En début de saison, le championnat suisse avait suscité un nouvel intérêt : quatre clubs romands (Sion, Neuchâtel, Servette et Lausanne Sports), un professionnalisme galopant grâce à de nouveaux stades, de nouveaux investisseurs étrangers (à Neuchâtel et au Servette), un dernier championnat au suspense fou (Bâle dribblant le FC Zürich dans la dernière ligne droite). Pourtant, alors que, depuis l'Euro 2008, la Suisse ne cessait de grandir, elle aura connu un énorme coup d'arrêt.
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En début de saison, le championnat suisse avait suscité un nouvel intérêt : quatre clubs romands (Sion, Neuchâtel, Servette et Lausanne Sports), un professionnalisme galopant grâce à de nouveaux stades, de nouveaux investisseurs étrangers (à Neuchâtel et au Servette), un dernier championnat au suspense fou (Bâle dribblant le FC Zürich dans la dernière ligne droite). Pourtant, alors que, depuis l'Euro 2008, la Suisse ne cessait de grandir, elle aura connu un énorme coup d'arrêt. Cela a débuté avec le FC Sion. A sa tête, un président omnipotent, provocant et rebelle, Christian Constantin, connu pour n'en faire qu'à sa tête. L'ex-gardien décide d'outrepasser les règles de la FIFA en alignant ses derniers transferts alors que le club avait été frappé d'une interdiction de transferts, suite à celui du gardien Essam Al-Hadary qui avait quitté son club d'Al-Ahly sans donner de nouvelles, pour s'affilier en Suisse. Constantin ne s'est jamais plié au diktat de l'UEFA, plongeant la Fédération Suisse dans l'£il du cyclone. Finalement, c'est l'UEFA qui prendra les premières sanctions en écartant Sion des poules de l'Europa League pour laquelle le club valaisan s'était qualifié. Sous la menace de l'UEFA, la Fédération helvétique décida par la suite de sanctionner Sion de 36 points, le club passant de la 3e à la dernière place. Enfin, la justice sportive a également donné tort au club. Suivra ensuite l'imbroglio Neuchâtel. Le club avait été racheté en juin par un milliardaire tchétchène, Bulat Chagaev, qui n'a jamais réussi à donner des preuves de son rachat et qui sera inculpé pour gestion déloyale ainsi que faux et usage de faux. Le club de foot de Neuchâtel servait même à subventionner des activités islamiques ! Le club sera alors exclu du championnat et mis en faillite, les joueurs étant libérés fin janvier. Autre repreneur étranger et quasiment autre faillite au Servette. Après la faillite de 2005, le club avait retrouvé un second souffle avec l'arrivée de l'homme d'affaires iranien, Majid Pishyar, qui possède également Beira Mar au Portugal. Le Servette fêta son retour en D1 en juin dernier mais Pishyar tira immédiatement la sonnette d'alarme afin d'attirer de nouveaux investisseurs. Le glas sonna en février lorsqu'on apprit que le club de Genève, 5e, risquait la faillite. Le propriétaire de l'équipe de hockey locale, Hughes Quennec se porta au secours du club qui a désormais un mois pour proposer au tribunal un plan d'assainissement. Les signaux sont positifs, le Servette ayant connu un élan de solidarité, permettant de récolter un million d'euros. Même le championnat ne fait plus recette : Bâle survole les débats. C'est peu dire que le beau parcours du Bebbi (surnom de Bâle), qui a atteint les huitièmes de finale de Ligue des Champions, a été pris comme une réelle bouffée d'oxygène. PAR STÉPHANE VANDE VELDE Le parcours de Bâle en Ligue des Champions : la seule note positive de l'année.