Spectacle lamentable la semaine dernière ! A peine avait-on appris que le match Anderlecht - St-Trond avait peut-être été manipulé par des parieurs chinois que reproches et accusations éclataient. Deux ans après Ye, personne ne semble intéressé par un débat serein, sans parler d'une enquête sérieuse. Le parquet fédéral a ouvert son parapluie, selon son habitude, et nos dirigeants de clubs ont rivalisé en déclarations malencontreuses.
...

Spectacle lamentable la semaine dernière ! A peine avait-on appris que le match Anderlecht - St-Trond avait peut-être été manipulé par des parieurs chinois que reproches et accusations éclataient. Deux ans après Ye, personne ne semble intéressé par un débat serein, sans parler d'une enquête sérieuse. Le parquet fédéral a ouvert son parapluie, selon son habitude, et nos dirigeants de clubs ont rivalisé en déclarations malencontreuses. Herman Van Holsbeeck a ouvert le bal, estimant que l'information avait été lâchée trop tôt et se demandant sur quoi elle était fondée. Le manager d'Anderlecht a ainsi été le premier à mettre en doute l'intégrité de Karl Dhont, l'expert en paris. Les journaux ont mieux fait leur travail : ils ont téléphoné à Unibet, qui a confirmé la réputation et l'information de Dhont. La ravaler au rang de " petit indice " n'est pas un gage de classe, pas plus que sa déclaration sur la fuite : Van Holsbeeck savait que tous les intéressés traitaient la nouvelle depuis une semaine avec la plus grande discrétion possible afin de ne pas échauffer les esprits avant le match Anderlecht - Bruges. Ses propos sont une gifle à l'égard de toutes ces personnes. RogerVanden Stock a également cru bon se poser ouvertement des questions sur le rôle de Dhont. " Je me demande pourquoi il a justement pris contact avec le Club Bruges et pas avec nous ni avec l'UB, la Ligue professionnelle ou St-Trond ". Le président avait pu lire dans nos colonnes que Dhont avait contacté la Ligue Pro. Il a aussi téléphoné à Roland Duchâtelet. Michel D'Hooghe lui avait déjà expliqué pourquoi il s'était adressé à lui. Une semaine auparavant puis encore le matin de la conférence de presse. Pourtant, Vanden Stock a pris place devant son micro. Est-il possible d'être de plus mauvaise volonté ? Ensuite, place aux proclamations d'innocence. Selon son président, Anderlecht n'avait " rien, mais vraiment rien à faire avec cette histoire ". Menaçant de poursuites judiciaires, il a déclaré : " Il est trop facile de nous attaquer ainsi ". Hilarant, déplacé, car personne n'avait parlé d'une possible implication d'Anderlecht. A croire que Vanden Stock et non Dhont avait quelque chose à cacher. Cela s'est aggravé quand Duchâtelet, le patron de St-Trond, s'en est mêlé. " L'hypothèse la plus vraisemblable est qu'un membre du milieu des paris a approché les arbitres ", a-t-il affirmé, sans apporter de preuve ni mesurer la portée de ses propos. " Je ne veux accuser personne ", a-t-il enchaîné, se contredisant d'emblée. L'arbitre Tim Pots avait précédé Duchâtelet dans le lancement d'insinuations gratuites. " J'ai vraiment du mal à croire que des joueurs de St-Trond aient été corrompus mais je les ai trouvés très gentils ", s'est-il interrogé à propos de l'absence de protestation sur les quatre buts encaissés. " Tous ceux qui ont vu le match savent que les joueurs de St-Trond ne peuvent être mis en cause ", a réagi Duchâtelet. Il y a deux ans, il avait viré Dusan Belic et Cyril Ramond, les soupçonnant d'être impliqués dans l'affaire Ye. Et Ilija Stolica n'avait presque plus été aligné. Le président de l'UB, FrançoisDe Keersmaecker, ne pouvait être en reste. " Notre collaboration avec quelques bureaux de paris, dont Unibet, a donc servi à quelque chose ", a-t-il déclaré, retirant son mérite à Dhont. L'expert d'Unibet a annoncé n'avoir eu aucun contact avec l'UB. JAN HAUSPIE