" En 1968, Anderlecht a essayé de profiter de la guéguerre qui opposait le Standard et le Club Bruges pour transférer Wilfried Van Moer, vedette de l'Antwerp qui fit ses classes à Beveren. Un jour, Van Moer fit sortir la délégation brugeoise venue négocier par la porte arrière du jardin... parce que le Standard attendait devant la porte principale ! Anderlecht avait une autre stratégie. Le président, Albert Roosens, chargea Paul Van Himst de sonder Van Moer lors de leurs retrouvailles en équipe nationale. Van...

" En 1968, Anderlecht a essayé de profiter de la guéguerre qui opposait le Standard et le Club Bruges pour transférer Wilfried Van Moer, vedette de l'Antwerp qui fit ses classes à Beveren. Un jour, Van Moer fit sortir la délégation brugeoise venue négocier par la porte arrière du jardin... parce que le Standard attendait devant la porte principale ! Anderlecht avait une autre stratégie. Le président, Albert Roosens, chargea Paul Van Himst de sonder Van Moer lors de leurs retrouvailles en équipe nationale. Van Moer était d'accord mais les Mauves firent un pas sur le côté et renoncèrent à ce projet pour engager un milieu français pétri de qualités mais qui échoua chez nous : Yves Herbet. Anderlecht venait d'empocher cinq titres d'affilée et, avec Wilfried, cette série aurait été multipliée par deux. C'était un moment charnière car il fallait procéder au remplacement d'une figure de légende, Jef Jurion. Malin comme un singe, Jurion fit probablement jouer ses influences secrètes pour rester à Anderlecht et en éloigner celui qu'il craignait et aurait dû prendre sa place. Au bout du compte, Jurion se retrouva à Gand et Van Moer au Standard. Roger Petit avait investi 150.000 euros (montant record pour un transfert en 1968 !) et réussi trois coups en une opération : renforcer le Standard, bloquer Anderlecht et battre Bruges, qui avait les préférences de Madame Van Moer à qui le Club avait promis une villa à la mer en cas de transfert. Petit avait traité directement avec Eddy Wauters, le président de Deurne. Van Moer n'eut pas le choix : c'était le Standard ou la D2 avec l'Antwerp. Il est devenu une figure de légende de Sclessin et, à 65 ans, est toujours amoureux des Rouches. Pourtant, en 1975, Petit décida de se séparer de son stratège. Le boss liégeois le céda à Beringen car il avait ouvert une taverne (Le Wembley) à Hasselt. Petit l'estimait cuit pour le top et se fourrait le doigt dans l'£il. En 1979, Guy Thys le rappela à 34 ans car les Diables Rouges avaient besoin de métier au centre de la pelouse. J'ai évolué avec Wilfried en équipe nationale : ce général qui aurait pu évoluer au top européen bossait comme personne et permettait à chacun de mieux jouer. Triple Soulier d'Or (1966, 69, 70), il était une star et le contraire d'un gros cou. En 1982, je l'ai retrouvé à Barcelone après Argentine-Belgique (1-0), match inaugural du Mondial. Thys l'avait gardé sur le banc. Les vedettes d'aujourd'hui hurleraient au scandale et rentreraient chez eux... quitte à changer de nationalité. Pas lui : il était déçu mais resta positif. Bref, un exemple. " NÉ EN 1941, HEYLENS FUT UN EXCELLENT BACK DROIT (67X DIABLE ROUGE, ÉQUIPE D'EUROPE 65, MONDIAL 70 AU MEXIQUE, 7 TITRES ET 3 COUPES DE BELGIQUE AVEC ANDERLECHT). COACHA UNE DOUZAINE DE CLUBS (PASSA 5 ANS AU LOSC ET FUT COACH BELGE 1984 À SERAING) PIERRE BILIC