LE JEU FRUIT D'UN CHAMPIONNAT QUI NE SE PORTE PAS MAL

F abrice Alcebadie Maieco, surnommé Akwa, a fondu en larmes quand il a marqué le but de la victoire contre le Rwanda, à la 71'. La sixième tentative a été la bonne et l'Angola a arraché sa première qualification pour un Mondial. Le joueur a ensuite déclaré qu'ainsi, son pays serait connu pour autre chose que la guerre, le pétrole et la pauvreté. L'équipe, qui a notamment évincé le Nigeria, a reçu une récompense d'un million d'euros.
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F abrice Alcebadie Maieco, surnommé Akwa, a fondu en larmes quand il a marqué le but de la victoire contre le Rwanda, à la 71'. La sixième tentative a été la bonne et l'Angola a arraché sa première qualification pour un Mondial. Le joueur a ensuite déclaré qu'ainsi, son pays serait connu pour autre chose que la guerre, le pétrole et la pauvreté. L'équipe, qui a notamment évincé le Nigeria, a reçu une récompense d'un million d'euros. Les Antilopes Noires voient dans cette qualification l'occasion de se mettre en évidence auprès des clubs européens. Pourtant, le championnat national ne se porte pas mal. Comme le foot soviétique, il dépend du pétrole, de la police ou de l'armée. Les jeunes champions d'Afrique des - 20 ans il y a cinq ans forment l'ossature de l'équipe. Akwa, le buteur et capitaine, Gilberto, le médian fin technicien, sont des éléments-clefs mais l'Angola s'est aussi renforcé en recherchant des joueurs aux racines angolaises et se sont généralement réfugiés au Portugal, dont l'Angola a été une colonie jusque dans les années '60. Quelque quatre millions de personnes ont fui la guerre civile qui ravage le pays depuis des décennies. La Coupe d'Afrique a cependant révélé que l'Angola était encore loin d'avoir l'expérience requise à ce niveau. Il a été éliminé dès le premier tour et n'a signé qu'une victoire, contre le Togo, un autre qualifié surprise du Mondial. Il a remplacé le Brésilien Ismael Kurtz après le revers 1-3 face au Tchad, lors du premier match de qualification. Gonçalves connaît bien le football angolais. Il a dirigé plusieurs équipes d'âge et conduit notamment les - 20 ans au titre africain. C'est à cette époque qu'il a fait la connaissance de la plupart de ses joueurs actuels. Il fait un peu figure de père aux yeux de certains. Il mise sur l'esprit d'équipe et est exigeant : selon lui, l'Angola n'est pas un pays en voie de développement sportif. Engagement et détermination sont requis. D'ici quelques années, il souhaite un poste à la tête de la fédération pour poursuivre le développement du football. Il est un des rares Angolais à avoir fait la preuve de sa classe internationale. Il est sous contrat au Benfica Lisbonne depuis 2001. Une opération aux ligaments a privé Mantorras (24 ans) de la majeure partie de la saison 2003-2004. Il effectua alors un premier retour et prit une part importante dans le succès de son club. Il est alors victime d'une nouvelle blessure. Mais alors qu'on s'interroge sur son avenir dans le football, l'attaquant revient en janvier 2005, pour disputer son premier match en championnat portugais en près de deux ans. Avant le match-clef contre le Rwanda, il a expliqué à ses coéquipiers qu'une qualification leur ouvrirait les portes de l'Europe.