais déjà compris. Quand l'enjeu est important et que vous voulez atteindre quelque chose, vous vous retrouvez généralement seul. Je suis capable de m'engager à fond. Je suis soulagé d'avoir fait appel à la justice. Dans le monde du football, si vous ne tapez pas du poing sur la table, on vous bouffe. J'ai appris à m'imposer, à me battre ". " Je n'ai pas souffert d'un quelconque contrecoup. En me présentant devant le tribunal, je ne pensais qu'à l'aspect sportif de l'affaire. Je ne voulais pas devenir un deuxième Jean-Marc Bosman. J'étais droit dans mes bottes et c'était la seule façon de rejouer rapidement. Je n'ai pas réfléchi aux conséquences positives ou négatives qu'impliquait ma démarche. Depuis ma tendre enfance, je suis fou de foot. Je n'ai presque jamais rien fait d'autre. C'est toute ma vie. Je ne libère mon énergie qu'avec un ballon au pied, sur le terrain. Je me suis entraîné comme un dingue, matin, midi et soir, pour oublier toute cette saloperie. J'étais six heures par jour sur le terrain. C'était excessif. J'aurais dû privilégier un travail progressif mais je débordais d'adrénaline, j'étais vraiment motivé, fanatique même. J'étais perturbé. Si c'était à refaire, je doserais mieux mes séances ". " Abandonner, c'est la solution de facilité. Cela dépend de votre caractère. Jeter l'éponge n'est pas inscrit dans mes gènes. Nous avons été élevés ainsi : nous devions travailler dur. Kim Clijsters doit savoir ce que c'est. Je suis combatif. Il ne faut pas baisser la tête au premier coup dur. Tout le monde a des hauts et des bas dans la vie, qu'il s'agisse du sport ou du privé. Tout l'art est de surmonter ces moments. Un sportif orgueilleux n'abandonne jamais. Je sais pertinemment que je n'ai pas encore retrouvé mon meilleur niveau. Je suis en phase de reconstruction et tout ne se passe pas comme je le voudrais. Je suis cependant devenu plus calme, plus patient, car j'ai appris que forcer n'a aucun sens. Je n'ai que 23 ans. Il me reste 12 à 13 ans de carrière. Ces quelques mois ne sont pas insurmontables. Je n'ai pas subi de blessure fatale comme Bart Willemsen, qui a dû raccrocher définitivement. Moi, à terme, je serai récompensé de mes efforts ". " Quand on s'entraîne seul, on n'est confronté à aucune situation de match. Quel soulagement de pouvoir disputer des petits matches à Gand ! Individuellement, j'affrontais des défenseurs imaginaires. Le manager de Gand, Michel Louwagie, et Georges Leekens m'ont permis de participer aux entraînements comme bénévole. Extraordinaire ! Mes séances individuelles avec Hein Vanhaezebrouck m'ont beaucoup apporté, techniquement et tactiquement. Je suis désormais plus complet. Nous avons exercé les passes et les tirs, les trajectoires de course, la préparation des actions, la façon d'éviter les adversaires et le choix de la position devant le but. Des détails. Par exemple : ne pas trop revenir en arrière, toujours tourner le visage vers le ballon. Hein m'a expliqué tout parfaitement. Je dois être plus régulier, maintenant, mais je ne serai jamais bon de la tête. N'attendez pas de moi des reprises à la Daniel Van Buyten. L'enthousiasme de Hein était contagieux. J'en ai eu besoin car j'étais parfois dans le trou. Finalement, ce furent de bons moments durant une période pénible. J'amenais parfois un gardien qui n'a toujours pas de club et a mis le football entre parenthèses ". " Début janvier, j'ai repris avec enthousiasme mais je perdais ma fraîcheur au fil des matches de mi-semaine. Les vitamines ne m'ont pas aidé. Fin mars, début avril, j'ai abouti chez Chris Goossens, le médecin du Germinal Beerschot. Par hasard, via mon manager. Je voulais me préparer à cette saison mais j'étais comme endormi. Un contrôle sanguin a diagnostiqué le virus qui s'est attaqué à Justine Henin. Je savais au moins pourquoi j'atteignais péniblement mon niveau. Leekens a été compréhensif, il a diminué l'intensité de mes séances, a tout contrôlé avec un pulsomètre. Je n'ai pas joué le dernier match de championnat car il voulait me laisser souffler. Pendant les vacances, j'ai été contraint de me reposer. Ce n'était pas facile mais indispensable. Chaque semaine, j'effectuais une prise de sang. Le virus n'a pas encore complètement disparu mais nous sommes en bonne voie. Je ne peux pas encore entraîner la puissance ni la résistance mais le reste est autorisé. Participer à l'Intertoto était scabreux, je risquais une rechute. Le médecin du club me suit attentivement. Début juillet, je me suis déchiré les ligaments de la cheville droite. Un nouveau contrecoup. Dans un premier temps, on a cru à une indisponibilité de quatre à six semaines. Je craignais de rater le début du championnat mais je me suis interdit de paniquer. Je devais rester positif et me battre. Finalement, je n'ai été sur la touche que deux semaines. Ce n'était pas une catastrophe. Cela m'a même permis d'éliminer complètement le virus. Je veux redevenir le Davy De Beule d'antan. Parfois, je me mets trop la pression. L'entraîneur le constate. Parfois, je commence à douter de moi-même. C'est normal. Je sais pourtant que le plus dur est derrière moi. J'ai simplement besoin de temps. Heureusement, mon ambition me soutient. Je veux aider Gand à rejoindre les grands clubs. Ma confiance est revenue lors des dernières rencontres. Je me suis amusé, contre Genk et Mouscron, aux côtés de Mbark Boussoufa. Nous sommes tous deux des coureurs qui aiment réaliser des actions. Je n'ai pas de boule de cristal mais je sais que nous nous trouvons de mieux en mieux. Boussoufa est capable de tout avec le ballon, c'est un footballeur formidable, un fin technicien. Il m'aide à progresser ". Frédéric Vanheule" Je m'entraînais 6 heures par jour pour OUBLIER CETTE SALOPERIE "