Depuis la parution de notre numéro Spécial Compétition le 5 août, le carrousel des transferts s'est emballé. Il y a eu, entretemps, 53 arrivées et 45 départs. Et ça ne va pas s'arrêter là, bien au contraire, vu l'allongement du mercato jusqu'au 5 octobre à cause de la pandémie. À ce moment-là, huit journées de notre championnat auront été disputées.
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Depuis la parution de notre numéro Spécial Compétition le 5 août, le carrousel des transferts s'est emballé. Il y a eu, entretemps, 53 arrivées et 45 départs. Et ça ne va pas s'arrêter là, bien au contraire, vu l'allongement du mercato jusqu'au 5 octobre à cause de la pandémie. À ce moment-là, huit journées de notre championnat auront été disputées. Les entraîneurs sont contraints d'assembler un puzzle, d'imaginer de nouveaux schémas de jeu. Bref, le foot reste un éternel recommencement. Année zéro, encore et encore. Il y a un peu plus d'un an, douze de nos seize clubs avaient commencé les débats avec un nouveau coach. Cet été, la proportion était de douze nouveaux T1 pour dix-huit équipes. Et depuis, deux ont déjà dû prendre la porte, Jess Thorup et Franky Vercauteren. Oui, plus que jamais, nos dirigeants s'amusent à construire sur des sables mouvants. Dans le monde du football, tout tourne plus vite que le vent. Il y a un an, Anderlecht annonçait le grand retour de Vincent Kompany, en même temps que des ambitions XXL. Alors qu'Anderlecht avait mené 32 opérations de transferts pendant l'été 2018, un exploit souligné par Marc Coucke, tous les souhaits de Kompany avaient - dans la mesure du possible - été exaucés. Le nouvel entraîneur voulait faire jouer les Mauves comme son maître, Pep Guardiola. Et peu importe si ses joueurs n'avaient pas été formés dans ce moule particulier. Que reste-t-il de tout cela, un an plus tard ? Vercauteren a été appelé quand le jeu du Sporting allait de mal en pis, et des 43 ( ! ) joueurs qui étaient là à la reprise, il n'en reste plus la moitié aujourd'hui. On se souvient par exemple des superlatifs entendus lors des arrivées de Kemar Roofe et Nacer Chadli, d'un Michael Verschueren prenant fièrement la pose pour l'occasion. Ces joueurs étaient les symboles d'un Anderlecht au début d'une nouvelle ère. Dans ce club, l'histoire est donc un éternel recommencement. Année zéro. Mais Anderlecht n'a pas le monopole en la matière. Prenons Gand, qui avait choisi une ligne claire depuis quelques années et s'était professionnalisé à tous les étages. Aujourd'hui, ce club marche sur un étang gelé, depuis l'arrivée de Laszlo Bölöni. Le mécontentement de plusieurs joueurs s'est un peu estompé, mais il n'a pas disparu. Ce sont les résultats qui parleront au bout du chemin. On ne peut pas reprocher au Roumain de manquer de compétences. Le football pratiqué par le Standard champion avec Bölöni reste une référence dans l'histoire de notre championnat, même s'il remonte à plus de dix ans. Un football complètement différent de celui proposé récemment par l'Antwerp avec le même entraîneur. On attend maintenant de voir ce que Bölöni va mettre en place à La Gantoise, quand il aura remis de l'ordre dans la défense. De tous les entraîneurs débarqués chez nous pendant l'été, Philippe Montanier est celui qui laisse jusqu'ici la meilleure impression. On avait des doutes sur les qualités de ce Français qui n'a pas un palmarès de dingue. Mais Montanier a installé une défense solide avec les mêmes joueurs que la saison dernière, il a fait éclore le jeune Nicolas Raskin et se moque complètement de l'identité et du passé des gars de son noyau. Ainsi, Mehdi Carcela n'a pas encore joué une seule minute. Le Standard n'est pas spectaculaire, mais il est bien organisé. Et l'équipe respire la sérénité. Pendant les matches, Montanier est aux antipodes de son prédécesseur, Michel Preud'homme. Et il a choisi de bosser avec un staff limité, à une période où l'élargissement des équipes techniques est la norme. On attend à présent de voir si cette équipe peut encore progresser. Surtout lors des matches à Sclessin, qui va pouvoir progressivement redevenir un volcan.