A l'heure où chacun présente ses meilleurs voeux à ses proches, les dirigeants du RAEC Mons ont certainement formulé celui de ne plus vivre une année aussi difficile sur le plan sportif. 2013 n'a pas souri au matricule 44 qui occupe la lanterne rouge de la Jupiler Pro League depuis août. Si les deux derniers matches, couronnés de succès face à Charleroi et Gand, ont quelque peu ramené l'espoir d'éviter les play-offs 3 au Tondreau, la situation reste plus que périlleuse.
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A l'heure où chacun présente ses meilleurs voeux à ses proches, les dirigeants du RAEC Mons ont certainement formulé celui de ne plus vivre une année aussi difficile sur le plan sportif. 2013 n'a pas souri au matricule 44 qui occupe la lanterne rouge de la Jupiler Pro League depuis août. Si les deux derniers matches, couronnés de succès face à Charleroi et Gand, ont quelque peu ramené l'espoir d'éviter les play-offs 3 au Tondreau, la situation reste plus que périlleuse. Il y a un an pourtant, l'avenir s'annonçait radieux pour les Hennuyers. Avec une inespérée septième place à seulement cinq points des PO1, l'Albert avait fait le plein de confiance pour entamer l'année. Jusqu'à la reprise face au FC Malines, le calme règne au Tondreau. Le mercato d'hiver est peu agité : Maël Lépicier, peu utilisé, est échangé avec Vusumuzi Nyoni, appelé à remplacer Matumona Zola, parti monnayer ses talents en Angola. Pourtant, la rencontre face à Malines est déjà un tournant. En cinq petites minutes, les Dragons encaissent trois goals résultant d'autant d'erreurs individuelles. Au quart d'heure de jeu le match est plié. Les locaux reviennent à 2-3 mais la messe est dite. Au classement, l'Albert chute à la neuvième place et, avec huit points de retard sur le sixième, le rêve des PO1 s'envole. La compétition ne se termine pas avant quatre mois mais le club n'a déjà plus rien à perdre ni à gagner. La semaine qui suit est agitée : réclamé depuis longtemps, le défenseur tant attendu par Enzo Scifo débarque en la personne de Grégory Lorenzi. Dans la foulée, Benjamin Nicaise et le club se séparent à l'amiable : Scifo estime le Français plus suffisamment impliqué. Le buteur-maison, Jérémy Perbet, obtient lui son bon de sortie : un prêt à Villarreal assorti d'une belle option qui est levée six mois plus tard par les Espagnols. Financièrement, c'est une aubaine pour Mons. Sportivement, par contre, c'est une lourde perte. Engagé pour le suppléer, l'Israélien Shlomi Arbeitman n'a jamais répondu aux attentes. Les Dragons viennent d'ailleurs d'officialiser la signature du Suédois Pär Eriksson qui sera chargé d'alimenter le marquoir en 2014. Sur le terrain, la saison 2012-2013 se poursuit sans heurts devant un Tondreau à l'assistance plus clairsemée encore qu'au premier tour. Septièmes à l'issue de la phase classique, les Montois signent néanmoins là la meilleure performance de leur histoire et la confiance est au plus haut au moment d'aborder la troisième saison d'affilée parmi l'élite, celle qui a déjà été à deux reprises fatale aux Hennuyers. A l'heure de la reprise des entraînements, une seule nouvelle tête vient garnir les rangs montois : Joachim Mununga. Cela n'empêche pas certains de déclarer dans la presse viser les play-offs 1 ! Pour remplacer Perbet, les dirigeants sont sur plusieurs coups mais ni Benjamin Mokulu ni Ernest Nfor ne daignent rejoindre le Tondreau et on se rabat finalement sur Arbeitman déjà prêté au club la saison précédente. Rayon départ par contre, deux vieux serviteurs de l'Albert, tous les deux ex-capitaines, quittent le navire : Cédric Berthelin et Tom Van Imschoot rejoignent Ostende. Si les deux anciens n'étaient plus titulaires, c'étaient des figures du vestiaire et leur absence s'est fait cruellement ressentir à plusieurs reprises à l'heure où il aurait fallu taper du poing sur la table. Car la saison débute mal, les matches amicaux sont mauvais et l'ambiance n'est pas au beau fixe comme en témoigne par exemple la relégation dans le noyau B d'un Daan Van Gijseghem, transparent la saison précédente. Dès le coup d'envoi de la compétition, l'Albert déçoit avec un mauvais match nul à domicile face au Cercle. Déjà fragiles défensivement la saison précédente, les erreurs se multiplient derrière : Yuval Shpungin, censé concurrencer Nicolas Timmermans, ne lui est pas supérieur et l'axe défensif pourtant solidifié suite à l'arrivée de Lorenzi est à la rue. Aux avant-postes, Mustapha Jarju, orphelin de Perbet, traîne son spleen et est méconnaissable. Le mois d'août est catastrophique avec un bilan de zéro sur quinze. L'équipe est amorphe et les dirigeants sont contraints de transférer : les Français Richard Soumah, Steve Beleck, Harry Novillo et le Sénégalais Christophe Diandy débarquent au Tondreau. Si Cédomir Janevski compte toujours sur Soumah et Diandy à l'heure actuelle, Novillo n'est entré que deux fois au jeu en fin de match tandis que Beleck s'est davantage distingué par son comportement déplacé sur le terrain et par ses frasques à l'extérieur. Si Scifo " sent toujours le groupe derrière lui " mi-septembre, ce n'est pas l'avis de la direction et la défaite face à Malines est celle de trop. La défense commet à nouveau des erreurs de cadets et le piètre bilan de deux points sur vingt-quatre est fatal à Scifo. Dans l'entourage du club, d'aucuns accusent l'entraîneur adjoint Geert Broeckaert d'avoir torpillé l'ex-Diable de l'intérieur. Cédomir Janevski est appelé au chevet du club. La mission est risquée tant l'Albert semble malade. Directement le Macédonien se met à l'oeuvre : il augmente la durée des entraînements qu'il juge trop courts, décrète un silenziostampa d'une semaine et retitularise Van Gijseghem le banni. Mais l'effet psychologique tant attendu n'arrive pas. Pire, lors de ses huit premiers matches, Janevski ne prend qu'un point. Le bilan est encore plus mauvais que celui de Scifo et Mons se classe parmi les pires équipes d'Europe. La défaite face à Ostende, concurrent direct, fait très mal mais deux semaines plus tard c'est déjà mieux face au Standard où Mununga a été replacé en pointe. La délivrance survient finalement fin-novembre avec une courte victoire 1-0 face à Lokeren grâce à un but du capitaine Flavien Le Postollec. Depuis lors, hormis une défaite au Cercle, les Dragons prennent à nouveau des points. Un bon match nul contre Zulte-Waregem suivi d'une victoire qui a créé la suspicion à Charleroi, et enfin trois points contre Gand pour terminer l'année. Malheureusement pour les Montois, leurs concurrents directs ne sont pas en reste et la quatorzième place est à six points. Il reste désormais aux Dragons neuf rencontres pour faire oublier la catastrophe 2013. PAR JULES MONNIERLa confiance était au plus haut au moment d'aborder la troisième saison d'affilée parmi l'élite, celle qui fut à deux reprises fatale à Mons.