LA RELATION OBRADOVIC / PRAET

Praet occupe une position de faux ailier gauche, qui permettait à Obradovic, avant sa grave blessure, de prendre appui sur lui, à l'intérieur ou à l'extérieur du jeu. Remarquons que les deux hommes n'étaient jamais sur le même rail, en début de saison, condition essentielle pour trouver des angles de passe difficilement annihilables et pour libérer l'espace nécessaire afin de progresser dans la profondeur. Leurs actions étaient quasi toujours ponctuées par d'excellents centres vers la première zone, destination de prédilection d'Okaka.
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Praet occupe une position de faux ailier gauche, qui permettait à Obradovic, avant sa grave blessure, de prendre appui sur lui, à l'intérieur ou à l'extérieur du jeu. Remarquons que les deux hommes n'étaient jamais sur le même rail, en début de saison, condition essentielle pour trouver des angles de passe difficilement annihilables et pour libérer l'espace nécessaire afin de progresser dans la profondeur. Leurs actions étaient quasi toujours ponctuées par d'excellents centres vers la première zone, destination de prédilection d'Okaka. Comment faire, désormais, sans Obradovic ? N'Sakala possède un gros moteur, une bonne vitesse de course et se projette rapidement balle au pied dans les espaces. Il est donc moins dépendant de la recherche d'un appui. Par contre, l'associer à Acheampong montre ses limites quand il faut assumer la possession et que le Ghanéen est privé d'espaces. Mieux vaut alors se rabattre sur un profil plus technique style Tielemans, Suarez ou Conté. Defour donne le rythme. En possession de balle d'abord, où il cherche toujours la solution propre. Pour ce faire, il s'excentre souvent pour ne pas subir le pressing adverse dans l'axe, zone risquée, mais aussi pour se donner l'espace et donc le confort nécessaire pour optimiser sa première relance. En perte de balle, il est souvent le premier à activer le pressing collectif par des courses verticales pour harceler le porteur du ballon dans le " temps de passe " adverse. La présence de Dendoncker à ses côtés garantit l'équilibre collectif des Mauves. Une fois le ballon perdu, Leander fait parler sa capacité à lire les mouvements et les intentions de l'adversaire pour régler précisément la hauteur de sa position par rapport à Steven et garantir l'équilibre de l'équipe. Un équilibre disparu, au demeurant, dès qu'Hasi l'a retiré de la pelouse à Sclessin, dimanche passé. Sur le flanc droit du 4-3-3, position qu'il occupait lors de ses premières titularisations, ses déplacements de l'extérieur vers l'intérieur le plaçaient souvent entre les lignes adverses, voire aux côtés d'Okaka. L'Italien fixe le défenseur central (n°3) pendant qu'Imoh guette le moindre espace pour plonger entre le 4 et le 5. S'il est bien alerté, son profil lui permet d'être immédiatement dangereux, grâce à son explosivité. Ses courses de rupture ne sont pourtant pas toujours exploitées, à cause du manque d'automatismes mais aussi de la qualité de passe très élevée requise quand la profondeur est si réduite. Suite à l'absence de Praet, Ezekiel a plutôt évolué sur l'aile gauche alors qu'il semblait enfin s'adapter sur le côté droit. Une phase d'adaptation qui n'aurait pas lieu d'être s'il évoluait à son meilleur poste, aux côtés d'Okaka. Car sa meilleure place est dans l'axe et non sur l'aile. Le 4-3-1-2 en losange du début de saison permettait à Besnik Hasi de positionner sur le terrain ses quatre milieux de terrain fétiches, avec Suarez en deuxième attaquant autour d'Okaka. Cependant, ce système manquait de clarté dans la distribution et l'exécution des rôles. Praet, positionné en numéro 10, " lâchait " trop souvent ses espaces et ses courses sans ballon pour se disperser. Sans doute le Louvaniste manquait-il encore de personnalité pour s'y imposer. C'est alors Suarez qui en profitait pour décrocher et participer à l'élaboration des tâches offensives dans le dernier tiers. Le trio Defour - Gillet - Tielemans aurait dû prendre le monopole de la possession dans un tel système de jeu, mais ça n'a jamais été le cas. En plus, le jeu de position défensif du losange était à ce point mal équilibré que les reconversions défensives sont apparues au grand jour comme une immense faiblesse. En passant à un 4-3-3 modulable en 4-4-2 à plat, Hasi a opté pour deux systèmes de référence permettant à ses protégés de mieux exprimer leurs qualités intrinsèques, avec notamment une superbe prestation face à Bruges. Dans cette configuration, l'équipe est plus équilibrée dans les phases de transition, que ce soit dès la récupération ou dès la perte de balle. Le gros bémol réside dans les changements incessants de titulaires. Certains sont forcés par des impondérables (blessures d'Obradovic et Praet, suspensions), mais d'autres sont la conséquence des choix du coach. Ces changements sont un véritable frein à la complémentarité vitale qui ne peut naître que d'associations durables dans le temps. L'utilisation de Tielemans constitue également un problème important. Ces dernières semaines, Youri a pris la place de Gillet dans le triangle, mais sa position très (trop ?) haute sur le terrain l'amène à évoluer contre-nature. Le sens de l'infiltration et la prise des intervalles ne font pas partie de ses atouts actuels, au contraire de ses formidables qualités de passing qu'il exprime surtout lorsqu'il se situe en dessous du ballon, dans une position moins exposée au pressing. PAR ALEX TEKLAKLa position trop haute de Tielemans l'amène à évoluer contre-nature. ALEX TEKLAK