Manchester City n'a pas encore d'équipe

Emilio Ferrera : l'équipe de Paul Put est passée à côté de la montre en or. Lokeren a été battu deux fois, certes, mais fut, malgré tout, plus proche d'une qualification tonitruante que La Louvière. En Angleterre, le 3-2 refléta assez bien le fil de la rencontre mais les hommes de Kevin Keegan avaient dû souquer ferme pour émerger sur le fil. Par rapport à cette première confrontation, Manchester City ne m'a pas semblé en progrès sur le plan tactique. Je ne vois toujours pas d'ensemble très cohérent sur le terrain. La différence, ce fut l'expérience. Lokeren a probablement éprouvé trop de respect par rapport à Manchester City. L'arbitre a, évidemment, commis une fameuse erreur en accordant un penalty cadeau pour une " faute " de Mamadou Coulibali sur le Costaricain Paulo Wanchope. C'était du théâtre et le joueur de City méritai...

Emilio Ferrera : l'équipe de Paul Put est passée à côté de la montre en or. Lokeren a été battu deux fois, certes, mais fut, malgré tout, plus proche d'une qualification tonitruante que La Louvière. En Angleterre, le 3-2 refléta assez bien le fil de la rencontre mais les hommes de Kevin Keegan avaient dû souquer ferme pour émerger sur le fil. Par rapport à cette première confrontation, Manchester City ne m'a pas semblé en progrès sur le plan tactique. Je ne vois toujours pas d'ensemble très cohérent sur le terrain. La différence, ce fut l'expérience. Lokeren a probablement éprouvé trop de respect par rapport à Manchester City. L'arbitre a, évidemment, commis une fameuse erreur en accordant un penalty cadeau pour une " faute " de Mamadou Coulibali sur le Costaricain Paulo Wanchope. C'était du théâtre et le joueur de City méritait une carte pour simulation et tricherie. Nicolas Anelka n'en eut cure et transforma le penalty. A ce moment, Lokeren n'a pas su transformer ce mauvais coup du sort en rage de vaincre. Or, se rendant compte de son erreur, Damien Ledentu a presque tout sifflé en faveur de l'équipe du Daknam. Lokeren n'en a pas profité. Cette erreur d'arbitrage l'a anéanti au lieu de le transcender. Si c'était arrivé à Manchester City à l'aller, je suis persuadé qu'un joueur comme Steve McManaman aurait forcé un penalty. Les gars de Lokeren n'avaient pas assez de planches internationales afin d'y penser et d'obtenir cette compensation que l'arbitre était prêt à leur offrir. Ce match nous aura également permis de voir Nicolas Anelka à l'£uvre. J'estime qu'il est actuellement plus fort que du temps où il portait le maillot du Real Madrid. A mon sens, ce joueur a mûri tout en restant aussi explosif. Pas d'accord quand on estime que Nicolas Anelka n'a pas parfaitement exploité tous les atouts de son talent. Il aborde la partie la plus intéressante de son parcours. Il a beaucoup voyagé, certes, en jouant au Real, au PSG à deux reprises, à Liverpool, à Arsenal et maintenant à Manchester City mais je mets plus cette bougeotte sur le dos des m£urs économiques actuelles que de son caractère. Je l'estime plus fort que David Trezeguet. Le joueur de la Juventus est uniquement un buteur et un homme de rectangle. Il a besoin des autres pour se distinguer. Et Thierry Henry est un joueur de contre-attaques, point c'est tout. Nicolas Anelka est les deux à la fois : il est capable de faire la différence tout seul. Il ne milite plus en équipe de France car il en a fait le choix. Côté palmarès, il ne faut pas oublier qu'Anelka a été à la base de la conquête d'une Ligue des Champions pour le compte du Real Madrid. A mon avis, cela vaut pas mal des succès décrochés par Henry et Trézéguet. Benfica a évolué sans un seul gaucher face à La Louvière. Bizarre : cela donne une autre dimension au débat des équilibres. A quand une équipe avec 11 gauchers ? Ce serait intéressant. La Louvière m'a semblé moins à l'aise que lors du match aller. N'empêche, la différence était minime. La Louvière n'est pas une équipe facile à manier. Si les grands ne parviennent pas à poser leur jeu face aux Loups, c'est en raison de sa bonne organisation générale. La Louvière joue toujours de la même façon. Les Loups ne tiennent pas compte des circonstances : ambiance, prestige de leur adversaire, écart à refaire, protéger une avance, etc. Ils ont leurs circuits préférentiels, leur organisation défensive et s'y tiennent. La Louvière parvient toujours à créer du danger dans la surface de vérité adverse avec peu d'attaquants. Autre point important : les deux attaquants louviérois aèrent bien le jeu. Dans le foot actuel, cela provoque un double avantage. Alors que les deux arrières centraux créaient alternativement le surnombre au niveau de la ligne médiane dans le temps, ils ne quittent désormais plus leur zone et quand ils n'ont personne à surveiller, cela les embête. De plus, en s'écartant, les attaquants louviérois bloquent les backs adverses. Benfica a été surpris mais a perdu presque tout son lustre d'antan. José Camacho, son entraîneur, était terriblement stressé face aux Loups : Ariel Jacobs lui a posé beaucoup de problèmes. Propos recueillis par Pierre Bilic